Circuits courts Où acheter local ?

Circuits courts

Où acheter local ?

Publié le : 08/06/2020 

Qualité, durabilité, proximité… Sur le papier, s’approvisionner en circuits courts est une panacée. Et dans la réalité ? Tour d’horizon et conseils pour s’y retrouver.

 

Lassés des mensonges de l’industrie agroalimentaire et du marketing agressif de la grande distribution, les consommateurs sont de plus en plus nombreux à être en recherche d’authenticité, de traçabilité et de qualité pour les produits alimentaires qu’ils achètent. Une quête qui a donné naissance, depuis une quinzaine d’années, à une multitude de circuits courts : système de paniers, cueillette à la ferme, magasins de producteurs, Amap, plateformes sur Internet… Sans oublier les traditionnels marchés de plein vent qui ont toujours les faveurs d’un large public. Tous revendiquent une façon de renouer avec des fondamentaux du bien manger perdus depuis longtemps : saisonnalité, proximité et lien social. Et la possibilité pour les producteurs de mieux valoriser leur production. Mais derrière ce paradigme séduisant, les garanties sont-elles toujours au rendez-vous ? Qualité rime-t-elle avec proximité ? Enfin, des petits malins ne sont-ils pas en train de détourner le concept à leur profit ?

 

Au marché

Historiquement, les foires et marchés de plein vent sont les premiers lieux où les paysans venaient vendre leur récolte. Ce qui est toujours le cas, sauf que sur la majorité de ces marchés de détail, ils ne sont plus qu’une poignée de vrais producteurs. Aujourd’hui, la plupart des stands sont tenus par des commerçants itinérants qui achètent leurs marchandises dans les réseaux de vente en gros. « Bien que le code rural oblige les municipalités à réserver au moins 10 % des emplacements aux producteurs, cette réglementation n’est pas toujours respectée », regrette Yuna Chilloneau, directrice de recherche à l’Institut national de recherche agronomique (Inra).

Difficile pour les consommateurs de s’y retrouver, d’autant que les paysans eux-mêmes pratiquent parfois la revente d’autres produits que les leurs pour compléter leur offre. Afin de clarifier la situation, l’Inra a récemment créé un système d’étiquetage, baptisé « Ici.C.Local » (lire l’encadré ci-dessous), permettant de faire la différence avec les produits issus de filières longues. Une démarche lancée sur le marché de Grabels, près de Montpellier (34), qui commence à faire tache d’huile dans l’Hexagone.

Notre avis

Face au rouleau compresseur de la grande distribution, les marchés de plein vent font de la résistance. Et c’est tant mieux, car ce sont toujours des fêtes pour les yeux et des lieux de convivialité. Le bémol, c’est que le pire y voisine souvent avec le meilleur. N’hésitez pas à vous renseigner et à poser des questions sur l’origine des produits.

Les Marchés des producteurs de pays

Marchés des producteurs de pays

Réguliers ou saisonniers, les Marchés des producteurs de pays regroupent exclusivement les producteurs fermiers et artisans de la région. Encadrés par les chambres d’agriculture, ces exposants doivent respecter une charte de bonnes pratiques garantissant notamment des produits locaux, de saison et une transparence sur les modes agricoles. Le logo (ci-dessus) les distingue des marchés de plein vent classiques. Informations et calendrier sur le site www.marches-producteurs.com.

Un étiquetage transparent

Ici c local

Né en 2008, le marché de Grabels, au nord de Montpellier, propose principalement des produits issus de circuits courts, vendus en direct par des producteurs ou par des intermédiaires s’approvisionnant surtout auprès de producteurs. Tous les exposants ont adopté le système d’étiquetage Ici.C.Local, créé par l’Inra. Ils engagent donc à indiquer clairement, sur leur étal ou via des ardoises de couleurs, l’origine de ce qu’ils vendent.

Les étiquettes vertes signalent des produits locaux (issus d’exploitations situées à moins de 150 km de Grabels) et durables (interdiction de techniques industrielles telles que les serres chauffées, élevage en batterie, OGM dans l’alimentation animale…).

Les étiquettes orange signent la commercialisation de produits achetés en direct à un autre producteur, dans la région ou dans un département limitrophe, dont on se porte garant.

Les étiquettes violettes désignent des produits achetés hors circuits courts, sur lesquels on ne peut ajouter de garantie supplémentaire à l’étiquetage classique. Un comité local associant producteurs, commerçants, artisans, associations et représentants des collectivités territoriales gère la démarche et veille au respect de l’étiquetage, en complément des contrôles aléatoires assurés par l’Inra, dépositaire de la marque Ici.C.Local.

