Repas de fêtes Les accords mets et champagne

Repas de fêtes

Les accords mets et champagne

Tous les mets ne s’accordent pas aux bulles du champagne. Pour trouver les bons accords, le mieux est de faire des essais : vous verrez que, parfois, une effervescence trop marquée empêchera un accord de fonctionner. Mais si vous manquez de temps ou de budget et souhaitez limiter les risques au moment de sortir une bouteille, suivez nos conseils !

 

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Quand déboucher une bouteille de champagne ? « À l’apéritif », diront certains, pour mettre tout de suite les convives dans une ambiance festive. « Au dessert », répondront d’autres, marqués par une tradition récente… La bonne réponse est : à tout moment. Même si cette pratique est rare, le champagne peut accompagner l’ensemble du repas, à condition de veiller au mariage entre mets et boisson. L’effervescence et le dosage sont les éléments à surveiller, puisque la première modifie la texture des plats en bouche, tandis que le second affecte l’équilibre entre sucre et acidité. 

À l’apéritif

Les mélanges sucrés/salés ne sont pas recommandés : pour accompagner de petites tartes au fromage, les fruits secs non salés, les toasts au saumon fumé ou au foie gras, les rillettes de poisson, le tarama, etc., il faut donc opter pour une bouteille peu sucrée (extra-brut, voire zéro dosage), plutôt jeune, dotée d’une fraîcheur qui ouvre l’appétit et séduit les bouches encore vierges. Un blanc de blancs, 100 % chardonnay, est une valeur sûre à l’apéritif.

Sur le saumon fumé

Le saumon fumé est un mets d'une très grande finesse : l’accord dépendra de la texture, du gras de la chair, de la tendreté du poisson et du fumage. Les vins blancs, et donc les champagnes extra-brut ou faiblement dosés, apportent la contradiction à la texture du saumon et à ses notes délicatement fumées.

Avec le foie gras

Le foie gras est souvent accompagné d'un vin moelleux ou liquoreux, qui se marie bien avec son fondant et dont le côté sucré met en valeur ses acides gras insaturés. Le champagne est une autre option. Sur un foie gras chaud, aux pommes ou aux agrumes par exemple, le mariage fonctionne à merveille : le fondant du foie est tonifié par le champagne et le vin est enrobé par la texture du foie. On choisira plutôt un champagne riche en pinot noir ou meunier. À noter que l’accord dépend du type de foie gras : avec du foie d’oie, un champagne frais et léger est conseillé, tandis qu’un foie gras de canard s’accommodera mieux d’un champagne plus puissant.

Sur les fruits de mer

Un champagne marqué par la minéralité et peu dosé est ici à sa place. En effet, pour des huîtres crues, les langoustines, les Saint-Jacques, le homard ou la langouste, il faut équilibrer les forces gustatives.

Sur les poissons

Les poissons d’eau douce (sandre, brochet ou truite) s’accordent avec les champagnes frais et délicats, dont l’effervescence fait contraste avec le beurre ou la crème qui entrent dans les plats. Les poissons de mer (bar, sole, rouget, Saint-Pierre, turbot) appelleront des champagnes plus équilibrés ou consensuels. C’est avant tout la sauce qui déterminera le choix : à sauce légère, vin fringant, à sauce riche, vin plus mature.

Sur les charcuteries

On pourrait penser a priori que l’alliance est contre-nature entre la rusticité du produit et l’élégance du liquide. Il est vrai que l’accord est délicat, même si le fumé d’un jambon ou le poivre d’un saucisson sec peuvent se marier avec du champagne. Préférez alors un blanc de noirs, élaboré avec du pinot noir ou du pinot meunier.

Sur les volailles

C’est peut-être chez les volailles (poulets de ferme, pintades, poulardes ou chapons) que le champagne brut trouve son meilleur partenaire. Si la volaille est simplement rôtie, la texture souple et fondante de la viande se marie fort bien avec les bulles du vin et les arômes légers du plat ne masquent pas ceux du vin. Si la volaille est cuisinée, avec des champignons en particulier, on préférera un brut plus âgé.

Sur les viandes

Les viandes blanches conviennent aux bruts consensuels. Vous pouvez les accompagner d’une belle côte de veau, d’un ris de veau, d’un pigeonneau fermier ou un filet mignon de porc, surtout si la crème fraîche entre dans le plat. Pour les viandes plus sapides (bœuf ou agneau), l’accord est plus osé mais pas exclu.

Sur les fromages

Le fromage est un véritable traquenard pour la majorité des vins rouges, mais certains vins blancs, dont les champagnes, s’en sortent grâce à leur acidité, qui tranche avec le gras du fromage. De plus, l’effervescence dégraisse le palais et vient en opposition à la protéine du lait. En conséquence, les fromages à pâte molle et croûte fleurie (brie de Meaux ou de Melun, coulommiers, neufchâtel…) mais aussi les fromages régionaux avec un affinage soigné (langres, chaource) ou les pâtes cuites en finesse (comté, la tomme de brebis basque ou parmesan) permettent des accords soignés. On évitera tous les fromages persillés : l’accord serait contre-nature.

Sur les desserts

Ce n’est certainement pas sur le dessert que l’on portera un jugement sur la qualité d’une cuvée ! Les champagnes s’accommodent très mal avec les desserts, à moins qu’ils soient peu sucrés (une tarte aux fraises ou un assortiment de fruits rouges, à la rigueur). Si le sucre est très présent, il faudra passer à un champagne demi-sec, en acceptant un risque de lourdeur, surtout en fin de repas où la bouche est déjà fatiguée. Les desserts au chocolat constituent un véritable challenge, quasiment impossible à relever. Le dessert est, cependant, un bon moment pour tenter le champagne rosé !

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Marc Miannay