Tablettes hybrides

Peuvent-elles remplacer les ordinateurs ?

Publié le : 04/04/2016 

L’ordinateur, qu’il soit de bureau ou portable, pourrait vivre ses dernières années : les tablettes hybrides (appelées aussi tablettes « Pro », « 2 en 1 » ou « détachables ») sont prêtes à les remplacer, d’après les fabricants. Est-ce vraiment le cas ? La réponse dépend essentiellement du choix du système d’exploitation (OS). 

 

Les tablettes tactiles se sont imposées comme complément à l’ordinateur dans l’usage informatique quotidien. En quelques années, elles ont même freiné les ventes de PC portables. Aujourd’hui, les fabricants proposent des modèles « hybrides », avec clavier détachable, capables selon eux de remplacer les ordinateurs. Les prix sont très variables (de 265 à 1 280 €), ils dépendent notamment de la capacité de stockage. Globalement plus grandes que les tablettes « simples » (dont la diagonale d’écran atteint 7 à 9 pouces) et dotées d’un clavier pour saisir du texte (parfois vendu en option), les hybrides offrent un bon confort d’usage. Elles démarrent au quart de tour grâce à leur mémoire flash, mais offrent des capacités de stockage très inférieures aux PC portables (128 Go maximum contre 500 Go minimum !).

 

Android et iOS : pas vraiment des ordinateurs

Les tablettes hybrides se distinguent par leur système d’exploitation. Windows (Microsoft) est le plus fréquent, mais Android (Google) et iOS (Apple) restent dans la course. À l’usage, ils sont assez différents. Et tous ne permettent pas forcément de remplacer un ordinateur portable.

Le retour de Microsoft. Après des années noires sur le terrain de la mobilité, Microsoft ne peut que se réjouir du succès annoncé des tablettes hybrides. L’Américain a lui-même a créé le marché en 2012 en lançant sa gamme Surface, désormais emblématique. De nombreux constructeurs ont adopté son système Windows pour leurs propres modèles. Il faut dire que Windows 10 a su trouver le juste équilibre entre un usage « PC » (avec les traditionnels « bureau », menu « Démarrer » et « explorateur de fichiers ») et un usage « tablette » basé sur l’écran tactile. La plus grande faiblesse de l’OS de Microsoft reste sa boutique d’applications Windows Store, bien pauvre par rapport à ses concurrentes App Store (Apple) et Play Store (Google). Avec Windows 10, Microsoft fait toutefois les yeux doux aux développeurs, puisqu’il leur suffira désormais de coder leurs applications une seule fois pour les proposer sur smartphone, tablette ou PC. En attendant, il est possible d’installer des logiciels classiques, comme sur n’importe quel PC. Et les tablettes hybrides fonctionnant sous Windows disposent en général d’un port USB pour accueillir disque dur ou clé USB.

Android moins intuitif. Le système de Google a été conçu pour les smartphones avant d’être adapté aux tablettes tactiles. Mais il ne rivalise pas avec un vrai système informatique. Google a d’ailleurs développé une interface spécifique, Chrome OS, pour sa gamme d’ordinateurs Chromebooks. Android est néanmoins capable de répondre à un usage informatique basique (navigation Internet, bureautique, multimédia). Outre les applications propres à Google (Gmail, Docs, Drive, etc.), l’utilisateur trouvera dans la boutique en ligne Google Play tous les contenus dont il est susceptible d’avoir besoin : musique, films, séries, applications en tous genres. Il est par exemple possible d’installer sur une tablette Android les applications Microsoft Word, Excel ou bien Photoshop (il faut payer pour accéder à toutes les fonctions). Autre avantage : Android est plus léger que Windows, l’utilisateur gagne en stockage disponible. Mais l’usage d’un clavier et d’une souris est moins intuitif que sous Windows. Comme les tablettes hybrides fonctionnant sous Windows, celles conçues pour l’OS de Google disposent en général d’un port USB.

iOS fait bande à part. iOS est le système d’exploitation développé par Apple, initialement pour ses iPhone. Lui aussi a été adapté aux iPad, et notamment aux deux iPad Pro (9,7 et 12,9 pouces). Comme Android, il s’agit d’un système conçu pour la mobilité et non pour l’informatique (sur ses ordinateurs, Apple installe le système OS X). Pas de souris, ces deux tablettes se manipulent au stylet (vendu 109 € en option). Pour se fournir en logiciels et autres contenus multimédias, les utilisateurs puiseront là encore dans la boutique en ligne, App Store. Apple est le seul à exploiter cet environnement qui, bien que très ergonomique, souffre de certaines de ses spécificités. En l’absence de port USB, impossible par exemple de transférer simplement des fichiers. Il faudra nécessairement les stocker dans le cloud (iCloud) ou passer par le logiciel iTunes installé sur un ordinateur (PC ou Mac) auquel on connectera la tablette. Difficile alors de remplacer complètement son ordinateur par une tablette Apple.