 

À la ferme

Beaucoup d’agriculteurs proposent la vente à la ferme. Outre le bouche-à-oreille, vous pouvez trouver des adresses par le réseau Bienvenue à la ferme. Créé par les Chambres d’agricultures, il regroupe aujourd’hui près de 9 000 producteurs, professionnels de la vente directe et de l’accueil à la ferme. Si vous manquez de temps pour vous déplacer, le réseau propose aussi des drives fermiers. Les commandes sont préparées en amont et peuvent être récupérées en voiture en un lieu donné. Tous les renseignements et adresses sont sur www.bienvenue-a-la-ferme.com et www.drive-fermier.fr.

Notre avis

Au-delà de l’achat en direct de produits fermiers, la visite d’une exploitation agricole est toujours enrichissante. C’est l’occasion de tisser des liens et de constater de visu la façon dont sont cultivés les fruits et les légumes ou le mode d’élevage des animaux. Mais tout le monde n’a pas forcément une ferme à proximité de chez soi, et l’offre de produits est limitée.

 

Dans une Amap

Les Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap) sont apparues en France en 2001. Leur concept s’inspire des community-supported agriculture d’Amérique du Nord et des teikei créées par des consommatrices japonaises, dans les années 1960, à la suite de la contamination au mercure des poissons par des effluents industriels dans la région de Minamata. L’objectif est de garantir l’accès à des produits sains, respectueux de la biodiversité et du rythme de la nature, grâce à un système d’échange direct et solidaire entre consommateurs et producteurs.

Les premiers s’engagent à l’avance et par contrat à acheter la production sur une saison donnée (printemps/été ou automne/hiver). Le prix du panier permet au paysan de couvrir ses frais et de dégager un revenu décent, tout en étant abordable pour le consommateur. Certains adhérents participent bénévolement à la vie de l’Amap (par exemple, gestion des adhésions, participation aux distributions). En contrepartie, les agriculteurs partenaires doivent fonctionner dans le respect des principes d’une agriculture paysanne (ferme à taille humaine, pratiques écologiques…). Connues surtout pour les fruits et légumes, les Amap distribuent également des œufs, des produits laitiers et de la viande. En 2015, on en comptait plus de 2 000 en France.

Notre avis

Cette formule repose sur une implication très forte des producteurs comme du groupe de consommateurs adhérents. Acte militant autant que circuit de distribution, elle procure une sécurité appréciable aux premiers. En revanche, le fait que le contenu du panier soit imposé et pas toujours très varié risque de lasser les adhérents les moins motivés. Explications détaillées et adresses sur www.reseau-amap.org.

Cueillette en libre-service

C’est bien connu, le coût de la main-d’oeuvre est le talon d’Achille de la production agricole. D’où l’idée de laisser les consommateurs cueillir eux-mêmes fleurs, fruits et légumes directement à la ferme. Au-delà de l’argument économique, c’est aussi un plaisir à partager en famille ou entre copains… à condition qu’il ne s’agisse pas d’un vulgaire outil marketing pour écouler à bon compte une production intensive pas toujours respectueuse de l’environnement. Pas sûr non plus que les cueilleurs du dimanche soient à même de faire les bons choix dans les rangs et de respecter les cultures… À noter : le réseau Chapeau de paille regroupe 35 cueillettes sur le territoire (www.chapeaudepaille.fr).

 

Dans une Ruche qui dit oui

Lancée en 2011, La Ruche qui dit oui est une plateforme nationale de commandes sur Internet de produits issus d’exploitations situées dans un rayon maximum de 250 km (en principe) autour de chaque point de livraison, qui est appelé « Ruche ». Le fondateur d’une Ruche – souvent un autoentrepreneur – est chargé de recruter des producteurs et, parallèlement, de fédérer un groupe de consommateurs. Une fois qu’il a réuni une communauté conséquente, il met en ligne une sélection de produits chaque semaine. Légumes, fruits, viande, poisson, herbes, pain, bière, fromage… Tous ne sont pas forcément bio, mais l’objectif des fondateurs est d’encourager la transition écologique. Chaque Ruche a son propre catalogue. Ses membres font leurs commandes et viennent les récupérer le jour de la distribution, toujours au même endroit (un café, une gare SNCF, un centre culturel…). Les producteurs fixent librement les prix de leurs produits, sur lesquels ils doivent reverser des « frais de service » correspondant à 20 % du montant hors taxe : le responsable de Ruche en touche 8,35 %, pour l’organisation et l’animation, et la plateforme, les 11,65 % restants pour le site, le support technique et commercial.

