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Les moustiques vont-ils s’habituer au répulsif le plus efficace ?

AS

par Anne-Sophie Stamane

Une étude française parue en juin dernier montre que les moustiques sont capables de modifier leur perception du plus efficace des répulsifs, le DEET, au point d’être attirés au lieu de le fuir. Selon le principal auteur de l’étude, cette hypothèse a toutefois très peu de chances de se vérifier dans la vie réelle.

L’essentiel

  • D’après une étude expérimentale, les moustiques, s’ils sont conditionnés dans ce sens, sont capables d’associer l’odeur d’un répulsif à base de DEET à un repas sanguin, et peuvent finir par être attirés au lieu de le fuir.
  • Dans la vie réelle, une telle bascule n’a toutefois que très peu de chance d’advenir.
  • Le DEET reste le répulsif le plus efficace, à privilégier partout où les moustiques véhiculent des maladies graves.

Une étude parue en juin dans le Journal of Experimental Biology a fait l’effet d’une petite bombe : publiée par des chercheurs du CNRS et de l’université de Tours (Touraine), elle montre que les moustiques de type Aedes aegypti, ceux qui transmettent le virus Zika, la dengue, le chikungunya ou encore la fièvre jaune, pouvaient finir par être attirés par le DEET, le plus efficace des répulsifs antimoustiques actuels, au lieu de le fuir. Il n’en fallait pas plus pour donner des ailes aux fabricants d’antimoustiques concurrents. Ceux qui commercialisent des solutions à base de citriodiol, aussi connu sous le nom d’« huile d’eucalyptus citronné », ont immédiatement dégainé leurs communiqués de presse pour organiser une promotion appuyée de leurs produits.

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Répulsifs antimoustiques

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L’expérience mise en place par l’équipe de Tours ne disqualifie pourtant pas, loin de là, le DEET dans la vie courante. Les recherches menées visaient avant tout à comprendre « pourquoi le répulsif repousse, et à quelles conditions le comportement du moustique change », indique Claudio Lazzari, auteur principal de l’étude. Concrètement, les moustiques ont été conditionnés, c’est-à-dire exposés au répulsif en même temps qu’on leur servait un copieux repas sanguin, ce qui les a conduits à associer le DEET à la nourriture, selon un modèle pavlovien bien connu. Résultat, l’odeur du DEET, libre ou pulvérisée sur la peau humaine, a fini, dans ce cadre précis, par les inciter à piquer, et non plus à fuir.

« Adaptation des moustiques très improbable »

Un tel processus et le renversement qui s’en est suivi n’ont toutefois que très peu de chances d’advenir dans la vie réelle. Car, bien que des éléments existent en faveur d’une transmission des comportements acquis, « spontanément, l’adaptation des moustiques est très improbable, car les répulsifs ne sont pas suffisamment utilisés à travers le monde pour que se mettent en place la sélection et le développement de moustiques résistants », souligne Claudio Lazzari. « Le DEET reste l’outil de protection individuelle le plus efficace et le moins coûteux, donc le plus judicieux, contre des maladies très graves », ajoute-t-il. D’ailleurs, année après année, nos tests de produits antimoustiques confirment la suprématie des produits à base de DEET dans la lutte antivectorielle. Le chercheur conseille de les utiliser en suivant scrupuleusement les consignes d’utilisation des fabricants, afin de garantir à la fois leur efficacité et leur innocuité.

AS

Anne-Sophie Stamane

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