Trottinette électrique (vidéo) Comment choisir sa trottinette

Trottinette électrique (vidéo)

Comment choisir sa trottinette

En quelques années, les trottinettes électriques ont conquis le bitume des grandes villes. Pratiques et ludiques, elles constituent un moyen de locomotion quotidien intéressant en complément des transports habituels ou pour des trajets assez courts. Les modèles sont nombreux, les options variées et la fourchette de prix très large. Voici ce qu’il faut savoir avant de choisir la vôtre.

 

Un budget de 250 à 1 300 €

On trouve des trottinettes électriques à partir de 250 €, mais il s’agit de modèles peu puissants, pas toujours solides ou plutôt destinés aux enfants. Si vous cherchez un modèle pour adulte fiable, léger et endurant, le budget à y consacrer sera plus important, entre 500 et 1 300 €. Dans cette fourchette de prix, les options sont variées.

Des dizaines de marques

L’entreprise allemande Walberg Urban Electrics a révolutionné la trottinette électrique au début des années 2010 en lançant le premier modèle compact et pliable, l’Egret One. D’autres ont suivi, comme SXT Scooters, Etwow ou Scorp’It. Aujourd’hui, des dizaines de marques se font concurrence. Mais il s’agit bien souvent d’importateurs des mêmes trottinettes fabriquées en Chine, si bien qu’on trouve plus ou moins les mêmes modèles chez plusieurs d’entre elles. L’incontournable marque de trottinette Micro Mobility s’est aussi lancée il y a quelques années et commercialise désormais une gamme complète. 

Poids et gabarit

Certaines trottinettes électriques sont encombrantes, alors que d’autres peuvent passer inaperçues. Plusieurs éléments influent sur le poids et le gabarit de ces engins : matériau du châssis, largeur du plateau, type de batterie, de moteur, câblage, systèmes de pilotage et de freinage… Au final, le poids atteint 10 à 16 kg, limite tout juste acceptable pour être transportée dans le métro ou dans le train. Micro Mobility et Evo Spirit réalisent une prouesse avec des modèles pesant moins de 8 kg (respectivement l’E-micro One et la CCL).

Bon à savoir. Si votre trottinette est trop lourde et que vous tombez en panne de batterie, vous ne pourrez pas l’utiliser comme une trottinette classique.

Autonomie et vitesse

Une bonne trottinette électrique offre une autonomie de 20 à 25 km et permet de rouler à 25 km/h environ (vitesse maximale autorisée par la réglementation sur les vélos à assistance électrique). Méfiez-vous des modèles affichant une vitesse de 35 km/h : cette allure est non seulement dangereuse, mais aussi interdite (les trottinettes ne sont encore soumises à aucune réglementation propre, elles sont tolérées à 25 km/h sur les pistes cyclables). Une bonne trottinette se recharge sur une prise secteur en 3 à 5 h. Autonomie et vitesse dépendent de la puissance du moteur et de la batterie, mais aussi du trajet (montées/descentes) et du gabarit de l’utilisateur. Une personne de 80 kg qui monte quotidiennement la célèbre côte des Gardes, à Meudon (92), devra recharger sa trottinette plus fréquemment qu’une danseuse étoile qui la descend. Les fabricants mentionnent tous un poids de charge maximum, 90 à 120 kg en général.

Batterie au lithium ou au plomb

La batterie est essentielle sur une trottinette électrique, c’est aussi le composant le plus cher. On trouve encore de volumineuses batteries au plomb sur certains modèles (notamment destinés aux enfants), mais la batterie au lithium (Li-ion, Li-Po) est la plus fréquente sur les trottinettes transportables (pliables). Plus endurantes, plus légères et plus rapides à recharger, elles sont logiquement mieux adaptées. Surveillez la tension (V) et la capacité (Ah) : 24 V et 8 Ah constituent un minimum pour une trottinette (moins exigeante qu’un vélo électrique).

Moteur dans la roue ou transmission par courroie

On trouve deux types de moteur : niché dans la roue (avant ou arrière selon les modèles) ou, moins fréquemment, situé sous le plateau. Désormais, les fabricants intègrent le plus souvent un moteur de type « brushless » (« sans balais »), qui ne nécessite aucun entretien. Les modèles moins chers se contentent de moteurs « brushed », moins puissants mais dont la mise en œuvre est plus simple (ils fonctionnent en courant continu, et non en courant alternatif à plusieurs phases comme les moteurs brushless). Pour la transmission, certaines trottinettes intègrent une courroie, qui s’use avec le temps. Les trottinettes à courroie sont généralement plus rapides dans les montées, mais aussi plus encombrantes. La puissance du moteur n’est pas un critère de choix à elle seule.