Ruche qui dit oui La Boc
Cette Ruche est installée à La Boc, une brasserie de Perpignan.

Notre avis

La Ruche qui dit oui fait l’objet de polémiques récurrentes. Pour les uns, c’est une solution innovante, favorisant l’échange local. Pour les autres, c’est un peu la version « Canada dry » des Amap. Souvenez-vous : ça a la couleur de l’alcool, ça a le goût de l’alcool, mais ce n’est pas de l’alcool… À chacun de se faire son opinion, toujours est-il que ce système a l’avantage d’être vraiment peu contraignant pour les clients. Pour autant, avec deux intermédiaires (le responsable de la Ruche locale et la structure centrale, qui s’octroient 20 % du chiffre d’affaires du producteur) et un rayon d’action de 250 km autour des Ruches, ce circuit n'apparaît ni vraiment court, ni vraiment local.

Bon à savoir

Pour financer son projet, la société mère de La Ruche qui dit oui, Equanum SAS, a bénéficié de l’aide du fonds d’investissement de Xavier Niel (Kima Ventures) et de Marc Simoncini (Meetic), complétée en 2015 par une levée de fonds de 8,5 millions d’euros d’investisseurs internationaux. Bien qu’elle se donne l’image d’un réseau social et solidaire, son statut est donc celui d’une société de capitaux. Et ça marche. Aujourd’hui, la start-up a essaimé en Europe pour atteindre plus de 1 500 Ruches, dont 900 en France.

 

Dans un point de vente de producteurs

Vendre leurs produits en direct est très chronophage pour les agriculteurs, dont l’emploi du temps est déjà bien chargé. Pour pallier ce problème, de plus en plus de producteurs se regroupent, afin de commercialiser le fruit de leur travail dans un point de vente collectif, dont ils assurent à tour de rôle la permanence. Considérés comme le prolongement de leurs activités agricoles, ces magasins sont autogérés par les adhérents et garantissent une véritable traçabilité des aliments proposés.

Afin de diversifier leur assortiment, les agriculteurs peuvent compléter leurs productions par de l’achat-revente à hauteur de 30 % de leur chiffre d’affaires. Il y aurait aujourd’hui plus de 400 magasins de producteurs en France, des petites villes aux grandes métropoles, pouvant regrouper jusqu’à 80 partenaires. Vous les trouverez sur www.magasin-de-producteurs.fr.

Notre avis

Ces points de vente constituent une solution très appréciée des consommateurs comme des producteurs, qui trouvent ici la possibilité d’établir un dialogue, de parler de leurs produits et de la façon de les préparer. Les services rendus (horaires, étendue de l’offre, disponibilité des producteurs, mode de culture, etc.) varient cependant énormément d’un endroit à l’autre. Attention aussi à ne pas confondre les magasins de producteurs authentiques avec les boutiques (bio ou pas) revendiquant un approvisionnement exclusif en circuit court.

Deux modèles de magasins

À la pointe sud de la Bretagne, Le Jardin potager de Loctudy (29), de Béatrice Le Douce, vend en priorité la production de l’exploitation maraîchère bio de son mari : tomates anciennes, fraises et légumes garnissent les étals bien étiquetés. Elle a choisi pour son magasin la formule d’une société anonyme simplifiée (SAS), afin de développer une véritable épicerie bio pouvant répondre à tous les besoins de sa clientèle et assurer la viabilité de son entreprise. Un large panel de produits complète donc l’offre de base : vins, charcuterie, fromages, légumes secs et produits ménagers, tous locaux ou issus de circuits bio traditionnels.

Au coeur du Cotentin (50), La Ferme coutançaise est un authentique magasin de producteurs. Ouvert depuis quelques années, d’abord confidentiel et fréquenté par les militants verts de Coutances et de sa région, il a vu son activité croître au point qu’il lui a fallu déménager dans une boutique bien en vue, sur la route… du centre E.Leclerc ! Le choix de produits proposés et la régularité des approvisionnements permettent aujourd’hui d’y faire un marché complet. Une réussite liée à la diversité et au dynamisme du réseau d’agriculteurs locaux engagés dans la démarche bio.

