Chute de cheveux Existe-t-il des traitements efficaces ?

Chute de cheveux

Existe-t-il des traitements efficaces ?

Bien que les rayons des parapharmacies soient largement garnis de produits antichute de cheveux aux slogans alléchants, bien peu de traitements parviennent à enrayer la chute des cheveux.

 

Un médicament, le finastéride, peut être prescrit, mais il est réservé aux hommes. Nous ne rentrons pas dans les détails car il n’est pas en vente libre, seul un médecin peut estimer qu’il sera adapté à tel ou tel cas. Il faut savoir cependant que ses effets secondaires possibles ne sont pas anodins : troubles de l’érection, douleurs testiculaires, augmentation du volume des seins (gynécomastie). En novembre 2017, l'Agence nationale de sécurité des médicaments (ANSM) a même lancé une alerte sur des cas de dépression et d'idées suicidaires liées à ce traitement.

Quant aux solutions en vente libre, elles sont de trois types :

- Des lotions : celles à base de minoxidil peuvent être efficaces. Mais dès qu’on arrête de les prendre, leur effet cesse. Quant aux autres, leur efficacité est soit très modeste, soit douteuse au vu de tous les biais affectant les études que nous ont fournies les fabricants. Et leurs slogans racoleurs correspondent rarement aux résultats de ces études.

- Des compléments alimentaires : l’arbitre en la matière est l’Agence européenne de sécurité alimentaire. Désormais, aucun aliment ni complément alimentaire ne peut prétendre avoir d’effets sur la santé sans son aval, même si certains industriels semblent l’ignorer. L’agence n’a autorisé personne à prétendre enrayer la chute des cheveux. La seule allégation autorisée est « contribue au maintien de cheveux normaux ». Elle concerne les produits contenant certaines quantités (prévues par la réglementation) de biotine (vitamine B8), zinc et/ou sélénium. Les autres demandes, par exemple celles concernant les autres vitamines B ou la cystine, ont été invalidées.

- Des shampoings : « Il est impossible qu’un simple shampoing ait un effet antichute, précise Pascal Reygagne, dermatologue, directeur du centre Sabouraud, unité spécialisée dans les pathologies du cheveu de l’hôpital Saint-Louis, à Paris. Le temps de contact n’est pas suffisant pour que les ingrédients puissent agir. Ils ne pourront éventuellement qu’améliorer l’aspect de la chevelure, par exemple en lui donnant davantage de volume. » C’est toujours bon à prendre quand elle a tendance à se clairsemer mais cela ne résout pas le problème. Les quelques fabricants qui nous ont fourni une étude sur leur shampoing nous ont encore moins convaincus que pour leurs lotions. Citons en particulier Vichy qui nous indique que ses allégations « sont toutes justifiées dans le dossier d’information accessible aux autorités de contrôle ». Vu le laxisme desdites autorités qui ferment les yeux sur les allégations trompeuses omniprésentes dans le rayon antichute, ce n’est pas pour nous rassurer !

Fabienne Maleysson

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Gaëlle Landry

Rédactrice technique