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Cholestérol - Qu'est-ce que la Lp(a), ce marqueur à la mode ?

Audrey Vaugrente

par Audrey Vaugrente

Un nouveau marqueur sanguin du cholestérol émerge dans le discours médical : la lipoprotéine a, ou Lp(a). Elle permettrait de mieux prédire le risque d'incident cardiovasculaire. Explications.

L’essentiel

  • Le taux de lipoprotéine (a), ou Lp(a), pourrait être un meilleur indicateur du risque d’incident cardiovasculaire que le LDL.
  • Les laboratoires l’ont bien compris et cherchent à développer des médicaments capables d’abaisser ce taux.
  • Il leur restera toutefois à prouver l’efficacité réelle d’un tel traitement sur les risques d’accident cardiovasculaire.​​​

Une task force internationale, de multiples essais cliniques, une mise à jour des recommandations officielles… Après être restée dans l’ombre pendant des décennies, la lipoprotéine (a) ou Lp(a) – lisez « L, p, petit a » – semble représenter l’avenir de la lipidologie.

Cette protéine, qui participe au transport du cholestérol, est considérée comme un meilleur prédicteur du risque cardiovasculaire que le LDL. Mais « c’est un serpent de mer, explique le PPhilippe Legrand, professeur de biochimie nutrition humaine à l’Institut Agro Rennes-Angers (1). Cela fait très longtemps qu’elle constitue, en recherche, un bon marqueur ».

→ Lire aussi : Le cholestérol est-il vraiment notre ennemi ?

Dès lors, pour quelle raison est-elle au centre des réflexions ? « Au cours des six dernières années, la compréhension de la biologie et de la physiopathologie de la Lp(a) a connu des progrès substantiels », écrivait un chercheur en 2024 dans une revue de l’American heart association. On sait maintenant que ses composants favorisent à la fois le développement de l’athérosclérose – un rétrécissement des artères lié au dépôt de plaques d’athérome sur leur paroi – ainsi que la formation de caillots. Cela ne fait désormais aucun doute : un taux élevé en Lp(a) est associé à une augmentation conséquente du risque d’incident cardiovasculaire.

Des questions sur la pertinence de la mesure

Ce constat soulève bien d’autres interrogations, et notamment la suivante : à partir de quels dosages le danger intervient-il ? Si ce sujet continue de faire débat, en France, le seuil est fixé à 50 mg/dl (soit 105 nmol/l), ce qui concerne 30 % de la population. L’analyse, coûteuse, n’est à ce jour pas remboursée par l’assurance maladie.

Il faut dire que la pertinence de la mesure est à questionner, le taux de Lp(a) étant déterminé à 90 % par notre patrimoine génétique. Il a tendance à être plus haut chez les personnes de peau noire, les femmes ménopausées et après une grossesse. Et ni les modifications des habitudes de vie ni les statines ne permettent de le réduire.

Les labos sont sur le coup

L’industrie pharmaceutique a flairé le filon. Elle tente de développer des médicaments capables d’abaisser ce taux de Lp(a). Six molécules et une thérapie génique sont en cours d’essais cliniques. L’enjeu est double pour les labos : outre l’efficacité de leurs traitements, il leur faudra aussi démontrer que diminuer la teneur en Lp(a) limite le risque cardiovasculaire. Or, à ce jour, cela reste incertain.

Au contraire, une récente étude a montré qu’il était possible de réduire le surrisque induit par la Lp(a)… mais à condition d’agir sur l’ensemble des autres facteurs : poids, tabagisme, taux de cholestérol, pression artérielle, glycémie. En pratique, cela demande une discipline de fer.


(1) Son dernier ouvrage, Je mange donc je vis, est paru aux Éditions Caradine en 2026.

Audrey Vaugrente

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