Les boutiques paysannes, du « 100 % fermier » certifié

Boutiques paysannes

Face à l’exploitation marketing du terroir, le réseau des Boutiques paysannes en Occitanie joue la carte de l’authenticité. Dans ces magasins repérables au coquelicot rouge qui leur sert de logo, les clients sont assurés de trouver exclusivement des produits issus des champs et des exploitations adhérentes. La pratique de l’achat-revente est totalement interdite ici, et les producteurs sont présents pour vendre directement leurs produits. Le respect de cette charte est vérifié tous les ans par le groupe Bureau Veritas. Les 40 points de vente certifiés à l’heure actuelle proviennent de deux réseaux ayant uni leurs forces : Boutiques paysannes en Occitanie, qui a apporté sa marque, et Terres d’envies, situé majoritairement en Auvergne Rhône-Alpes. Plus d’informations sur www.terredenvies.fr et www.facebook.com/boutiquespaysannesOccitanie.

Dans un Jardin de Cocagne

Issus d’un modèle suisse, les Jardins de Cocagne ont pour objectif l’accompagnement de personnes en situation précaire sur une période de deux ans. À travers la production de légumes biologiques, distribués sous forme de paniers hebdomadaires à des adhérents consommateurs, ces structures d’insertion favorisent le retour à l’emploi, mais d’autres activités viennent, selon les opportunités locales, se greffer sur celle de la vente de paniers : animation d’un jardin pédagogique, éducation à l’environnement, création de conserveries, plateformes logistiques, traiteur, etc. Aujourd’hui, le réseau Cocagne compte 110 structures d’insertion. Informations sur www.reseaucocagne.asso.fr.

Jardin de Cocagne
En France, 110 Jardins de Cocagne œuvrent à l’insertion par la production et la vente de paniers bio.

Notre avis

Les Jardins de Cocagne sont de véritables exploitations maraîchères biologiques, mais leur vocation première est l’insertion par l’économie de personnes en difficulté.

 

Dans une épicerie collaborative

Inspiré de la Park Slop Food Coop, un magasin coopératif new-yorkais, une version française, La Louve, a ouvert ses portes en 2017 dans le 18arrondissement de Paris. Pour obtenir le droit d’y faire ses courses, il faut être membre de la coopérative et consacrer quelques heures par mois au fonctionnement du magasin (réception des marchandises, choix des fournisseurs, mise en rayon, nettoyage, coup de balai, etc.).

En contrepartie, les coopérateurs peuvent s’y procurer des produits en majorité biologiques et locaux à petit prix, grâce aux économies réalisées sur les coûts de personnel (même si huit employés sont salariés à temps plein) mais aussi au recours minimal aux intermédiaires. Un modèle qui fait des émules un peu partout en France : Diony Coop à Saint-Denis, La Chouette Coop à Toulouse, La Cagette à Montpellier, L’Éléfàn à Grenoble ou encore SuperQuinquin à Lille.

Dans le même esprit, mais avec l’objectif de toucher un public précaire, les épiceries solidaires se multiplient dans les quartiers défavorisés et en milieu rural. Elles donnent aux consommateurs moins favorisés les moyens de se procurer des produits variés et de bonne qualité moyennant une faible contribution financière. Outre la partie alimentaire, ces structures se veulent aussi des lieux de sociabilité et d’échanges. Les groupements d’achats, lancés par des consommateurs, des associations ou des collectivités locales participent de la même philosophie (lire l’encadré ci-dessous). Retrouvez le réseau des épiceries solidaires sur www.andes-france.com.

Notre avis

Il est aujourd'hui possible de manger mieux mais aussi moins cher sans passer par la grande distribution. À condition de s’organiser collectivement et de reconnecter les consommateurs aux producteurs, comme le proposent les magasins coopératifs.

Vers un réseau d'achat en commun (vrac)

Depuis fin 2014 il est possible, dans les quartiers populaires de Lyon, d’acheter des produits bio à des prix défiant toute concurrence. Une gageure relevée par Vrac, association créée et coordonnée par Boris Tavernier, en partenariat avec le bailleur social Est Métropole Habitat et la Fondation Abbé Pierre. « Nous sommes partis d’un constat simple : quand on n’a pas d’argent, on n’a pas le choix. On va vers le moins cher au détriment de la qualité et de la santé. L’objectif de Vrac est de lutter contre ces inégalités », explique le fondateur. Comment ? En achetant des produits en grande quantité et en vrac, sans emballages ni marketing, il divise les tarifs par deux. Restait à convaincre les personnes concernées. « Notre argument principal était le goût. On a organisé des dégustations », raconte-t-il. Peu à peu, la machine s’est mise en route. L’association compte à présent 1 200 adhérents. Une fois par mois, un centre social de Vaulx-en-Velin se transforme en épicerie éphémère où l’on se retrouve pour récupérer ce que l’on a commandé quinze jours plus tôt : aliments frais, épicerie (miel, jus de fruits, compotes, cafés, thés…), mais aussi produits d’entretien, d’hygiène et de soin. Réception des marchandises, reconditionnement… chacun participe. Le bémol : certains produits restent encore trop chers pour ceux qui ont besoin de l’aide alimentaire. La viabilité des systèmes d’économie solidaire dépend donc de l’appui financier d’associations caritatives et des bailleurs sociaux. Mais ça marche : Vrac a développé son modèle dans quatre quartiers de Strasbourg, mais aussi à Bordeaux, Toulouse et Paris. Un réseau est en création à Lille (www.reseauvrac.org).

