Ouverture des marchés du gaz et de l'électricité

Le gouvernement va-t-il lancer les consommateurs dans le mur ?

Publié le : 07/09/2006 

L'UFC-Que Choisir appelle tous les parlementaires, qu'ils soient pour ou contre la fusion de GDF avec SUEZ, à amender le projet de loi pour permettre aux consommateurs qui auraient quitté le tarif régulé du gaz ou de l'électricité de pouvoir y revenir, notamment en cas de dérives des prix sur les marchés dérégulés.

Le consommateur qui va souscrire à une nouvelle offre en apparence alléchante d'EDF ou de GDF va-t-il se rendre vraiment compte qu'il bascule définitivement sur des marchés dérégulés, non concurrentiels et donc fortement inflationnistes ?

En l'absence de modification du texte, indépendamment de l'issue donnée au projet de fusion, et dès le 1er juillet 2007, le gouvernement va lancer dans le mur des milliers, des centaines de milliers de consommateurs, car les marchés du gaz et de l'électricité dans lesquels se retrouveront enfermés ces consommateurs ne peuvent pas être concurrentiels à court et moyen terme. La libéralisation s'effectue dans le cadre d'un postulat qui aujourd'hui est faux : celui d'un marché où la concurrence peut jouer.

Si l'écart entre le prix régulé et le prix dérégulé est de 66 % comme c'est le cas pour les entreprises aujourd'hui, la facture moyenne du consommateur qui éclaire et chauffe sa maison individuelle à l'électricité passera de 1400 à 2324 euros par an (soit 924 euros de plus).

Comment admettre qu'après des décennies de péréquation tarifaire (nous payons tous le même prix du KWh), deux consommateurs voisins, l'un abonné à EDF au tarif régulé et l'autre à EDF à un tarif dérégulé, payent le même service avec un écart de prix de 66% ?

Comment imaginer que le gouvernement et les parlementaires ne tirent pas les leçons de l'expérience des PME et ne prévoient pas une possibilité de retour au tarif régulé tant que ces marchés ne seront pas réellement concurrentiels et stabilisés ?

Si d'aventure le projet de texte devait rester en l'état, le gouvernement prendrait le risque de soumettre les ménages qui auront cru à tort aux vertus de la concurrence à une inflation intolérable de ces énergies indispensables, et au final de faire échouer sa propre réforme.