par Gabrielle Théry
par Gabrielle Théry
Nous avons testé 10 cocottes en fonte de fer ou d’aluminium. Notre test comporte 4 volets : facilité d'emploi, performances de cuisson, durabilité, sécurité dont la migration de métaux dans les aliments.

Les cocottes ont été soumises à 10 cycles de chocs thermiques. Après un passage de 30 min au four à 200 °C (ou à la température maximale autorisée pour le modèle), la cocotte et son couvercle sont plongés pendant 10 min dans de l’eau à 20 °C. Elle est ensuite séchée et laissée 20 min à température ambiante. Le technicien observe toute déformation visuelle, perte de matière, changement d’aspect, perte de poids, changement de « sonorité ».
Un marteau pendulaire réalise des chocs sur l’émail extérieur avec 7 niveaux de force :
Toute déformation ou tout changement d’aspect est noté.
Deux tests sont réalisés :
Tout changement d’aspect après lavage et séchage à chaque étape est noté.
2,5 litres d’eau à 20 °C sont mis à bouillir en réglant la plaque induction aux trois quarts de sa puissance. Le temps et l’énergie consommée sont relevés.
Puis on baisse la puissance de la plaque afin de maintenir l’ébullition ; une fois stabilisée, on mesure l’énergie consommée pendant 10 min.
On coupe l’énergie et on place la cocotte sur une planche de bois. On mesure le temps nécessaire pour que l’ensemble de la cocotte et des 2,5 litres d’eau passe sous 50 °C (4 thermocouples).
Afin d’évaluer la capacité à bien saisir la viande, un fond d’huile est chauffé jusqu’à 200 °C sans le couvercle puis 500 ml d’eau à 20 °C sont versés et le couvercle posé. On mesure le temps et l’énergie nécessaires pour que la température interne remonte à 100 °C.
Afin d’estimer l’intérêt des picots sur la face intérieure du couvercle, des ramequins vides ont été placés sur une grille au fond de la cuve sans toucher les bords. 1 litre d’eau a été mis à bouillir pendant 30 min avec le couvercle en place. Le couvercle a ensuite été retiré délicatement et la quantité d’eau recueillie dans les récipients a été mesurée. Plus la quantité récoltée est importante, meilleure est la note.
La notice fournie est passée en revue. Le confort des poignées, la facilité de nettoyage et de manipulation sont évalués.
Selon la norme NF A92-032, 5 aliments différents (1 g de Viandox, du lait et du sel, de l’acide citrique, des œufs, du ketchup) sont cuits séparément dans des petits anneaux collés au fond de la cuve (voir photo ci-dessous) pendant 30 min à 250 °C au four.
Les anneaux sont retirés et le plat est ensuite lavé avec le côté abrasif d’une éponge et de l’eau à 40 °C. Plus la force nécessaire pour retirer les résidus est importante et l’utilisation d’un détergent nécessaire, plus la note est mauvaise.
La sécurité thermique a été évaluée en fixant quatre sondes thermiques sur les points de prise :
2,5 litres d’eau sont portés à ébullition. Après 30 min (t0), la température des 4 sondes est mesurée, puis à t0 + 30 min et t0 + 1 h. À t0 + 30 min, la résistance à la chaleur est évaluée en portant la cocotte avec des maniques, le temps maximal avant douleur est mesuré.
En se basant sur la norme NF EN ISO 13732-1 (Méthodes d'évaluation de la réponse humaine au contact avec des surfaces), l’utilisation des poignées sans maniques est conditionnée par 4 critères :
La température maximale dans la zone de préhension pour un contact prolongé doit être inférieure à 65 °C et la température moyenne doit être inférieure à 60 °C pour être acceptable sans manique. Ces températures sont généralement dépassées au niveau des poignées avec les cocottes en fonte.
Trois protocoles ont été appliqués afin de couvrir les différents textes réglementaires applicables (européen et français) pour évaluer la capacité de migration de certains métaux. Pour cela, 4 modèles ont été achetés spécifiquement pour le test de chimie afin de garantir une utilisation sûre sans migration néfaste.
Des solutions acides au contact des cocottes pendant plusieurs heures ont été analysées afin de déterminer la quantité de métaux (plomb, cadmium, chrome, aluminium, cobalt, arsenic, nickel, baryum) ayant réussi à migrer. Les teneurs ont été déterminées par spectrométrie d’émission plasma à couplage inductif.
Plus la concentration en métaux est élevée, plus la note est affectée. De plus, nos analyses ont permis de révéler une non-conformité : le produit a été déclassé dans notre test.
Le labo a procédé à un relevé des caractéristiques : masse, dimensions, capacité maximale…

Gabrielle Théry
Rédactrice technique
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