GUIDE D'ACHAT

IsolationComment choisir le bon isolant

JB

par Jordan Belly

Se lancer dans des travaux d’isolation nécessite de bien choisir ses matériaux. Les solutions varient selon la zone à isoler, votre budget et vos priorités : performances thermiques, impact environnemental ou encore rapport qualité/prix. Voici un tour d’horizon des principales solutions pour isoler efficacement et à coût maîtrisé. 

L'essentiel

  • Diversité des techniques L'isolation (toit ou murs) peut s'effectuer par l'intérieur (ITI) ou par l'extérieur (ITE).
  • Arbitrage entre performance et budget Les laines minérales (verre, roche) dominent le marché pour leur rapport qualité/prix, tandis que les isolants synthétiques (polyuréthane, polystyrène) offrent une faible épaisseur mais affichent un bilan carbone élevé. À l'opposé, les solutions haut de gamme comme les panneaux sous vide ou le liège sont très performantes mais onéreuses.
  • Atouts des matériaux biosourcés Les isolants naturels (fibre de bois, chanvre, ouate de cellulose) se distinguent par un faible impact environnemental et une excellente régulation de l'humidité. Ils offrent surtout un meilleur confort d'été grâce à leur forte inertie thermique (déphasage), bien que leur coût soit supérieur de 30 à 50 % par rapport aux solutions classiques.
  • Des isolants à éviter Les isolants en polystyrène et en polyuréthane en usage intérieur : en cas d’incendie, ils dégagent des fumées toxiques. Et contrairement aux isolants naturels et aux laines minérales, ils sont médiocres en isolation acoustique. À réserver à l’isolation par l’extérieur et à celle des sols.

L’isolation du toit

Les isolants les plus courants pour le toit

Isolantλ (W/m.K)Épaisseur pour R = 7 m².K/W
Laine de verre0,030-0,04621-32 cm
Laine de roche0,033-0,04523-32 cm
Ouate de cellulose0,038-0,04927-34 cm
Fibre de bois0,036-0,04225-29 cm
Polyuréthane0,023-0,03216-23 cm
Liège expansé0,036-0,04525-32 cm

L’isolation de toiture se fait par l’intérieur (isolation thermique par l'intérieur ou ITI) ou l’extérieur (isolation thermique par l'extérieur ou ITE) en fonction du type de combles et des travaux envisagés.

  • Pour bénéficier des aides (notamment MaPrimeRénov’), il faut atteindre une résistance thermique (notée R) de 7 m2.K/W en combles perdus et 6 m2.K/W en rampants (les pentes du toit, en ITI ou ITE).
  • Le niveau BBC Rénovation 2024 est plus exigeant : R = 8,5 et R = 7,5 m2.K/W.

L'isolation en combles perdus

La projection de laine de verre en vrac est rapide, économique et efficace, mais ne permet pas d’aménagement ultérieur. En cas de densité insuffisante ou de pose inégale, elle peut se tasser.

Les rouleaux ou panneaux de laine de verre favorisent une pose plus précise, à condition de disposer d’un accès suffisant aux combles pour pouvoir s’y déplacer.

Plus écologiques, des isolants comme la ouate de cellulose, la fibre de bois ou encore le chanvre assurent un bon confort d’été, mais coûtent plus cher. Les plus denses (fibre de bois, notamment) peuvent alourdir la structure.

L'isolation en combles habitables

La laine de verre reste la plus courante, posée entre ou sous chevrons. Économique, elle réduit le volume habitable lorsqu’elle est posée sous chevrons et nécessite un pare-vapeur. Le pare-vapeur est obligatoire pour l’ITI dans plusieurs cas : bâtiments à ossature bois (DTU 31.2), isolants sensibles à l’humidité, combles aménagés ou perdus (DTU 45.10), toitures plates et parois en zones très froides (DTU 20.1). Il doit être posé côté chauffé, entre l’isolant et le local intérieur. Dans les autres configurations, tels les murs maçonnés en climat tempéré en ITI, il évite les condensations internes et préserve les performances thermiques. Un pare-vapeur hygrovariable, capable de s’adapter à l’humidité ambiante, est souvent préférable. En ITE (toitures ou murs), un pare-vapeur est inutile : seul un pare-pluie peut être nécessaire.

Les matériaux naturels comme la fibre de bois ou la ouate de cellulose améliorent considérablement, là encore, le confort d’été, mais requièrent plus d’épaisseur pour une performance thermique équivalente contre le froid.

Cette isolation peut également être réalisée par l’extérieur (avec rehausse de charpente), notamment lors d’une rénovation complète de la toiture.

Le sarking

Un autre type d’ITE (plus rapide) consiste à poser des panneaux rigides (sarking) ou des caissons sous la couverture. L’isolant se pose sur les chevrons, ce qui limite les ponts thermiques tout en préservant le volume intérieur. 

Le polyuréthane (PUR), performant à faible épaisseur, est précieux dans un espace limité, mais son bilan carbone est défavorable ; de plus, il émet des substances toxiques en cas d’incendie. 

