ENQUÊTE

VoloteaPleins gaz avant le décrochage ?

Boris Cassel

par Boris Cassel

En moins de 15 ans, la compagnie aérienne espagnole s’est imposée en France. Son modèle économique repose sur les aéroports secondaires, la chasse aux coûts et les aides publiques. Pourtant, les prix des billets ne sont pas forcément bon marché et les pertes s’accumulent.

« Les Parisiens ne connaissent pas Volotea. Par contre, à Rodez, tout le monde sait ce que c’est ! » Prononcée avec le sourire, cette petite phrase est lancée par l’un des pilotes du transporteur low cost (à bas coûts) espagnol. Et résume parfaitement l’approche de l’entreprise pour bousculer le paysage aérien français : relier des villes moyennes et des métropoles régionales en évitant autant que possible de passer par l’Île-de-France. Nantes-Lyon, Lille-Toulon, Caen-Nice, Brest-Marseille… la liste des lignes s’allonge chaque mois. À peine 14 ans après sa création, Volotea en exploite 74, et se présente comme la « première compagnie aérienne en France en matière de routes domestiques », devant Air France.

La société ibérique ne semble pas vouloir en rester là. Son fondateur, Carlos Muñoz (qui est aussi celui de l’opérateur à bas prix Vueling), expliquait ainsi en février dernier, au magazine Air & Cosmos, que l’Hexagone disposait d’un « important potentiel de croissance à travers l’exploitation de liaisons qui ne sont actuellement pas desservies ».

Un discours et une stratégie à rebours de la tendance : le transport aérien intérieur tricolore est en

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