Somnifères

Plusieurs molécules déremboursées

Publié le : 13/12/2014 

Trop facilement prescrits, pour des durées trop longues, alors qu’ils ont des effets secondaires importants, des somnifères sont, depuis le 1er décembre, moins bien remboursés par l’assurance maladie. Le taux passe de 65 % à 15 %.

 

Depuis le 1er décembre, le taux de remboursement des benzodiazépines hypnotiques et molécules apparentées, largement utilisés dans l’insomnie, est passé de 65 % à 15 %. Les médicaments concernés sont Havlane (loprazolam), Imovane (zopiclone) 3,75 mg et 7,5 mg et génériques, Noctamide (lormétazépam) 1 et 2 mg  et génériques, Mogadon (nitrazépam) 5 mg, Normison (témazépam) 10 et 20 mg, Nuctalon (estazolam) 2 mg et Stilnox (zolpidem).

Cette décision n’est pas véritablement une surprise. Elle ne fait qu’entériner les recommandations officielles de la Haute Autorité de santé (HAS). En juillet dernier, celle-ci avait rappelé l’intérêt très limité de ces médicaments, qui n’ont que peu d’effet sur la durée du sommeil, alors que leurs effets secondaires sont importants. Ils provoquent en effet des somnolences diurnes, des troubles de la mémoire, et peuvent être, surtout chez les personnes âgées, à l’origine de chutes graves. Une dépendance peut également s’installer, raison pour laquelle, d’ailleurs, la prescription ne devrait pas dépasser un mois. En pratique, cependant, il n’est pas rare que des patients soient traités plusieurs mois d’affilée, voire plusieurs années, avec ces somnifères peu recommandables.

Face à l’insomnie sévère, les autorités de santé conseillent aux médecins et aux patients de changer d’abord leurs habitudes de vie, puis, si cela ne suffit pas, d’avoir recours à des thérapies comportementales. Les médicaments ne sont qu’une option de seconde intention, et pour un temps limité.

Anne-Sophie Stamane

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