La ouate de cellulose en panneaux rigides est une option biosourcée intéressante, encore peu répandue pour cet usage.

La fibre de bois, plus écologique et à l’excellente inertie thermique grâce à un bon déphasage (le nombre d’heures qu’il faut à une onde de chaleur pour traverser l’isolant), apporte un véritable confort d’été, mais nécessite plus d’épaisseur. Les caissons préfabriqués, facilitant sa mise en œuvre, sont onéreux.

Le liège expansé, naturellement résistant à l’humidité et très durable, offre d’excellentes performances, mais reste peu utilisé en toiture du fait de son prix très élevé.

À noter La laine de verre isole mal de la chaleur. Si vous réalisez uniquement l’isolation du toit, elle risque d’augmenter l’inconfort l’été. 

L’isolation des murs par l’extérieur

Les isolants les plus courants pour les murs

Isolantλ (W/m.K)ApplicationÉpaisseur pour 
R = 3,7 m².K/W
Épaisseur pour 
R = 4,4 m².K/W
Polystyrène expansé0,032-0,042ITE/ITI12-16 cm14-19 cm
Laine de verre0,030-0,046ITI11-17 cm13-20 cm
Laine de roche0,033-0,045ITE/ITI12-17 cm15-20 cm
Fibre de bois0,036-0,042ITE/ITI13-16 cm16-19 cm
Chanvre0,038-0,042ITI14-16 cm17-19 cm
Liège expansé0,036-0,045ITE/ITI13-17 cm16-20 cm
Ouate de cellulose0,038-0,049ITE/ITI14-18 cm17-22 cm

C’est la solution la plus performante, car elle limite fortement les ponts thermiques. L’isolant doit atteindre un R minimal de 3,7 m2.K/W pour obtenir MaPrimeRénov’ par geste, et de 4,4 m2.K/W pour MaPrimeRénov’ Rénovation d’ampleur. Ces deux R permettent d’atteindre le niveau BBC rénovation 2024.

Le polystyrène expansé (PSE) domine le marché : économique, léger et facile à poser, il présente malheureusement un bilan carbone élevé, et sa faible perméabilité à la vapeur d’eau peut poser problème (bâtiments anciens, remontées capillaires…). Il peut alors être remplacé par du polystyrène extrudé (ou XPS). Et attention à la pose d’une isolation par la façade sur des logements mitoyens : cela établirait un pont acoustique. 

Des alternatives plus écologiques, comme la fibre de bois (offrant un excellent confort d’été) ou le liège expansé (durable et résistant à l’humidité), sont 30 à 50 % plus chers.

La laine de roche est également courante en ITE, grâce à sa bonne résistance au feu et à d’excellentes propriétés phoniques (sauf, là encore, sur la façade de logements mitoyens).

Principal défaut de l’ITE : son coût est plus élevé que celui de l’ITI. 

L’isolation des murs par l’intérieur

Quand l’ITE est impossible techniquement (façades classées, contraintes esthétiques, etc.) ou trop onéreuse, l’ITI reste une alternative efficace, mais elle fait perdre en surface intérieure.

  • Les exigences pour MaPrimeRénov’ sont un R minimal de 3,7 m2.K/W, correspondant au niveau BBC rénovation 2024. 

Deux techniques principales sont utilisées.

  • Le complexe plaque de plâtre + isolant est une option simple, rapide à mettre en œuvre et économique. Mais il reste sensible aux ponts thermiques.
  • L’ossature (métallique ou bois) avec isolant entre montants est plus performante thermiquement et offre une meilleure continuité de l’isolation. Mais cela fait perdre des m2 habitables et est d’un coût légèrement supérieur.

Côté matériaux, le polystyrène expansé demeure le plus économique, suivi des laines minérales (verre et roche), connues pour leur polyvalence et leur bon rapport qualité/prix.

Les isolants biosourcés (fibre de bois, chanvre, ouate de cellulose…) ont quant à eux un impact environnemental réduit tout en améliorant le confort d’été. Ils requièrent toutefois un peu plus d’épaisseur et sont plus onéreux.

Zoom sur les principaux isolants minéraux et synthétiques

Les panneaux isolants sous vide : extrêmement performants (λ ≈ 0,005 à 0,007 W/m.K), ils permettent une isolation maximale en ITI avec seulement 2 à 3 cm d’épaisseur pour obtenir un R de 3,7. Leur coût très élevé et leur grande fragilité les réservent aux rénovations haut de gamme ou aux espaces très contraints.

Les laines minérales (verre et roche) : très répandues (plus de 50 % du marché), elles offrent un bon rapport qualité/prix et une pose relativement simple. Elles sont utilisables en combles, murs et sols. La laine de roche s’emploie aussi en ITE par les murs. Leur fabrication est énergivore, mais elles commencent à intégrer des matières recyclées.

