Lecteurs Blu-ray UHD HDR Faut-il investir ?

Lecteurs Blu-ray UHD HDR

Faut-il investir ?

Publié le : 15/01/2017 

Quelques lecteurs Blu-ray UHD (ultra haute définition) ont fait leur apparition sur le marché. Plutôt chers, nous avons testé deux références (Panasonic DMP-UB900 et Samsung UBD-K8500) pour savoir si cela valait le coup de s’équiper.

 

L’UHD, pour ultra haute définition, offrant quatre fois plus de pixels que la haute définition (la HD), est apparue il y a maintenant quelques années. La résolution est ainsi passée de 1920 x 1080 pour les écrans dits « Full HD » à 3840 x 2160 pour ceux en UHD. Si cette dernière a, dans un premier temps, été uniquement installée sur les modèles haut de gamme, elle s’est très vite généralisée dès le milieu de gamme, d’ailleurs plus de la moitié des téléviseurs de notre test disposent d’un écran ultra haute définition. Les fabricants quant à eux ne se contentent plus de l’UHD : ils sont déjà passés à l’UHD HDR, de l’ultra haute définition couplée à de meilleurs rendus colorimétriques et nuances de gris grâce à une quantification plus élevée. Peu de voix se sont néanmoins élevées pour signaler que les contenus UHD HDR étaient pratiquement inexistants.

Dans le même temps, de moins en moins de consommateurs utilisent les lecteurs Blu-ray pour regarder des films en HD, leur préférant les services de streaming tels que Netflix. Cela n’a pourtant pas empêché plusieurs industriels de lancer des lecteurs Blu-ray UHD HDR. Même si, et de façon assez scandaleuse, les premiers titres lancés n’étaient en fait que des films HD « upscalés » (autrement dit, ramenés artificiellement à une résolution UHD par interpolation). Certes, quelques titres réellement UHD sont maintenant disponibles. Nous avons dès lors saisi l’occasion et acheté deux modèles de lecteurs Blu-ray UHD HDR (Panasonic DMP-UB900 vendu 800 € et Samsung UBD-K8500 proposé aux alentours de 400 €) pour les tester. Notre mission ? Évaluer l’apport réel ou supposé qu’ils pouvaient procurer aux téléspectateurs.

Lecteurs Blu-ray UHD-HDR
Les lecteurs Blu-ray HUD HDR de Panasonic et Samsung.

Nos résultats globaux

Les résultats de ce test ne nous apprennent rien de véritablement surprenant. Ils offrent néanmoins un éclairage intéressant sur ce que peuvent apporter l’UHD et le HDR.

Des sources qui ne sont pas au niveau

Bien qu’ayant déjà eu connaissance de ce problème, nous avons été désagréablement surpris de constater que certaines sources, vendues avec la mention Blu-ray UHD, n’étaient en fait que des films en résolution Full HD (1080 x 1920, donc) artificiellement « upscalés » afin de proposer une résolution UHD (2160 x 3840). Dans ces conditions, autant utiliser un simple lecteur Blu-ray : c’est le téléviseur qui se chargera alors d’assurer lui-même l’« upscaling ». Et le résultat sera identique. La pratique est assez contestable et elle avait été rapidement dénoncée sur des forums par des consommateurs dépités qui, après avoir attendu des mois l’arrivée tant annoncée de ces lecteurs de nouvelle génération et avoir dépensé plusieurs centaines d’euros, ne voyaient aucune différence de qualité d’image par rapport à leur ancien lecteur Blu-ray.

L’UHD améliore l’image… si l’on est assez près de l’écran

Autre constat, que nous avions déjà relevé : il existe bien une différence perceptible entre une image UHD (on parle ici de la résolution native et non d’une image « upscalée ») et la même image en Full HD. Une différence que même un œil profane n’aura pas trop de mal à observer, à la condition que le téléspectateur ne soit pas situé trop loin de l’écran. Si l’on prend un peu de recul, il devient en effet vite impossible de différencier l’image UHD issue d’un lecteur Blu-ray UHD d’une image en Full HD diffusée par un lecteur Blu-ray basique.

Détail d’une scène en UHD HDR (à gauche) et en Full HD (à droite).

