Voiture d'occasion

Tromperie

Vous venez d’acheter une voiture d’occasion à un professionnel. Vous découvrez que le vendeur du véhicule que vous venez d'acquérir vous a trompé sur l'état réel de la voiture : compteur falsifié ou véhicule accidenté par exemple, alors que l’acte de vente indiquait un nombre de kilomètres moindre ou mentionnait que le véhicule était en bon état.

 
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Ce que dit la loi

D’un point de vue pénal, constitue un délit de tromperie le fait de tromper ou de tenter de tromper un cocontractant sur certaines caractéristiques d’un produit.

Ces caractéristiques sont énumérées par l’article L. 441-1 du code de la consommation : cela peut être la nature ou l’espèce du produit ou du service, les qualités substantielles, l’origine, l’aptitude à l’emploi du produit…

Ce délit suppose un élément intentionnel à savoir la mauvaise foi de l’auteur de l’infraction. S’agissant d’un professionnel à l’origine de l’infraction, la mauvaise foi peut se déduire de sa qualité de professionnel en tant qu’auteur de la tromperie. Du fait de ses compétences dans son domaine d’activités, il ne peut souvent ignorer ce qu’il en est vraiment du bien qu’il vend ou du service qu’il rend. Cette mauvaise foi peut résulter du fait qu’il se soit abstenu volontairement de renseigner le client sur les caractéristiques du bien ou service.

A été reconnu comme une tromperie le fait de vendre un véhicule d’occasion et d’avoir modifié le kilométrage réel (Cour de cassation, ch. criminelle, 21 juillet 1977), d’avoir dissimulé un grave accident (Cour de cassation, ch. criminelle, 12 novembre 1980, Toulouse 15 juin 2000) ou encore de mentionner que le véhicule était en très bon état alors qu’il a subi un choc nécessitant des réparations (Cour de cassation, ch. criminelle, Paris 24 mai 2000).

Ce délit de tromperie est passible d'un emprisonnement de deux ans et d'une amende de 300 000 euros (article L. 454-1 du code de la consommation). Une personne morale, à savoir une société, peut, quant à elle, encourir une amende pouvant aller jusqu’à 1 500 000 euros, et des peines complémentaires, notamment l’interdiction d’exercer de façon provisoire ou non l’activité à l’occasion de laquelle l’infraction a été commise.

Articles L. 441-1, L454-1 et L. 454-5 du code de la consommation et article 131-38 du code pénal.

À noter
Les articles L. 441-1 et L. 454-1 du code de la consommation s’appliquent que le vendeur soit un professionnel ou un particulier (exemple : vente par petites annonces). Dans le cas d’un vendeur particulier, il faudra démontrer la mauvaise foi.

Lorsque vous achetez un véhicule d'occasion, tentez de dépister les éventuelles tromperies : exigez le carnet d'entretien de la voiture, recherchez, en examinant de près la carrosserie, les éventuelles différences de couleur ou de matité de la peinture, etc.

Ce que vous devez faire

Rapprochez-vous du professionnel en faisant état de vos arguments et éléments à l’appui.

Vous pouvez le menacer de porter plainte. En tant que victime d’une telle tromperie, vous pouvez vous constituer partie civile et obtenir du juge pénal l’allocation de dommages et intérêts.

Voir la lettre type « Comment porter plainte ».

Vous pouvez également saisir la direction de protection des populations de votre département (DDPP) pour dénoncer ses pratiques.

Adresses des DDPP : http://www.economie.gouv.fr/dgccrf/Liste-des-directions-departementales-de-la-protect

Pour obtenir l’annulation du contrat et éventuellement des dommages-intérêts, il faut choisir la juridiction civile. Il vous appartient de démontrer que sans ces manœuvres, vous n’auriez pas contracté avec ce professionnel. Le dol doit être prouvé. Vous pouvez aussi choisir la voie civile pour une réduction du prix grâce à l’allocation de dommages et intérêts.

Pour les contrats conclus avant le 1er octobre 2016 : articles 1108 et 1116 du code civil.
 Pour les contrats conclus après le 1er octobre 2016 : articles 1128 et 1137 du code civil.

Devant quel tribunal agir

Sauf cas particuliers, lorsque vous saisirez le tribunal, vous devrez justifier avoir réalisé des démarches en vue de parvenir à une résolution amiable du litige (art. 58 du code de procédure civile). Il s’agit, par exemple, d’évoquer les différents courriers que vous avez écrits ainsi que les délais laissés pour vous répondre. À défaut, le juge pourra vous inviter à procéder à une tentative de règlement amiable de votre litige, avant de vous adresser à nouveau à lui.

Retrouvez notre fiche « Devant quel tribunal agir ? »


À noter
Ce modèle de lettre a été rédigé par le Service d’Information Juridique de l’UFC-Que Choisir. Composé de juristes, il répond aux questions des abonnés à Que Choisir afin de leur indiquer la marche à suivre pour venir à bout de la plupart des problèmes de consommation qu’ils peuvent rencontrer dans leur vie quotidienne : produits défectueux et prestations de services peu satisfaisantes, contentieux en matière d’assurance ou de banque, litiges locataires-propriétaires, questions relatives à la copropriété etc.

Attention : ce modèle de lettre n’a pas vocation à se substituer à des conseils personnalisés qui pourraient vous être fournis par nos associations locales ou par des professionnels du droit. Il a pour objet de vous proposer une argumentation que vous jugez pertinente au regard de votre situation.