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Coton, viscose, polyester - Des tissus populaires mais pas sans effet sur le climat

Audrey Vaugrente

par Audrey Vaugrente

Coton, polyester et viscose se côtoient en rayon et dans nos placards. L’un est naturel, l’autre synthétique, le dernier biosourcé. Quels sont leurs impacts sur l’environnement ? Décryptage.

En Europe, la consommation de textiles représente la 4e source d’impacts sur l’environnement. La majorité de ces tissus sont issus de la chimie – qu’ils soient synthétiques ou biosourcés –, mais le coton est, lui aussi, bien représenté. Utilisés pour des usages similaires, le polyester, le coton et la viscose sont souvent opposés. Si aucun d’entre eux n’est parfait, certains ont tout de même plus d’impact sur l’environnement.

Le polyester : un dérivé du pétrole

Pourquoi on l’utilise ?

C’est, de loin, le textile le plus utilisé dans le monde, avec 60 millions de tonnes produites en 2021. Le polyester est surtout apprécié pour sa solidité et son faible coût. Peu froissant, il sèche vite et isole bien du froid. Il est aussi polyvalent et peut servir à imiter certains tissus naturels fluides. Il est en revanche très peu absorbant et accentue l’apparition de mauvaises odeurs et le développement des bactéries.

Quel impact environnemental ?

Le polyester est une matière synthétique produite à partir de pétrole. Pour l’obtenir, on fait fondre deux molécules jusqu’à obtention d’une pâte qui est ensuite étirée. On estime qu’il utilise 1 % de la production mondiale annuelle de pétrole. Très utilisé dans la fast fashion, il est souvent associé à des conditions de travail dégradées, des salaires très faibles et une exposition des travailleurs à des produits chimiques.

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Le coton : naturel mais polluant

Pourquoi on l’utilise ?

Issu de la culture du cotonnier, le coton est l’une des fibres les plus utilisées pour la production de vêtements. En 2021, il représentait un quart de la production mondiale, soit 24 millions de tonnes. Doux, respirant, facile à repasser, il est apprécié pour sa polyvalence : tee-shirts, chemises, robes, draps... En revanche, il absorbe beaucoup l’humidité et sèche lentement.

Quel impact environnemental ?

Le coton étant naturel, il est biodégradable. C’est surtout sa production qui est émettrice de polluants. Sa culture, pour commencer, qui nécessite une quantité importante d’engrais chimiques, de pesticides et autres produits phytosanitaires. Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), il représente à lui seul 16 % des émissions mondiales de pesticides.

Il est aussi très gourmand en eau, puisqu’il faut 58 m3 d'eau pour produire 1 kg de coton. La transformation des fibres de coton nécessite ensuite plusieurs étapes (flambage, mercerisage, blanchiment, débouillissage) consommatrices d’énergie, d’eau et de produits chimiques.

Du côté du respect des droits humains, des questions se posent également. La culture du coton se fait principalement en Inde et en Chine, où plusieurs organisations ont documenté le travail forcé des populations ouïghoures.

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La viscose : un matériau « biosourcé »

Pourquoi on l’utilise ?

Souvent promue comme alternative naturelle au polyester, la viscose est appréciée pour son faible coût de production et, là encore, sa grande polyvalence. Fluide au toucher, douce, peu froissante et absorbante, elle est utilisée pour la production de pantalons, robes, tee-shirts ou encore chemises.

Le tissu est assez résistant et fixe bien les couleurs, et se délave donc moins que les fibres naturelles. En revanche, la viscose n’absorbe pas l’humidité et ne retient pas la chaleur : elle n’est donc pas adaptée aux situations où l’on transpire beaucoup ni celles où l’on veut rester au chaud.

Quel impact environnemental ?

Biosourcée, la viscose n’en est pas moins une fibre artificielle, puisqu’elle est produite à partir de la transformation chimique de la cellulose, l’un des composants du bois. On estime que 99 millions de tonnes de pâte de bois sont utilisées chaque année dans le monde pour la produire.

La transformation de cette cellulose en matière textile nécessite d’utiliser des produits chimiques volatils et très toxiques, parmi lesquels le disulfure de carbone, la soude caustique, l’acide sulfurique ou encore le chlore. Ceux-ci sont nocifs pour la santé des travailleurs. Enfin, la production de viscose est, elle aussi, très gourmande en eau et participe à la déforestation.

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Peser le pour et le contre

On le voit, il n’y a pas de matière idéale : toutes ont un impact sur l’environnement. C’est pourquoi il est important de limiter les achats et de conserver longtemps les pièces achetées. Le choix doit donc se faire en fonction de l’usage du vêtement, de sa qualité… et bien sûr de son prix. Mieux vaut investir dans un pull chaud un peu plus cher, mais qui ne bouloche pas, ou un tee-shirt solide, plutôt que d’en racheter régulièrement à cause de leur usure. Ce choix s’avère, au final, plus rentable.

Une industrie très polluante

L’industrie de la mode est une source majeure de pollution environnementale. Selon l’Agence de la transition écologique (Ademe), vêtements et chaussures représentent 8 % des émissions mondiales annuelles de CO2. Un bilan très lourd auquel il faut ajouter la forte consommation d’eau pour produire les tissus, la pollution des sols, des eaux et de l’air, et un impact important sur la santé des travailleurs.

Le transport est longtemps resté un acteur marginal de ce bilan carbone – ne représentant que 3 % des émissions de l’industrie de la mode. La donne commence à changer. En cause : un recours croissant à l’avion, pour répondre aux exigences de rapidité de la fast fashion et des clients. Or, un transport aérien multiplie par 14 les émissions par rapport à un acheminement par bateau.

Audrey Vaugrente

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