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Petites marques de cosmétiquesDes pratiques qui inquiètent les autorités

FM

par Fabienne Maleysson

Des contrôles des services des fraudes mettent en évidence une méconnaissance des bonnes pratiques par la plupart des entreprises de produits cosmétiques de taille modeste. En jeu, la sécurité des utilisateurs.

L’essentiel

  • La réglementation bafouée Un contrôle de la DGCCRF révèle que la majorité des petites marques de cosmétiques ignorent les règles de sécurité, notamment l'obligation de tenir des dossiers d’information produit (DIP) rigoureux.
  • Des pratiques risquées Certaines entreprises font preuve d'un flagrant manque de sérieux, ignorant délibérément des avis de sécurité négatifs avant la commercialisation.
  • Notre expertise corrobore les constats de la DGCCRF Nos tests en laboratoire montrent que certains produits cosmétiques contiennent des substances interdites (mascaras) ou affichent une efficacité bien inférieure aux promesses (crèmes solaires).

« Un niveau global de connaissance et de maîtrise des dispositions réglementaires insuffisant chez ces petits opérateurs nouveaux sur le marché. » Le discours très administratif de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) révèle un risque réel pour les consommateurs, mis en lumière par un contrôle portant sur 147 établissements.

Problème essentiel : l’absence ou la mauvaise qualité des « dossiers d’information produit » (DIP), des documents à l’importance cruciale pour toute entreprise du secteur de l’hygiène et de la beauté. Ils regroupent pour chaque référence cosmétique tous les détails sur la composition, le procédé de fabrication, la justification des effets revendiqués et la sécurité du produit.

Sur l’ensemble des entreprises contrôlées, 26 seulement ont pu produire des DIP dans les formes, 26 n’en avaient pas du tout, ce qui semble stupéfiant, et la grande majorité ont produit des documents « incohérents, non mis à jour ou postérieurs à la commercialisation », selon l’administration. Exemple : « Une marque spécialisée dans l'onglerie, très présente sur les réseaux sociaux, proposait à la vente 51 produits […] sans qu’il y ait de DIP associés. »  

→ Lire aussi : Faux ongles et vernis semi-permanents - Une ribambelle d’effets sur la santé

Certains « professionnels » s’inspiraient de… Wikipédia comme preuve d’efficacité ou la testaient sur eux-mêmes et leurs proches. Un autre commercialisait ses produits sans avoir lu le rapport de sécurité, qu’il avait demandé pour la forme à un prestataire, et qui donnait un avis négatif quant à leur mise sur le marché. Manifestement, le secteur abrite quelques brebis galeuses car l’administration note, ce qui est rare, que certains ont refusé de coopérer ou ont fait fi de ses injonctions. 

Présence de substances interdites

Ces mauvaises pratiques de nombreuses marques confidentielles ne nous surprennent pas. Nombre de celles que nous avons testées au fil du temps ont obtenu des résultats décevants (1). Si on prend l’exemple de notre essai comparatif de mascaras, nous avions eu la surprise de mettre en évidence des substances interdites (nickel et formaldéhyde) chez Zao.

Mais ce sont surtout nos tests de crèmes solaires qui pointent régulièrement les lacunes des petits fabricants. Niu en 2023, Seventy-one en 2022, Polaar en 2021, Pai, Pur Eden et UV Bio en 2020 : autant de références pour lesquelles nos analyses de laboratoire ont détecté une protection contre les UV bien plus limitée que celle revendiquée. Comme quoi le slogan « small is beautiful » ne se vérifie pas toujours.  


(1) Sans forcément obéir à la définition de la TPE, les entreprises citées sont des jeunes pousses commercialisant des marques peu connues.

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