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Airbags Takata : les propriétaires de Saab oubliés en France

Yves Martin

par Yves Martin

C’est la double peine pour les propriétaires d’une voiture de la marque Saab en France. Non seulement ils encourent un risque de déclenchement intempestif de leur airbag Takata mais, en plus, ils doivent payer la facture. Explications.

On ne présente malheureusement plus le problème des airbags Takata, dont les déclenchements intempestifs ont causé le décès de plusieurs conducteurs en métropole comme en outre-mer. Même si la dangerosité de ces équipements est connue depuis 2013, les constructeurs ont continué à en équiper certains de leurs modèles jusqu’en 2017 ! Et, parmi les 2,5 millions de voitures (estimation de 2025) circulant en France affectées par ce problème, on trouve des Saab, notamment les modèles 9.3 de 2006 à 2011 et les 9.5 de 2006 à 2009. Ces deux modèles vendus en France sont concernés par un rappel pour le remplacement gratuit de leur airbag Takata par le constructeur GM (General Motors), qui possédait la marque à cette époque… mais, étonnamment, cette campagne ne concerne pas la France !

Une marque disparue

Pour comprendre cette exception française, il faut remonter à quelques décennies. Saab a régulièrement rencontré des difficultés financières et, dès 1990, GM entrait dans son capital à hauteur de 50 % pour redresser la situation de l’entreprise. En janvier 2000, l’entité appartenait au constructeur américain à 100 %. En février 2010, la marque suédoise a à nouveau été vendue, au néerlandais Spyker Cars.

Lors du scandale des airbags Takata, GM a organisé une campagne mondiale de rappel depuis son site propre (https://www.gmtakataairbag.com), mais n’a rien proposé pour la marque Saab en France. Seuls les Cadillac et les Chevrolet étaient concernés par la prise en charge du remplacement de l’airbag dangereux.

Sur le site de General Motors, les Saab sont concernées par le rappel sans frais dans de nombreux pays (ici les États-Unis), mais pas en France.

Nous avons contacté Spyker Cars mais notre requête est restée, à ce jour, sans réponse. Même le ministère des Transports, qui a adressé un courrier aux propriétaires de Saab identifiés, reconnaît l’imbroglio et indique dans ce courrier qu’« en l’absence d’entité juridique capable, les frais de remplacement sont à la charge exclusive du propriétaire du véhicule concerné ». Et de préciser qu’une plateforme (www.safety.saabparts.com) a été mise en place pour vérifier si le véhicule est bel et bien concerné. Si c’est le cas, en s’y connectant et en renseignant le numéro d’identification VIN, le propriétaire de l’auto voit s’afficher le message suivant : « Veuillez sélectionner un centre de service afin de demander un rendez-vous pour faire effectuer l’opération de remplacement. Veuillez noter que des frais de 475 € TTC (TVA incluse) s’appliquent pour la réalisation de cette opération. »

Un réparateur spécialisé dans les Saab nous a confirmé que la disparation de l’entité juridique de Saab ne permet pas la prise en charge du remplacement de l’airbag, qui reste bel et bien à la charge du propriétaire. Et lorsqu’on lui a indiqué que la marque suédoise appartenait à l’époque au constructeur américain GM, on nous a répondu que « GM était un prestataire de service pour Saab » (sic) et que personne ne peut prendre en charge l’intervention. En précisant toutefois que le tarif a été négocié pour être le plus abordable possible. Pas sûr que ce régime de défaveur satisfasse les propriétaires français des Saab concernées…

Yves Martin

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