Entente sur les prix

Les lessiviers sanctionnés

Publié le : 09/12/2011 

Entre 1997 et 2004, les quatre fabricants de lessive présents sur le marché français se sont concertés pour geler les prix et les promotions. L’Autorité de la concurrence vient de leur infliger une lourde amende de 361,3 millions d’euros.

 

Ariel, Skip, Le Chat, Dash, Omo, Super Croix, Gama, Vizir, Bonux, Persil, X-Tra, etc. : la totalité des grands noms de la lessive présents sur le marché français ont trempé dans l’entente sur les prix rendue publique hier par l’Autorité de la concurrence. Entre 1997 et 2004, Unilever, Colgate, Procter & Gamble et Henkel, les quatre fabricants mondiaux qui commercialisent ces marques se sont mis d’accord sur leurs prix de vente aux grandes surfaces et sur les promotions pratiquées, gelant ainsi la concurrence et maintenant artificiellement les prix. Toutes les formes de lessives (poudre, tablettes, liquide) étaient concernées. L’Autorité de la concurrence se refuse toutefois à donner une estimation du préjudice pour les consommateurs, arguant qu’elle ignore comment auraient évolué les prix s’il n’y avait pas eu entente.

Unilever a été dispensé de sanction car il a été le premier à dénoncer, en mars 2008, le cartel auprès de l’Autorité de la concurrence. Le groupe échappe ainsi à une lourde amende de 248,5 millions d’euros. Ses concurrents ont également obtenu une remise sur leur peine, en fonction de leur degré de coopération dans l’enquête. Au final, Procter & Gamble écope de 233,6 millions d’euros d’amende, Henkel de 92,3 millions d’euros et Colgate de 35,4 millions d’euros.

En avril dernier, la Commission européenne cette fois avait condamné l’américain Procter & Gamble, l’anglo-néerlandais Unilever et l’allemand Henkel pour entente à la fois sur les prix et sur les quantités de lessive dans leurs emballages.

Anne-Sophie Stamane

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