par Marie-Amandine Stévenin
par Marie-Amandine Stévenin
Le Gouvernement vient de publier le décret qui relève le plafond annuel des franchises médicales et des participations forfaitaires. A compter du 1er octobre, chacun de ces deux plafonds passe de 50 à 70 euros, portant le reste à charge potentiel à 140 euros par an pour les assurés concernés. Une hausse de 40 % qui vient s’ajouter à la baisse annoncée, dès janvier 2027, du remboursement des soins dentaires.
Je m’inquiète profondément de cette décision. Car derrière une mesure qui s’apparente à un simple ajustement budgétaire une logique s’installe : faire payer toujours davantage celles et ceux qui ont le plus besoin de se soigner.
Le Gouvernement avait envisagé dans un premier temps une hausse bien plus brutale, avec un plafond à 200 euros que nous avions immédiatement dénoncé. À 70 euros, il peut se targuer d’avoir entendu les critiques. Mais ne nous y trompons pas, cette augmentation fragiliserait fortement les plus vulnérables.
Déjà tentée l’an dernier dans le PLFSS, cette mesure avait été abandonnée face à l’opposition des députés. Cette fois, le Gouvernement a choisi de passer par décret, sans véritable débat parlementaire. Si le plafond de 200 euros, un temps envisagé, a finalement été écarté, la logique reste la même. Faire davantage peser le coût des soins sur les assurés. C’est cette logique que nous continuerons de combattre. C’est un mirage de faire croire aux usagers que les franchises médicales permettront de sauver le système de santé.
Or, derrière ces chiffres, il y a des personnes. Et plus vous êtes malade, plus vous avez besoin de soins. Plus vous avez besoin de soins, plus vous êtes susceptible de payer.
Je le rappelle, nul ne choisit d’avoir besoin d’un traitement. Présenter cette hausse comme une manière de « responsabiliser » les patients, c'est travestir une mesure qui revient, très concrètement, à faire payer plus cher celles et ceux déjà fragilisés par la maladie. D’autres leviers existent pourtant pour maîtriser les dépenses de santé sans faire davantage peser leur financement sur les patients.
La santé n’est pas une dépense individuelle ordinaire, que l’on pourrait ajuster comme une autre. Notre système de santé doit continuer de reposer sur la solidarité, et non sur la multiplication de participations individuelles qui pèsent d’autant plus lourd sur les assurés affectés par une maladie ou une pathologie de longue durée.
C’est cette exigence que nous portons à Que Choisir Ensemble : mettre la solidarité au cœur de notre système de santé et garantir à chacun l’accès aux soins dont il a besoin. Nous refusons que, année après année, se soigner devienne un luxe.
Marie-Amandine Stévenin
Présidente de Que Choisir Ensemble
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