Les autres isolants minéraux (verre cellulaire et perlite expansée) sont surtout utilisés en conditions difficiles (sous-sols, toitures-terrasses, milieux humides), car très résistants à l’eau, à la compression et au feu. Leur prix est plus élevé.

Le polystyrène expansé (PSE) ou extrudé (XPS) : le PSE, très léger et économique, est simple à poser, notamment en ITE et au sol. Le XPS, plus cher, est plus dense (donc plus résistant) et plus imperméable ; on l’utilise surtout pour les soubassements, toitures-terrasses, dalles… Les deux sont d’origine pétrochimique.

Les polyuréthanes (PUR) : ils offrent le meilleur rapport performance thermique/épaisseur des isolants classiques (λ ≈ 0,023 à 0,032 W/m.K) et sont donc adaptés pour optimiser la surface habitable. Une épaisseur de 9 à 12 cm suffit généralement pour atteindre R = 3,7 m2.K/W. Ils sont à réserver aux configurations bien ventilées et protégées : en cas d’incendie, ils dégagent des gaz très toxiques (monoxyde de carbone, acide cyanhydrique et isocyanates), et leur performance peut chuter à l’humidité.

Zoom sur les principaux isolants d’origine naturelle végétale

La fibre et la laine de bois : excellentes pour limiter la surchauffe estivale grâce à leur inertie thermique, elles régulent l’humidité et offrent un très bon bilan carbone. Elles sont polyvalentes (ITE, ITI, murs, toitures), mais plus chères que les laines minérales. Comme les autres isolants biosourcés, elles doivent être traitées pour répondre aux exigences de sécurité incendie. 

La ouate de cellulose : fabriquée à partir de papier journal recyclé, elle allie bonnes performances thermiques et coût raisonnable. Elle doit être traitée contre le feu et les nuisibles : évitez les produits aux sels de bore (indiqués sur les FDES, voir encadré), suspectés d’être reprotoxiques. Elle est surtout utilisée en vrac pour l’isolation par le toit. Elle peut être insufflée dans les murs à ossature bois en construction ou entre montants intérieurs. En climat très humide, un pare-vapeur peut se révéler nécessaire.

Le chanvre : cultivé localement sans pesticides, il offre une bonne isolation thermique et phonique tout en régulant parfaitement l’humidité. Il est disponible en vrac, en panneaux semi-rigides ou en rouleaux, pour l’ITI des murs et toitures, principalement.

Le liège : 100 % naturel, imputrescible et naturellement résistant aux insectes et au feu, il est très durable (plus de cinquante ans), avec une excellente capacité d’inertie thermique. Très écologique et polyvalent, il est aussi très coûteux à l’achat, donc peu utilisé. C’est un excellent isolant contre le bruit.

Les fibres textiles recyclées : issues de tissus et de vêtements usagés ou de chutes industrielles, elles sont un bon exemple d’économie circulaire, avec un impact environnemental réduit. Plusieurs produits sont disponibles, en panneaux ou en rouleaux (en ITI, pour les murs, planchers et toitures). Les performances techniques sont similaires à celles des laines minérales, comme le Métisse (λ ≈ 0,039 W/m.K) de l’association Le Relais.

La laine de mouton, une fausse bonne idée

Ses qualités isolantes (λ ≈ 0,035 à 0,045 W/m.K) ne compensent pas ses défauts. Sensible aux mites, elle exige des traitements chimiques (sels de bore) pouvant dégager des COV. Sa mauvaise résistance au feu impose l’ajout d’additifs ignifuges pour respecter les normes. Sa forte absorption d’humidité génère souvent des odeurs tenaces en milieu humide. 

L’empreinte carbone des isolants

La FFB (Fédération française du bâtiment) a calculé que, sur l’ensemble de l’analyse du cycle de vie, le polyuréthane et le polystyrène affichent une empreinte carbone environ quatre fois plus élevée, et la laine de verre ou de roche trois fois plus élevée, que les isolants à base de chanvre, lin, coton ou bois, en raison surtout de leur origine pétrochimique. Pour comparer les impacts environnementaux, consultez les Fiches de déclaration environnementale et sanitaire (FDES), accessibles sur la base publique INIES (inies.fr).

Être assuré en cas de problème

Privilégiez des isolants certifiés Acermi (voir sur www.acermi.com), dont les performances thermiques sont vérifiées par l’organisme. Pour garantir leur mise en œuvre correcte, vérifiez également la présence d’un Avis technique (Atec) délivré par le CSTB (consultables sur www.cstb.fr/bases-donnees, puis, en déroulant la page, dans « Consulter les avis techniques »). Assurez-vous enfin de la classification du matériau au feu Euroclasses), pour garantir la sécurité incendie : elle figure sur les FDES de l’INIES ou via le marquage CE. Les isolants biosourcés doivent être traités contre les moisissures, les insectes et le feu. Avant de signer un devis, assurez-vous que l’entreprise dispose d’une garantie décennale valide et d’une assurance responsabilité civile professionnelle couvrant spécifiquement les travaux d’isolation prévus.

JB

Jordan Belly

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