Volkswagen Polo, Seat Arona et Ibiza (vidéo) Ceinture de sécurité défectueuse

Volkswagen Polo, Seat Arona et Ibiza (vidéo)

Ceinture de sécurité défectueuse

Publié le : 03/10/2018 

Les dernières Volkswagen Polo (6e génération), Seat Arona et Ibiza sont rappelées pour un problème de ceinture de sécurité condamnant la place centrale arrière et faisant courir un danger grave au passager de gauche de la banquette arrière. Le groupe Volkswagen, auquel appartient la marque Seat, se contente de prévenir les propriétaires des véhicules concernés sans proposer de solution. L’UFC-Que Choisir a alerté la secrétaire d’État chargée de la Consommation.

 

C’est une habitude chez les fabricants automobiles que de procéder à des campagnes de rappel pour corriger un défaut sur leurs voitures, Que Choisir alerte d’ailleurs très régulièrement sur le sujet. Si on peut comprendre ce phénomène, le plus gênant avec celui concernant les ceintures de sécurité arrière des Seat Arona, Ibiza et de la Volkswagen Polo, trois voitures qui utilisent la même plateforme, c’est qu’aucune solution n’est proposée ni aucun délai pour réparer cette défaillance. Les propriétaires ne peuvent alors plus profiter pleinement de leur voiture puisqu’ils ne doivent plus utiliser la place centrale arrière. L’UFC-Que Choisir a donc alerté la secrétaire d’État chargée de la Consommation, Mme Delphine Gény-Stephann. Et demande, comme l’article L. 521-7 du code de la consommation le permet en cas de « danger grave et immédiat », d’ordonner la diffusion de mises en garde à l’échelle nationale.

 

La ceinture de sécurité se détache

Le problème au niveau de la ceinture de sécurité de la place centrale arrière, connu depuis juin 2018, a amené les constructeurs à rappeler leurs voitures. Au total, cela concerne quelque 191 000 Seat Arona et Ibiza ainsi que 219 000 Volkswagen Polo dans le monde (au moins 29 620 Polo en France). Dans les faits, lorsque deux passagers sont assis côte à côte sur la place centrale et la place latérale gauche, le dispositif de verrouillage de la ceinture de sécurité centrale peut appuyer sur celui de son voisin. Dans ce cas, sa ceinture de sécurité se détache, lui faisant prendre des risques en cas d’accident. Dans une vidéo réalisée sur circuit, nos confrères finlandais du magazine Tekniikan Maailma (TM) montrent très bien le phénomène sur les trois modèles : dans un virage serré à droite, le basculement du passager installé au centre occasionne l’ouverture du boîtier de verrouillage de la ceinture du passager installé à sa gauche. Sa ceinture se libère alors instantanément faisant, dans le même temps, sonner l’alerte au tableau de bord.

 

Seule solution proposée par Volkswagen : un autocollant !

Outre le risque élevé d’accident, c’est la réaction du constructeur qui interpelle. Volkswagen ne propose, pour l’instant, aucune solution. Malgré un premier courrier adressé courant juin 2018 aux propriétaires de Polo demandant d’apporter leur véhicule dans une concession pour répondre à l’action de rappel « 69W3 », le constructeur ne semble pas avoir pris la pleine mesure de la gravité du problème. Le cas de Cathy est révélateur. Cette propriétaire d’une Polo 1.0 115 ch a apporté sa voiture en concession courant juillet suite à la réception du courrier. Mais, en septembre, une lettre simple puis un courrier adressé en recommandé avec accusé de réception lui demandent expressément « de ne plus utiliser l’emplacement central (siège et ceinture) de la banquette arrière ». Et de préciser : « nous vous informons que l’action de rappel 69W3 concernant la remise en état du boîtier de verrouillage est insuffisant pour assurer, à elle seule, durablement la sécurité des passagers ». Entre-temps, elle apprend que certains propriétaires ont reçu, joint au courrier, un autocollant à placer sur le tableau de bord rappelant qu’il ne faut pas utiliser la place centrale arrière ! Malheureusement, Cathy ne le trouvera dans aucune des deux lettres reçues en septembre. Il faudra un troisième courrier, identique aux précédents, pour découvrir le minuscule autocollant à apposer sur le tableau de bord comme pense-bête. Un autocollant qui ne règle en rien son problème : elle se retrouve avec une voiture 5 places ne pouvant accueillir que 4 personnes. 

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Le minuscule autocollant de 6 cm sur 3 envoyé par Volkswagen.

Il est regrettable et dangereux que Volkswagen et Seat abandonnent à leur propre sort les propriétaires des modèles concernés et leur confie la responsabilité de ne pas utiliser cette place. L’UFC-Que Choisir met à disposition des consommateurs une lettre type demandant l’annulation du contrat de vente et le remboursement du véhicule. Ils peuvent également s’adresser à une association locale de l’UFC-Que Choisir.

Les loueurs abandonnent la Polo

Ce problème de ceinture de sécurité cause aussi du tort aux loueurs de voitures. Jean-Marie et Isabelle ont été très surpris cet été en prenant possession de leur Polo réservée chez Europcar à l’aéroport Blagnac de Toulouse (31). En effet, une feuille format A4 collée sur la vitre latérale arrière alertait en gros caractères de ne surtout pas utiliser la place centrale arrière. Et, en ouvrant la porte, de découvrir du ruban adhésif jaune, façon chantier, placé en travers de cette dernière. Impossible de s’y asseoir. Heureusement, ils voyageaient à deux et cela ne leur a pas posé de souci d’organisation.

Depuis, les compagnies de location ne proposent carrément plus la citadine de Volkswagen à leurs clients. Un loueur parisien de la société Sixt nous indiquera même que toutes ses Polo ont été renvoyées en Allemagne. Une information confirmée officieusement par le service commercial de Sixt situé à Bâle (Suisse). Notre interlocuteur s’étonnait en effet depuis un moment de ne plus avoir aucun mouvement sur la Polo alors que ce modèle est le plus demandé dans son segment. En vérifiant sur son ordinateur, il nous confirmera que même à Munich, en Allemagne, là où la Polo « fait habituellement un carton », il n’y a plus aucune voiture proposée à la location. Il nous remerciera de l’avoir éclairé sur la situation mais regrette de n’avoir aucun élément sur un retour de la situation à la normale. Tout comme les propriétaires des Polo.