par Élisa Oudin
par Élisa Oudin
Les assureurs ont tendance à substituer aux anciens contrats d’assurance vie en euros, totalement sécurisés, de nouveaux supports qui ne proposent plus le même niveau de garantie… et ce, souvent sans communiquer clairement sur cette différence.
La traditionnelle assurance vie en euros, dont le capital est garanti à 100 %, survivra-t-elle aux tentatives de sabordage des assureurs ? Pas si sûr ! Insensiblement, ce support, grâce auquel vous récupérez le cumul de vos versements et dont les intérêts sont définitivement acquis, disparaît de plus en plus de leur univers commercial.
Quelques compagnies ou banques, à l’instar de la Société générale, indiquent d’emblée, sur leur site Internet, que le contrat d’assurance vie « présente un risque de perte en capital ». Mais, généralement, leur technique pour évincer ce placement un peu trop favorable aux épargnants s’avère plus ambiguë.
Les assureurs ne vous disent pas explicitement que votre argent n’est plus intégralement sécurisé. D’ailleurs, le contrat proposé porte souvent la même appellation : « assurance vie en euros » ou « assurance vie en fonds euros ». Pourtant, alors que le souscripteur était certain, hier, de retrouver les montants investis quoi qu’il arrive, c’est aujourd’hui de moins en moins vrai.
Les compagnies ont désormais largement tendance à glisser automatiquement des unités de compte (UC) dans l’assurance vie en euros. Y compris les mutualistes (Macif, Maif, MIF, Matmut, SMABTP…), qui ont pourtant longtemps privilégié les fonds 100 % euros. La plupart continuent cependant à mieux informer sur ce changement, à l’instar de la Matmut, qui présente clairement la différence entre le 100 % euros et les contrats intégrant des UC. Ces dernières sont des investissements en actions, qui fluctuent à la hausse comme à la baisse en fonction de l’évolution des marchés financiers (lire l’encadré).

Nombre de contrats se revendiquent ainsi toujours comme des assurances vie en fonds euros, alors que vous pouvez voir une partie des sommes placées dessus s’évaporer. « En 2025, sur l ’ensemble des fonds euros des contrats d ’Allianz Vie, les taux de participation aux b én éfices restent globalement stables. [Celui] des contrats Allianz Vie Fid élit é et Allianz Capitalisation Fid élit é a servi un taux compris entre 2,08 et 4,39 % … » , lit-on, par exemple, sur la présentation du groupe allemand Allianz. Néanmoins, impossible de savoir si les montants investis sur ces contrats sont garantis à 100 % ou non.
Il y a, en réalité, de nombreuses années que les assureurs rêvent d’enterrer le véritable contrat en euros. Pourquoi ? Tout simplement parce que la garantie en capital leur coûte cher. Ils doivent notamment provisionner des sommes substantielles afin de contrer un éventuel risque d’insolvabilité, dans le cas où tous les clients viendraient réclamer leurs sous en même temps. Axa, Generali, Groupama et consorts seraient ainsi bien heureux de leur transférer ce risque via les unités de compte.
Autre point, la gestion des UC permet aux compagnies d’assurances de prélever de juteux frais aux souscripteurs, qui s’avèrent plus ou moins bien informés sur leurs montants. Selon un expert, ces commissions oscillent entre 1,5 et 2,5 % par an, soit deux à trois fois plus que celles prélevées dans le cadre de l’assurance vie en euros. Un double bénéfice… pour les assureurs.
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Même si les unités de compte promettent des rendements plus élevés en contrepartie d’un risque plus important, elles peinent à séduire les Français, qui demeurent majoritairement attachés à la sécurité. D’où ce manque de transparence, assez peu loyal, pour « convaincre » les épargnants. Pourtant, quoi qu’en disent certains conseillers financiers, le contrat d’assurance vie dont le capital est totalement garanti existe encore. La vraie question est de savoir jusqu’à quand !
Il existe deux grands types de contrats d’assurance vie : ceux 100 % fonds euros (monosupports) et ceux avec des unités de compte (multisupports).
Le contrat avec des unités de compte : Il est investi tout ou partie dans des titres financiers (fonds actions, fonds dérivés, produits de taux, etc.). Si un titre chute sur les marchés boursiers, la valeur de son support, au sein du contrat d’assurance vie, diminue. Sur un placement multisupport, il est possible de mettre une part de son épargne en fonds euros et l’autre part en unités de compte. Seul le capital du fonds euros est complètement garanti.
Le contrat 100 % fonds euros : Il est investi uniquement dans des obligations (emprunts) d’État et de grandes entreprises. Le capital est garanti intégralement et à tout moment. C’est le seul contrat qui offre une réelle sécurité à votre épargne.
Élisa Oudin
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