Les éléments de confort

Plusieurs paramètres influent sur le confort d'une trottinette électrique :

  • Le plateau, plus ou moins large.
  • Des grandes roues (200 mm) peuvent s’avérer plus stables que des petites (125-150 mm), mais ce n’est pas toujours le cas.
  • Les pneus gonflables sont plus confortables (on sent moins les pavés, par exemple), mais les crevaisons peuvent gâcher le plaisir. Avec des pneus pleins, pas de souci. Préférez tout de même la gomme au plastique lisse, glissant, notamment par temps pluvieux. On trouve aussi des trottinettes électriques géantes, avec pneus crantés, hybrides entre vélo et trottinette (lire notre décryptage sur les différents types d’appareil), à envisager plutôt dans le cadre de balades au grand air.
  • Des garde-boue limiteront les éclaboussures sur sol mouillé.
  • Vérifiez que le guidon est réglable à une hauteur qui vous convient.
  • Certains modèles intègrent un éclairage (indispensable pour être visible de nuit, équipez-vous dans tous les cas de LED de vélo), un klaxon, ou un crochet pour transporter un sac.
  • En général, un compteur indique le niveau de la batterie, la vitesse, le kilométrage total, mais quelques engins s’en passent (voir les principaux modèles de trottinettes électriques disponibles).

Bon à savoir. Aux yeux de la loi, les trottinettes vendues avec une selle ne sont pas considérées comme des trottinettes, mais comme des scooters électriques, devant donc être assurées, équipées de rétroviseurs et utilisées avec un casque.

Différents systèmes de pilotage

L’accélération est généralement commandée par une gâchette (à l’index ou au pouce) ou une poignée, comme sur un scooter. Sur l’E-Micro, un capteur permet de détecter la poussée de l’utilisateur et maintient l’énergie impulsée (il s’agit d’un modèle à assistance électrique : il est nécessaire de pousser pour avancer).

Pour respecter la réglementation, certains modèles proposent un mode « trottoir » qui bride la vitesse à 6 km/h.

Pour freiner, il existe des systèmes mécaniques et électroniques. Les premiers (freins à disque, à tambour) sont actionnés par une poignée de frein, comme sur un vélo. Les seconds, plus fréquents, prennent différentes formes : gâchette ou appui sur un frein situé sur la roue arrière, comme sur une trottinette classique. Sur certains modèles, ce frein électronique agit aussi comme un frein à friction traditionnel. Il est fréquent que le moteur soit capable de recharger la batterie lors des phases de décélération (frein récupérateur d’énergie). Pour un utilisateur au parcours mixte, 10 % de l’autonomie globale seraient ainsi assumés par le frein.

Homologation et norme CE

Certaines trottinettes électriques sont homologuées : interdites de trottoir, elles doivent obligatoirement rouler sur la chaussée. L’utilisateur perd toute la flexibilité liée à la trottinette puisque le port du casque est obligatoire et qu’elles doivent être immatriculées, assurées, équipées d’une selle, de rétroviseurs, etc.

Homologuées ou pas, les trottinettes vendues en France doivent porter le marquage CE, qui suppose qu’elles répondent aux dispositions en vigueur (sur déclaration du fabricant).

Ces directives européennes n’ont pas été définies spécifiquement pour les trottinettes électriques. Plus vastes, elles concernent par exemple le chargeur de batteries (directive 73/23/EEC) ou les règles de mise sur le marché (directive 2006/42/CE). Les professionnels travaillent actuellement à la définition d’une normalisation ad hoc, qui pourrait servir de point de départ à une réglementation claire des usages.

Garantie

La loi impose aux fabricants de trottinettes électriques (comme de tout autre produit) d’assumer une garantie légale de conformité de 2 ans. Avant le 18 mars 2016 et en cas de problème dans les 6 mois après l’achat, le consommateur n’a pas à prouver que la panne vient d’un défaut qui existait avant la vente du produit (articles L. 211-1 et suivants du code de la consommation). À compter de cette date, ce délai (durant lequel il revient au professionnel de prouver que le défaut n’existait pas) sera porté à 2 ans. Attention toutefois, les consommables ne sont pas concernés par cette garantie et certains fabricants discourtois considèrent la batterie comme un consommable. Comptez alors entre 300 et 400 € selon les modèles pour une batterie au lithium. Les fabricants sérieux garantissent la batterie 1 an minimum.

Une trottinette électrique selon vos besoins

Je veux faire le lien entre mes différents transports en commun

Vous cherchez à gagner du temps sur le dernier kilomètre de votre trajet, pour rejoindre votre gare ou pour assurer la correspondance entre un métro et un tramway ? Privilégiez une trottinette légère, facile à plier et facilement transportable, quitte à sacrifier un peu votre confort.

Je dois réaliser tout mon trajet en trottinette

Le choix dépendra du terrain. Si vous traversez beaucoup de routes pavées, optez pour une trottinette à pneus, beaucoup plus confortables que les roues dures. Si le dénivelé est important, peut-être avez-vous intérêt à opter pour une trottinette à courroie. Mais réfléchissez bien, car ces modèles demandent plus d’entretien et sont plus lourds. Dans tous les cas, si votre trajet dépasse 5 ou 6 km, un vélo (pourquoi pas électrique) semble mieux adapté. Au-delà, vous risquez de trouver le temps un peu long et devrez transporter votre chargeur (à moins d’investir dans un second, lire nos conseils).

Camille Gruhier