par Audrey Vaugrente
par Audrey Vaugrente
Les vidéos dénonçant les méfaits du cortisol sur la santé se multiplient sur les réseaux sociaux. Accusé de provoquer divers dérèglements du corps, c’est en fait une hormone très importante pour l’équilibre de notre organisme.
Vous êtes constamment fatigué ? Vous avez des sautes d’humeur, un sommeil irrégulier, une digestion perturbée ? Vous avez le visage rond et de la graisse au niveau du bas ventre ? À en croire les coachs de vie et autres nutritionnistes autoproclamés qui sévissent sur les réseaux sociaux, le coupable est tout désigné : c’est la faute d’un taux de cortisol trop élevé. Ennemi numéro 1 du moment, cette hormone dite « du stress » est accusée de tous les maux, ou presque. C’est pourtant une hormone essentielle à notre organisme.
Le cortisol est produit par les glandes surrénales – situées juste au-dessus des reins. Sa sécrétion est déclenchée par un signal émanant de deux régions du cerveau : l’hypothalamus et l’hypophyse. Pour commencer, c’est notamment grâce au cortisol qu’on se lève le matin. Sa production suit, comme la mélatonine, un rythme de 24 heures. C’est le rythme circadien. Il connaît donc un pic au réveil et diminue progressivement au cours de la journée.

Il est aussi utile en situation de crise, lorsqu’on est en danger ou qu’on pense l’être. L’organisme libère alors une cascade d’hormones, parmi lesquelles la célèbre adrénaline – qui permet de réagir immédiatement – et le cortisol – qui aide à gérer les effets prolongés de cette menace. Dans un premier temps, sous l’action de l’adrénaline, le cœur accélère, la respiration s’intensifie et les muscles se préparent à agir. Par la suite, le cortisol fait augmenter la concentration de sucre dans le sang afin d’apporter de l’énergie aux muscles ainsi qu’au cerveau, et de préparer le corps à faire face à une situation difficile. Cela révèle toute la variété des fonctions sur lesquelles agit cette hormone : régulation du stress, du métabolisme, du système immunitaire ou de la pression artérielle, et bien d’autres fonctions moins connues concernant les os ou le système cardiovasculaire.
Mais, selon les réseaux sociaux, le cortisol perdrait son utilité en cas de stress chronique. Pire encore : il deviendrait nocif. En réalité, rien ne démontre un lien avec les symptômes mis en avant, comme un visage en forme de lune, une graisse focalisée sur le bas du ventre ou une libido en berne. Hormis de rares maladies, l’impact d’un taux de cortisol élevé en permanence est encore mal identifié. Au contraire, certaines études suggèrent qu’un stress chronique pourrait avoir pour effet de faire chuter son taux.
Alors, pourquoi attaquer le cortisol ? Si le coupable à la mode change, le discours de fond reste le même. Certains coachs de vie l’utilisent pour resservir leurs programmes « bien-être », d’autres proposent des compléments alimentaires classiques ides plateformes partenaires. Parmi eux, le magnésium ou l’ashwagandha. Dernière preuve, s’il en fallait, que la question du stress n’est pas centrale : nombre de ces producteurs de contenus promettent une perte de poids sans régime… Se concentrer sur le marqueur d’un état de stress, plutôt que sur les causes de celui-ci, témoigne bien de la vacuité de ces démarches.
Audrey Vaugrente
La force d'une association tient à ses adhérents ! Aujourd'hui plus que jamais, nous comptons sur votre soutien. Nous soutenir
Recevez gratuitement notre newsletter hebdomadaire ! Actus, tests, enquêtes réalisés par des experts. En savoir plus