Sur Internet

La toile est devenue le passage obligé pour toutes les initiatives de ventes locales. Pour les acteurs de ces nouveaux modes de distribution, c’est une vitrine incontournable pour se faire connaître et être vu, mais c’est aussi un excellent moyen, pour le public, de découvrir les initiatives qui se développent, parfois à proximité immédiate. En tapant sur son moteur de recherche favori des mots-clés tels que « alimentation locale », « agriculture locale » ou « paniers bio », on obtient une multitude de propositions : offre généraliste ou spécialisées (poisson, viande, etc.), diffusion sur zone ou sur tout le territoire, livraison à domicile ou à un point relais, etc.

Le web a donné une impulsion formidable aux circuits courts en leur permettant de sortir du cercle restreint des militants et de toucher un public très large. Mais il comporte sa part d’ombre : la toile a attiré un monde d’opportunistes et de start-up qui ne voient dans ces réseaux qu’un moyen rapide de faire du profit, parfois sur le dos des consommateurs trop naïfs, comme ces marchands de faux produits locaux qui sévissent dans les zones touristiques.

Les instigateurs de ces sites, rompus à toutes les technologies, excellent à les mettre en avant. Une recherche trop généraliste entraîne des milliers de réponses parmi lesquelles les sites institutionnels et les plateformes marchandes apparaissent toujours en premier (la grande distribution, les réseaux spécialisés, les places de marché, etc.), au détriment des petits producteurs locaux et des associations qui n’ont pas les moyens de se faire référencer.

Pour éviter ces pièges et leur lot de désillusions, la bonne solution consiste à se concentrer sur les réseaux ayant pignon sur rue (Amap, Bienvenue à la ferme, La Ruche qui dit oui, etc.). Mais aussi à privilégier les producteurs de proximité, chez qui l’on peut se rendre au moins une fois pour constater de visu leur engagement dans une agriculture responsable et la conformité de leurs pratiques avec les professions de foi affichées sur la Toile.

Abonnement, livraison : il y en a pour tous les goûts

De nombreuses plateformes proposent des formules d’abonnement sous la forme de paniers (bio ou non) expédiés à intervalles réguliers. Pour la livraison, tous les tarifs sont au rendez-vous. La gratuité totale est souvent liée à un montant minimal d’achat (90 euros/producteur pour le site Okadran, spécialisé dans la viande). Pour d’autres, elle est liée à un forfait ou à une zone géographique : ainsi chez Poiscaille, site de produits de la mer, la livraison en point relais est gratuite à Paris dès le premier panier, mais il faudra en commander quatre dans le reste de la France pour obtenir les mêmes conditions avantageuses…

Les commandes d’un petit montant sont toujours à éviter sur Internet. La Ruche qui dit oui « à la maison » fixe un panier minimum de 30 euros avec des forfaits livraison (à partir de 3,90 euros) qui varient selon la taille du panier et la zone.

Notre avis

On n’a pas toujours le choix du contenu de l’e-panier. Difficile, alors, d’évaluer la valeur réelle de la marchandise reçue et son adéquation avec vos besoins. Avant de vous lancer, il est prudent de tester la formule, celle-ci pouvant se révéler lassante à la longue.

Internet en pratique

Faire son marché en local et en bio sur le Web peut paraître séduisant. Mais gardons à l’esprit que rien ne remplace le contact direct avec la marchandise… Gare aux désillusions liées à la qualité, à l’état de fraîcheur ou à la manutention durant le transport, d’autant que les recours seront difficiles, voire impossibles. Attention, également, aux colis perdus, aux erreurs d’adresse et aux délais non respectés, surtout avec des denrées périssables.

Florence Humbert