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Contraceptif oral : 1,6 million de femmes informées d’un surrisque de méningiome

AS

par Anne-Sophie Stamane

En raison d’un surrisque de méningiome pour les femmes sous contraceptif oral à base de désogestrel (Cérazette, Optimizette, Antigone, etc.), l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) adresse un courrier au 1,6 million de femmes qui se sont fait rembourser le médicament au moins une fois.

L’essentiel

  • Une étude a montré l’année dernière que les contraceptifs à base de désogestrel, un progestatif minidosé, augmentaient le risque de méningiome. Les pilules concernées sont Cérazette, Optimizette, Varnoline, Antigone, etc., ainsi que leurs génériques.
  • Une campagne d’information a été lancée. Les prescripteurs et les femmes concernées vont recevoir une lettre personnalisée.
  • En l’absence de symptômes, il n’y a aucune urgence à consulter, ni même à stopper le traitement. Il faut prévoir une discussion lors d’un prochain rendez-vous médical.

Le surrisque de tumeur non cancéreuse des méninges est établi depuis près de 10 ans en cas de traitement prolongé par un progestatif de type Androcur, Lutéran ou Lutényl. Il a été mis en évidence l’année dernière chez les femmes sous contraceptifs courants à base d’un autre progestatif, le désogestrel dosé à 75 microgrammes, grâce à une étude pharmaco-épidémiologique menée en France par Epi-Phare, qui regroupe l’assurance maladie et l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Les pilules concernées sont Cérazette, Optimizette, Varnoline, Antigone, etc., ainsi que leurs génériques.

Lettre personnalisée aux femmes concernées

En s’appuyant sur ces données, l’ANSM a lancé une campagne inédite : non seulement, comme d’habitude, médecins et sages-femmes ayant prescrit ces spécialités ont reçu un courrier spécifique, mais les femmes s’étant fait rembourser au moins une fois un contraceptif à base de désogestrel vont aussi recevoir une lettre personnalisée.

Jusqu’alors, l’information destinée aux patients faisait l’objet d’une publication générique sur le site de l’ANSM, cette dernière comptant surtout sur les professionnels de santé ‒ et les médias ‒ pour relayer les informations en direction des patients.

Un méningiome opéré pour 67 000 femmes exposées

Le courrier précise le surrisque, bien moindre que sous Androcur, Lutéran, etc. L’ANSM évoque en effet la survenue d’un méningiome nécessitant une intervention chirurgicale pour 67 000 femmes exposées. Ce n’est pas anecdotique, mais tout de même faible. Il augmente notablement après cinq ans de prise (une chirurgie pour 17 000 femmes), ainsi qu’en cas de traitement par un autre progestatif dans le passé.

Dans cette situation de cumul au fil du temps, un « bilan hormonal de tout ce que la femme a pris pendant sa période de fertilité, en espérant qu’elle s’en souvienne, s’impose », explique la Dre Isabelle Yoldjian, directrice médicale à l’ANSM. Le surrisque s’annule après un an d’arrêt du progestatif.

En parler en consultation

Concrètement, les femmes prenant ou ayant pris ces pilules à base de désogestrel doivent avant tout en discuter avec la sage-femme ou le médecin à l’origine de la prescription. L’arrêt du traitement sans concertation préalable n’est pas conseillé. Étant donné la faiblesse du surrisque, il n’y a pas d’urgence à consulter, sauf symptômes neurologiques comme des troubles de l’équilibre ou de la vision, des maux de tête persistants, une faiblesse musculaire, ou encore des pertes de mémoire.

AS

Anne-Sophie Stamane

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