par Grégory Caret
par Grégory Caret
Avec le début de la guerre en Iran, les prix à la pompe connaissent une brusque flambée digne de celles observées lors des premiers mois de la guerre en Ukraine. Vendredi 27 mars, le prix moyen à la pompe culminait à plus de 2,20 € le litre pour le diesel, en hausse de 50 centimes en quelques jours… L’envolée du cours du pétrole est-elle la principale explication à ces hausses ? Pas si simple. Explications.
Les cours du brut sont fixés par le marché en fonction des variations de l’offre et de la demande. En outre, les cours mondiaux peuvent occasionnellement fluctuer sous le coup de crises ponctuelles.
Depuis le 28 février 2026 et le début de la guerre en Iran, les cours pétroliers viennent de connaître une nouvelle poussée de fièvre, approchant puis dépassant la barre emblématique des 100 $ le baril.
Conséquence directe à la pompe : une hausse de 30 centimes par litre de carburant en quelques jours.

Avant de gagner votre réservoir, les produits pétroliers sont raffinés en divers produits finis (essence, gazole, fioul, kérosène, etc.). Or, en France, la demande en gazole reste supérieure à celle de l’essence ; les raffineurs nationaux exportent donc de l’essence et doivent importer du gazole. Ces produits raffinés finis sont alors l’objet de cotations sur le marché de Rotterdam. La marge de raffinage correspond au coût du raffinage et d’achat des produits raffinés.
Depuis le début du conflit, pour le diesel, les marges de raffinage ont atteint 26 centimes le 27 mars dernier, soit 11 centimes de plus que sur toute l’année 2025. Pour l’E10, ces marges de raffinage sont quasiment nulles, selon le dernier rapport de la Direction générale de l'énergie et du climat. Ceci s’explique par la hausse des capacités de raffinage depuis quelques jours, favorisant ainsi la baisse des produits raffinés sur les marchés intermédiaires.
Les marges d’acheminement, couvrant les coûts de transport, de stockage et de distribution viennent ensuite s’ajouter. Après avoir surfé sur les remous provoqués par le conflit en Iran, et culminé jusqu’à 18 centimes par litre le 6 mars dernier, les marges de transport et de distribution ont diminué depuis, pour atteindre 9 centimes par litre, soit un niveau inférieur à la situation d’avant-crise.
L’ensemble des marges, de raffinage et de distribution atteint actuellement 9 centimes par litre d’E10 et 37 centimes par litre de gazole.
Dernière étape, la fiscalité appliquée sur les carburants. Cette fiscalité se calcule de trois façons :
Les CEE, finançant la transition écologique, atteignent aujourd’hui 15 centimes par litre de carburant, contre 10 centimes en 2025, soit un surcoût pour cette année de 5 centimes par litre de gazole. Néanmoins, ce surcoût est indépendant de la crise au Moyen-Orient.
Depuis le lancement des hostilités, la hausse des recettes de TVA, en revanche, se traduit par un surcoût à la pompe de 5 centimes par litre d’E10 et de 8 centimes par litre de gazole.
Grégory Caret
Observatoire de la consommation
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