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Cadmium, sucres, additifs…Quels sont les meilleurs chocolats de Pâques cette année ?

Elsa Abdoun
CL

par Elsa Abdoun, Cécile Lelasseux

Kinder, Lindt, Lidl ou encore Jeff de Bruges… Nous avons analysé les valeurs nutritionnelles, la liste d’ingrédients et la teneur en cadmium de 15 chocolats de Pâques. Alors, de la poule ou de l’œuf, quel est le meilleur choix ? Nos réponses, pour se régaler sans s’intoxiquer.

Alors que les poissons d’avril sont encore accrochés aux manteaux, c’est déjà un autre événement qui occupe la majorité des esprits : la chasse aux œufs de Pâques de ce dimanche 5 avril. Pour vous aider à choisir les meilleures références à cacher et estimer les quantités que l’on peut donner à son enfant sans nuire à sa santé, nous avons acheté 15 références de marques nationales (Kinder Schokobons, Lapin Or Lindt, Lapin Milka, Chasse aux œufs Smarties) ou de marques de distributeurs (Carrefour, Lidl, Action, Monoprix…).

Et nous avons analysé leurs taux de cadmium (un métal lourd toxique très présent dans le cacao), mais aussi de sucres, d’acides gras saturés ou encore leur liste d’ingrédients. Nous avons également attribué de légers bonus à ceux qui affichaient un label de commerce équitable ou qui spécifiaient l’origine de leur cacao sur l’emballage. Résultat : ce ne sont pas forcément les plus chers qui sont les plus recommandables (voir notre test de Chocolats de Pâques, exceptionnellement en accès gratuit).

Comparatif

Chocolats de Pâques

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Le chocolat noir est-il moins calorique ?

Bien sûr, certaines choses ne changent pas beaucoup d’une référence à une autre. Par exemple, quel que soit le produit, l’apport calorique est toujours extrêmement élevé : autour de 550 calories aux 100 grammes. Ainsi, qu’il croque dans 8 Schokobons Kinder ou dans la moitié d’un lapin au chocolat noir Lindt, votre enfant aura dans tous les cas avalé autant, voire plus, de calories qu’en mangeant un burger McDonald’s… La couleur du chocolat n’y changera rien. Et pour cause : si les chocolats au lait sont bien plus sucrés (en moyenne 60 % de sucres en plus que ceux au chocolat noir dans notre échantillon), les chocolats noirs sont, eux, 20 % plus gras.

Au final, tous écopent d’un Nutri-Score E avec le nouveau mode de calcul de cet indicateur ‒ même si Monoprix fait le choix d’apposer sur sa poule au chocolat noir un Nutri-Score D, obtenu à l’aide de l’ancien algorithme, obsolète depuis plus d’un an… Une pratique certes légale (les fabricants disposant de deux ans de délai pour se mettre à jour), mais qui n’en reste pas moins trompeuse pour les consommateurs. « En raison de modifications à venir pour une recette plus qualitative, nous avons décidé de modifier l’étiquette avec l’ensemble de ces mises à jour, plutôt que de modifier l’emballage à plusieurs reprises », justifie l’enseigne.

Quels chocolats contiennent le moins de cadmium ?

Les taux élevés de sucre et de gras ne sont malheureusement pas les seuls inconvénients du chocolat. Le cadmium est un métal lourd, toxique pour les reins et les os et suspecté de favoriser le cancer. Or cette substance s’avère très fortement concentrée dans le cacao.

Pour certains enfants et adultes qui en consomment quotidiennement, nos calculs suggèrent qu’il peut donc représenter une source de cadmium très conséquente. Une raison de plus de limiter, un peu, l’orgie de chocolat à Pâques, et d’étaler la consommation sur plusieurs semaines, en compensant par la limitation des autres produits cacaotés consommés le reste de la journée (pâte à tartiner, viennoiseries, gâteaux, biscuits, céréales du petit-déjeuner, boissons lactées chaudes ou froides, crèmes, mousses…).

→ Lire aussi : Chocolat - Un concentré de cadmium

Bien choisir ses œufs demeure aussi très utile. Car si on privilégie le chocolat noir, plus concentré en cacao, et que ce dernier s’avère provenir d’Amérique latine (où les sols cultivés sont souvent bien plus chargés en cadmium que ceux d’Afrique de l’Ouest), la quantité de cadmium peut monter très haut.

Le pire de notre échantillon, sur ce critère, était un des deux lots testés de Lapin au chocolat noir Gaby de Jeff de Bruges (dont une partie du chocolat provient d’Équateur) : manger ne serait-ce que la moitié de ce petit paquet (soit 43 grammes) aurait suffi à dépasser la valeur quotidienne à partir de laquelle un risque ne peut pas être exclu, pour un enfant de 25 kg, selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). Sans même compter tous les autres apports en cadmium de la journée… Et sachant que cette dose limite semble elle-même déjà trop élevée pour protéger notre santé (lire l’encadré).

À l’inverse, dans certains produits, les taux de cadmium demeurent très bas : les 6 Œufs cœur au lait de Carrefour Esprit de fête, en particulier, dont le cacao est présent en très faibles quantités et provient du Ghana et de Côte d’Ivoire, apporteraient entre 0 et 2 % de la dose de sécurité fixée par l’Anses pour un enfant de 25 kg.

Que vaut le chocolat Lidl ?

Enfin, un autre critère à prendre en compte pour sa santé : la liste d’ingrédients. Elle n’est pas toujours ragoûtante : arôme, graisse de lait anhydre, graisse de palme, dextrose, huile de maïs, sirop de glucose-fructose, colorant bleu FCF, polyricinoléate de polyglycérol, colorants carmins… On trouve de tout dans les supermarchés. Mais aussi chez les chocolatiers, puisque la référence ayant obtenu la pire note sur ce critère provenait de chez Jeff de Bruges. La meilleure note a, elle, été attribuée au Canard au chocolat au lait de Favorina, commercialisé par Lidl à moins de 20 €/kg. Ce dernier contient en effet « seulement » deux additifs et un arôme naturel.

En prenant en compte tous ces facteurs, certaines références apparaissent donc plus recommandables que d’autres. Mais dans tous les cas, mieux vaut limiter les quantités, d’autant plus que le prix des chocolats de Pâques atteint actuellement des sommets, et que la culture du cacao pèse fortement sur le climat et la biodiversité, via la déforestation qu’elle engendre.

Peut-être que cette année pourraient aussi se cacher, dans le pot d’orchidées, des pâtes de fruits et d’amande, ainsi que quelques sachets de noisettes à la cannelle, nougats ou cacahuètes au caramel ?

Des limites insuffisamment protectrices ?

Dans son dernier rapport, publié le 25 mars dernier, l’Anses estimait que 98 % des adultes et les trois quarts des enfants français avaient une exposition alimentaire au cadmium inférieure à la « limite à ne pas dépasser » (dose journalière tolérable, en langage technique), fixée par ses experts. Un constat a priori rassurant… Sauf que dans le même temps, l’agence rappelait que la moitié de la population française présentait, dans ses urines, des taux de cadmium indiquant un risque pour la santé à long terme... Beaucoup moins rassurant ! Une telle incohérence signifie-t-elle que la limite de sécurité alimentaire établie par l’Anses est trop élevée ? Ses experts envisagent-ils de la revoir à la baisse ? Contactée à ce sujet, l’agence n’a pas répondu à nos questions.

CL

Cécile Lelasseux

Rédactrice technique

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