par Fabrice Pouliquen
par Fabrice Pouliquen
À partir du 1er février, la contribution tarifaire d’acheminement (CTA), prélèvement fait sur toutes les factures d’électricité, baissera de 5 %. Le gain pour les particuliers reste modeste et ne fait pas oublier les hausses et changements récents.
Fin 2025, Sébastien Lecornu, Premier ministre, lui avait demandé d’explorer les pistes pour diminuer les factures d’électricité des Français. Roland Lescure, ministre de l’Économie, a tranché entre les quelques options possibles en annonçant, le 2 janvier, dans une interview au Parisien, une baisse de la contribution tarifaire d’acheminement (CTA), l’une des taxes qui s’applique sur la part abonnement de toutes les factures d’électricité française.
Cette CTA, créée en 2005 pour financer le régime spécial des salariés des industries électriques et gazières et qui rapporte 2,2 milliards par an, baissera ainsi de 5 % au 1er février. Pour un ménage, le gain reste modeste, « de l’ordre de 10 € ou 12 € par an », précise Roland Lescure dans les colonnes du Parisien.
Si elle va dans le bon sens, cette baisse de la CTA ne doit pas faire oublier les hausses décidées en parallèle ces derniers mois par l’exécutif. Il s’agit notamment de la hausse de la TVA appliquée à l’abonnement de 5,5 % à 20 % au 1er août dernier. C’est aussi l’augmentation de 27 % en 2026 du volume total d’obligations d’économies d’énergie que doivent financer les fournisseurs d’énergie. La plupart répercutent alors ce coût sur la facture de leurs clients.
Par ailleurs, l’Accès régulé à l’électricité nucléaire historique (Arenh), dispositif créé en juillet 2011 notamment pour faire profiter aux Français de la compétitivité du nucléaire historique, a pris fin au 31 décembre 2025. Il est remplacé par un nouveau système, le versement nucléaire universel (VNU), qui partage bien moins la rente nucléaire et expose plus les particuliers à la volatilité des prix de l’électricité.
Ce sont bien toutes ces évolutions – pas seulement donc la baisse de la CTA ‒ qui feront le prix de l’électricité en 2026. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) rendra prochainement au gouvernement sa proposition d’évolution du tarif régulé de vente de l’électricité (TRVE) pour le 1er février.

Pour rappel, cette offre de fourniture d’électricité, proposée par EDF via le tarif bleu, a cette particularité d’avoir ses prix du kilowattheure et de l’abonnement encadrés par les pouvoirs publics qui les fait évoluer deux fois par an : au 1er février et au 1er août. Elle fait office alors de boussole du marché de l’électricité, de nombreux fournisseurs indexant leurs offres sur ce TRVE.
Il est probable que le TRVE baisse au 1er février prochain. La raison principale est la baisse nette des prix du kWh sur les marchés de l’électricité, l’un des composants pris par la CRE dans sa méthode de calcul, après qu’ils ont flambé lors de la crise énergétique de 2021-2022. Mais cette baisse aurait été certainement plus marquée sans le passage de l’Arenh au VNU. Bref, cette baisse de 5 % de la CTA est un cadeau… à relativiser.
Fabrice Pouliquen
La force d'une association tient à ses adhérents ! Aujourd'hui plus que jamais, nous comptons sur votre soutien. Nous soutenir
Recevez gratuitement notre newsletter hebdomadaire ! Actus, tests, enquêtes réalisés par des experts. En savoir plus