Mutuelles étudiantes

Après les études accablantes, à quand le recalage ?

Publié le : 25/05/2015 
Image

Après l’UFC-Que Choisir, la Cour des Comptes, les parlementaires, les syndicats étudiants, c’est le Défenseur des Droits qui dresse un constat au vitriol du fonctionnement des mutuelles étudiantes dans un rapport au nom révélateur : «accès des étudiants aux soins : leur protection sociale est-elle à la hauteur des enjeux ». Cette nouvelle charge, sur la base de témoignages de nombreux étudiants, loin de me surprendre m’amène néanmoins à m’interroger sur le volontarisme des pouvoirs publics à remédier aux nombreux dysfonctionnements dénoncés, aussi dommageables pour la santé des étudiants que coûteux pour les finances publiques.

L’UFC-Que Choisir a ainsi jeté le pavé dans le marre dès 2012 en dénonçant les errements de la protection sociale étudiante et en appelant au retour au droit commun… La Cour des Comptes a enfoncé le clou en 2013. Cet appel, entendu par les Sénateurs, n’a pas encore été reçu par les députés et ni par le gouvernement. Qu’attend donc le Ministère de la Santé pour prendre à bras le corps ce sujet ? Qu’attend l’Assemblée nationale pour examiner la proposition de loi adoptée au Sénat l’an dernier, tendant à ramener dans le giron de la sécurité sociale la protection sociale des étudiants ? L’urgence est d’autant plus grande que la situation financière de la LMDE, la principale mutuelle étudiante, continue à inquiéter. Elle a obligé le gouvernement à imaginer un bricolage précaire, où derrière une coûteuse façade LMDE, s’agiteront l’Assurance maladie et une mutuelle privée. C’est ne pas se donner tous les moyens d’une amélioration de la qualité de service LMDE. Et c’est oublier tout espoir de simplification du système, d’autant que perdurera la concurrence malsaine avec les mutuelles étudiantes régionales, demeurées elles sans lien avec l’Assurance maladie. L’accès aux soins des étudiants ne serait-il pas une priorité ?

Alain Bazot

Président de l'UFC - Que Choisir