Le HDR peut faire la différence

Rappelons que le HDR, pour High Dynamic Range, est une technique qui permet de quantifier la colorimétrie ainsi que la luminosité sur un plus grand nombre de niveaux (bit). La conséquence, c’est davantage de nuances dans l’image (couleurs et luminosité). Pour en bénéficier, encore faut-il que le film ait été tourné en HDR (The Revenant a été le premier à l’être). Il faut ensuite que le lecteur et le téléviseur soient tous les deux compatibles avec ce format.

Nos essais montrent une claire amélioration de l’image. La restitution des niveaux de luminosité est meilleure et la palette de couleur plus étendue. L’image HDR semble en outre présenter un meilleur rendu des détails, et une résolution plus élevée. D’une façon plus générale, nos panélistes ont noté que cette image HDR donnait l’impression d’être plus naturelle. Mais elle a souvent été jugée plus sombre et la notation des panélistes ne traduit pas forcément les avantages mentionnés ci-dessus.

Au bout du compte, on peut affirmer que le HDR apporte une réelle amélioration avec plus de nuances dans les niveaux de luminosité et dans les couleurs, mais que cette image ne sera pas forcément beaucoup plus appréciée. C’est ainsi que sur deux des trois téléviseurs utilisés pour tester l’image (les références LG et Samsung), la note obtenue avec une image UHD HDR n’est pas meilleure que celle obtenue avec une image Full HD SDR.

 

Nos conclusions

  • La résolution UHD. Elle est effectivement meilleure que celle offerte par une image Full HD « upscalée », mais la différence n’est perceptible que si l’on est assez proche de l’écran.
  • Le HDR. Cette nouvelle technologie, qui nécessite un lecteur Blu-ray UHD HDR, un support HDR et un téléviseur compatible HDR, apporte bien une meilleure restitution des nuances de luminosité et de couleur, mais aussi une image jugée plus sombre pas toujours appréciée de nos panélistes (experts). Une différence existe bien, mais elle n’est pas toujours perçue comme une amélioration.
  • Les supports Blu-ray UHD HDR. Encore peu nombreux, ils n’offrent pas toujours une résolution native UHD.
  • La différence entre deux lecteurs Blu-ray UHD HDR. Comme nous nous y attendions, les deux appareils testés offrent, à quelques détails près (ergonomie, temps d’accès…), des performances tout à fait comparables en termes de qualité d’image et de restitution sonore.

 

En résumé, les lecteurs Blu-ray UHD HDR sont des appareils encore très chers qui ne présentent pas une « plus-value » évidente nous permettant d’en recommander l’achat. Ajoutons que même si la majorité des téléviseurs du milieu jusqu’au plus haut de gamme offrent déjà une dalle UHD, cette caractéristique ne doit pas être un critère de choix. Il en va de même pour le HDR.

Les deux lecteurs Blu-ray du test se valent-ils ?

Que ce soit au niveau du rendu de l’image ou de celui du son, il est difficile de distinguer les deux appareils Panasonic et Samsung. La capacité à lire les différents formats de fichier audio ou vidéo est toutefois moins bonne sur le Panasonic que sur le Samsung. Mais la télécommande du Samsung, avec beaucoup plus de boutons, est plus compliquée à utiliser, en dépit de ses raccourcis intéressants. À l’arrivée, les quelques différences constatées entre les deux appareils ne nous permettent pas de conseiller l’un plus que l’autre, à l’exception du prix notablement plus élevé pour le Panasonic.

Le protocole de notre test

Notre essai en laboratoire portait sur deux modèles de lecteurs Blu-ray UHD HDR : le Panasonic DMP-UB900 et le Samsung UBD-K8500. Notre objectif était de :

  • comparer la qualité d’image des lecteurs Blu-ray UHD HDR avec celle d’un lecteur Blu-ray HD (ce qui nous permettait également de savoir s’il y avait une quelconque différence entre la même image en UHD et en HD après que cette dernière a été « upscalée ») ;
  • noter la qualité audio délivrée ;
  • vérifier la compatibilité de ces appareils avec différents formats de fichiers audio ;
  • évaluer les habituels critères tels que la consommation, les temps d’accès, la facilité d’utilisation…

Pour la réalisation de ce test, nous avons utilisé un téléviseur (le Samsung UE55JS80) pour la partie UHD et trois téléviseurs pour la partie UHD HDR (le LG 55UH7709, le Sony KD-55XD9305 et le Samsung UE55KU 6079). De plus, plusieurs films ont été retenus, dont l’un a été enregistré sous deux formats, en UHD (résolution native) et en HD.

Arnaud de Blauwe

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François Palemon

Rédacteur technique

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