par Arnaud Murati
Réparation autoToujours trop de garagistes en infraction
La Répression des fraudes (DGCCRF) a effectué une vaste campagne de vérification des bonnes pratiques des professionnels de l’automobile en 2024. Sur 1 613 établissements contrôlés, 40 % présentaient au moins une anomalie, selon des données dévoilées en exclusivité à Que Choisir.
Sans être catastrophique, la dernière campagne menée en 2024 par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) auprès des garagistes ne s’est pas révélée brillante pour autant : « Quatre contrôles sur dix ont abouti à des mesures correctives ou répressives », rapporte-t-elle dans un communiqué.
Sont principalement mis en avant un manque d’information vis-à-vis du consommateur ainsi que des pratiques trompeuses ou déloyales, dans une moindre mesure. Au terme de sa campagne, la DGCCRF indique avoir délivré 497 injonctions de mise en conformité, 224 procès-verbaux administratifs ou pénaux et plus de 580 avertissements.
La précédente vague de vérification auprès des garagistes datait de 2022. Cette année-là, 30 % des professionnels de l’auto en avaient été quittes pour au moins une remarque de la part de la DGCCRF. Pour autant, les 40 % de remontrances adressées pour la campagne de 2024 ne doivent pas être interprétées comme une évidente dégradation de la probité des spécialistes de l’automobile : « Plus ce chiffre est élevé, plus il est la preuve que le ciblage a correctement été effectué », avance Florian Simonneau, le porte-parole de la DGCCRF.
Il faut en effet savoir que la DGCCRF prend désormais aussi en compte le site SignalConso, qui permet aux consommateurs de rapporter les éventuels abus dont ils seraient victimes. En ciblant les garages dont les noms ont déjà été soumis à leur vigilance, les limiers de la Répression des fraudes ne peuvent qu’obtenir de bons résultats…
Où sont les taux de main-d’œuvre ?
Parmi les diverses infractions mises en évidence, la DGCCRF note que certaines reviennent plus fréquemment que d’autres : « Il a par exemple été relevé l’absence récurrente d’affichage des tarifs pour des prestations qui sont pourtant systématiquement facturées au consommateur, telles que les frais de gardiennage, de diagnostic ou de main-d’œuvre », note l’organisme.
Plus grave, des cas de pièces censément montées et facturées, alors que ce n’était pas le cas, ont aussi été constatés par la Répression des fraudes. Néanmoins, la majeure partie des remarques concernent de simples avertissements. Dans ce cadre, les enquêteurs disent plutôt adopter une posture d’accompagnement plus que de sanction.
C’est essentiellement vrai, par exemple, pour ce qui concerne les pièces de réemploi (les pièces d’occasion). La réglementation qui impose leur proposition dans le cadre de toute réparation sur un véhicule qui n’est plus garanti est en effet relativement récente, puisqu’elle remonte à 2019. La DGCCRF tient toutefois particulièrement à ce qu’elle soit appliquée : « Pour nous, cette proposition est importante puisqu’elle permet de préserver le pouvoir d’achat des automobilistes », souligne Florian Simonneau.
Trop souvent encore, les garagistes ont tendance à passer sous silence la possibilité de réparer avec des pièces d’occasion, ou alors mettent en avant les contraintes des éléments de seconde main plus que leurs avantages.
Les pratiques de défapage repérées sur les réseaux sociaux
La DGCCRF a enfin voulu adresser un message clair aux professionnels de l’auto qui se rendent coupables de « défapage ». Cette action qui consiste à retirer le filtre à particules sur les diesels modernes est rigoureusement interdite. Si le véhicule continue de fonctionner après le défapage, son taux de pollution s’envole puisque les suies ne sont plus brûlées mais directement relâchées par l’échappement.
Afin d’atteindre ces professionnels indélicats, la Répression des fraudes s’est tout simplement servie… des réseaux sociaux. « Nous avons aussi un contrôle des influenceurs qui donnent des conseils de diverses manières », précise encore Florian Simonneau. Selon ses services, « des injonctions de mise en conformité ou des procès-verbaux administratifs ou pénaux ont été adressés pour ces différents manquements ».
D’après la Répression des fraudes, « en 2025, la plateforme SignalConso a reçu plus de 10 000 signalements concernant l’entretien et la réparation automobile ». Soit environ 2 % des signalements, selon Florian Simonneau, ce qui en fait l’un des secteurs dont les consommateurs se plaindraient le plus. La DGCCRF enjoint donc les automobilistes à toujours demander un devis puis un ordre de réparation dans le cadre d’une réparation sur une voiture.
Arnaud Murati