Nutrition - Pour le Nutri-Score obligatoire

Nutrition - Pour le Nutri-Score obligatoire

Les aliments industriels riches en matières grasses, en sucre ou en sel ont contribué au développement de l’obésité et du surpoids. Le Nutri-Score permet d’identifier en un clin d’œil la qualité nutritionnelle d’un aliment, mais il n’est présent que sur 5 % des aliments, son application étant à ce jour volontaire. L’UFC-Que Choisir milite pour qu’il devienne obligatoire au niveau européen.

La facture salée (et sucrée) de l'alimentation transformée

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Ces affections sont des facteurs de risques importants vis-vis du diabète de type 2, de l’hypertension artérielle ou des maladies cardiovasculaires, et génèrent un coût pour la collectivité estimé à 22 milliards d’euros[1], comparable à celui de l’alcool et du tabac. Cette évolution s’explique notamment par la place prépondérante qu’occupent désormais les aliments transformés industriels dans notre alimentation et le marketing qui promeut notamment chez les enfants des produits gras ou sucrés.

 

 

En matière de solutions, les industriels font la fine bouche

Si les gouvernements successifs ont présenté des plans de lutte contre le développement des maladies liées à l’alimentation, les réponses apportées sur l’amélioration des recettes des industriels ou sur la publicité alimentaire s’avèrent largement inefficaces. En effet, ces mesures reposent essentiellement sur le volontariat et les codes de bonne conduite rédigés par les industriels eux-mêmes.

À titre d’exemple, les engagements des industriels pour améliorer leurs recettes n’ont finalement permis de faire baisser la consommation de sucre chez les enfants que de 0,6 % (2) !

 

Cachez ces étiquettes que nous ne pouvons pas comprendre !

En l’absence d’actions concrètes de la part des industriels ou des pouvoirs publics, il est donc crucial que les consommateurs soient en mesure d’identifier les aliments contenant moins de gras, de sel ou de sucre. Mais les tableaux nutritionnels rendus obligatoires sur les emballages par la réglementation européenne se révèlent totalement incompréhensibles du fait de leur extrême complexité. Ils peuvent en effet présenter jusqu’à 70 informations chiffrées différentes ! Du côté des professionnels, certains d’entre eux ont par ailleurs développé leur propre système d’étiquetage nutritionnel, générant une véritable cacophonie d’étiquetages.

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Notes

 

(1) « Obésité : quelles conséquences pour l’économie et comment les limiter ? », lettre d’information Trésor-éco n179, DG Trésor, ministère de l’Économie et des Finances, septembre 2016.
(2) Modélisation réalisée par l’INRA et l’ANSES 2015.
 

Imposons le Nutri-Score

Alors que les recommandations officielles de ne pas manger trop gras, trop salé ou trop sucré paraissent souvent complexes à mettre en œuvre, elles sont enfin à portée de main grâce à un étiquetage très simple qui permet d’apprécier d’un coup d’œil la qualité nutritionnelle d’un aliment.

Il comporte cinq couleurs allant du vert au rouge selon les caractéristiques de l’aliment (calories, graisses saturées, sucres, sel…).

Un système pratique pour démystifier le marketing

Les tests (3) réalisés par l’UFC-Que Choisir montrent que c’est un outil permettant aussi bien de comparer des aliments appartenant à un même groupe d’aliments que différentes familles d’aliments. C’est également un antidote au marketing nutritionnel : malgré des graphismes et des codes de couleur suggérant la minceur, les céréales du petit déjeuner Spécial K ou Nestlé Fitness ont en réalité un Nutri-Score C (jaune), comme beaucoup de céréales sucrées pour enfants. Quant à Taillefine 0 % avec édulcorants, il a un Nutri-Score B (vert pâle), comme la majorité des yaourts.

Si, en 2017, la France a reconnu le Nutri-Score comme le modèle officiel d’étiquetage nutritionnel simplifié, c’est grâce à la mobilisation des acteurs de la société civile et notamment de l’UFC-Que Choisir qui a lancé en 2014, aux côtés de 31 sociétés savantes, une pétition qui a rassemblé les signatures de 20 000 professionnels de santé.

 

Ce que nous attendons

Mais malgré cette reconnaissance, l’affichage du Nutri-Score sur les emballages reste volontaire du fait d’une réglementation européenne empêchant les États membres d’imposer de nouvelles obligations d’étiquetage. Ceci explique qu’il ne soit présent que sur 5 % des produits alimentaires et que l’opacité sur la qualité nutritionnelle soit donc maintenue sur la plus grande partie de l’offre alimentaire.

Soucieuse que les consommateurs aient enfin à leur disposition toute l’information nécessaire pour rééquilibrer leur alimentation, l’UFC-Que Choisir demande que le Nutri-Score devienne obligatoire au niveau européen.

 

 

Notes

 (3) Étiquetage nutritionnel simplifié : un antidote fiable, simple et efficace contre le marketing alimentaire, https://www.quechoisir.org/action-ufc-que-choisir-etiquetage-nutritionnel-simplifie-un-antidote-fiable-simple-et-efficace-contre-le-marketing-alimentaire-n13307/, 24/02/2015.

 

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