Perturbateurs endocriniens Une stratégie nationale ambitieuse ?

Perturbateurs endocriniens

Une stratégie nationale ambitieuse ?

Publié le : 23/01/2019 

Bonne nouvelle ! Le gouvernement vient de publier son plan pour une stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens (PE) qui va dans le bon sens ! Après la polémique sur la définition bien timorée adoptée par les instances européennes des perturbateurs endocriniens, limitée aux produits phytosanitaires et biocides et excluant les PE "suspectés", la stratégie française est plus ambitieuse et entend généraliser à tous les domaines de la consommation une définition des perturbateurs endocriniens plus large et protectrice, incluant les PE « présumés » et « suspectés ».

 

L’agence de sécurité sanitaire française, l’ANSES, est quant à elle chargée de publier d’ici 2021, une liste officielle de perturbateurs endocriniens. Lourde charge… en espérant que l’Agence ne se contente pas de relire les seules études transmises par les fabricants eux-mêmes, avec le  biais majeur que cela inclut, comme on l’a vu récemment avec le Glyphosate.

De même, doit être créé un site d’information grand public sur les perturbateurs endocriniens et plus largement les produits chimiques permettant une plus grande transparence et meilleure information des populations. Ces outils devraient aider les ONG comme l’UFC-Que Choisir à jouer leur rôle d’alerte et d’alarme des populations pour influer sur l’action des industriels et les inciter à substituer les perturbateurs endocriniens qu’ils utilisent. Une avancée donc…  même si elle ne saurait remplacer un étiquetage sur les produits, complément  très efficace en termes  d’information des consommateurs que réclame l’UFC-Que Choisir…

Aussi, si je salue les grandes lignes de ce plan, je dois regretter qu’une des idées émises dans le cadre des Etats Généraux de l’Alimentation n’ait pas prospéré et que les recherches soient encore et toujours financées par les fonds publics… En effet, lors des EGA, l’idée avait été émise de créer un Fonds abondé par les professionnels en vue de permettre aux autorités de mener des recherches indépendantes….

De la même manière, il avait été proposé que les fabricants soient tenus de vérifier l’absence d’effet PE ou d’effet cocktail pour toutes les nouvelles molécules dont ils inondent chaque année le marché… Mais comme bon nombre d’autres idées, elles sont restées dans les placards des Ateliers.

Alors que cette stratégie nationale est soumise à consultation jusqu’au 8 février, nous n’allons pas manquer des suggérer des idées complémentaires… L’adage ne dit-il pas qu’une bonne nouvelle ne vient jamais seule ? 

 

Alain Bazot

Président de l'UFC - Que Choisir