par Audrey Vaugrente
par Audrey Vaugrente
La sanction est tombée : le laboratoire américain Abbvie est condamné à 850 000 € d’amende. Sa faute ? Ne pas avoir informé les patients de l’arrêt de fabrication de sa pommade à base de vitamine A, un traitement qui évite la cécité aux malades.
Fait rare, un fabricant va devoir payer pour ses manquements dans la gestion d’une pénurie de médicaments. Ou plus précisément l’arrêt de sa fabrication. L’Agence de sécurité du médicament (ANSM) a infligé à Abbvie, laboratoire américain, une amende de 850 000 € pour n’avoir pas informé les patients des ruptures de stock en vitamine A Dulcis – une pommade qui évite la cécité aux personnes souffrant des syndromes de Stevens-Johnson et de Lyell ou de nécrolyse épidermique. Abbvie ne fabrique aujourd’hui plus ce médicament.
Qu’il s’agisse des ruptures de stock survenues en 2023 ou de l’arrêt de commercialisation de la vitamine A Dulcis, le fabricant n’en a jamais informé les patients. Et alors que le plan de gestion des pénuries prévoit que des solutions alternatives soient mises en place, les patients ont là encore dû se débrouiller. Sous la pression constante des associations de malades, une solution stable a finalement été trouvée : l’importation d’un médicament équivalent (Blache) et le remboursement de dispositifs médicaux comparables (Hydramed Sensitive Night, Vitanuit, Xailin). « Cette crise n’aurait jamais dû se produire », déplorait en février France Assos Santé (1). Le collectif d’associations de patients s’étonnait aussi de l’absence de sanctions financières en 2025 – alors que plusieurs laboratoires avaient reçu une amende en 2024.
La sanction de l’ANSM concède tout de même quelques efforts – obtenus à la dure par les associations de patients. Elle précise qu’Abbvie a mis en place des actions pour la recherche d’un repreneur de l’autorisation de mise sur le marché (AMM) de sa pommade « à titre gratuit » et a aidé à la distribution d’une alternative importée. En conséquence, l’amende initiale (1 million d’euros) a été revue à la baisse. Encore faut-il tirer les leçons de cet incident. « France Assos Santé demande le renforcement des obligations encadrant les arrêts de commercialisation », martèle le collectif sur son site. Elles sont, en effet, bien plus souples que pour une rupture de stock plus classique.
(1) « Vitamine A et pathologies oculaires sévères : des avancées majeures, mais AbbVie doit maintenant rendre des comptes », France Assos Santé, 17/02/2026.
Audrey Vaugrente
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