Voiture électrique

Peu de ventes mais des places à tout prix

Publié le : 29/11/2014 

Un rapport dévoilé par Les Échos relève que les chiffres de vente déjà faibles de voitures électriques sont gonflés par les achats des concessionnaires et des entreprises. Face à ce constat, faut-il vraiment imposer des prises de recharge dans des millions de futurs logements ? 

 

Il s’est vendu quelque 8 000 véhicules tout électriques hors utilitaires en France de janvier à octobre 2014. Ce chiffre déjà fort modeste (moins de 1 % du marché) est gonflé par les achats de véhicules de démonstration de concessions (2 300), les Autolib’ du groupe Bolloré (1 000) et par les achats de flottes d’entreprise (environ 2 000). Le détail des immatriculations, dévoilé par Les Échos du 17 novembre, montre que seuls 2 365 véhicules ont été achetés par des particuliers ! Et cela alors que les grands constructeurs proposent maintenant de nombreux modèles : Ford Focus Electric, Volkswagen e-Up, e-Golf, Renault Zoé, Citroën C-Zero, Peugeot iOn, Mitsubishi i-Miev, Tesla, etc.

Les consommateurs, sans surprise, sont peu convaincus par une technologie plus chère et moins efficace que le thermique ou l’hybride. Une Renault Zoé coûte 20 000 € (plus 79 € par mois de location de batteries) et a une autonomie de 120 km. Il faut ensuite des heures pour la recharger.

Aucune percée technologique majeure n’est annoncée en matière de batterie. Au contraire, l'innovation de l'année est sans doute la Toyota Mirai à pile à hydrogène, et donc totalement indépendante des réseaux électriques, présentée au Japon le 23 novembre. Il est trop tôt pour présumer de sa réussite, mais personne ne prend à la légère l’inventeur de la Prius.

Bref, l’objectif d’État de 2 millions de véhicules électriques sur les routes de France en 2020 est une grande vision d’avenir, et risque bien de le rester.

6 500 € par place

Dans ce contexte, est-il raisonnable d’imposer aux promoteurs immobiliers des équipements de recharge pour les véhicules électriques dans tous les bâtiments neufs ? Le gouvernement en semble de moins en moins convaincu. Un décret  du 30 octobre 2014 a supprimé l’obligation (instituée par décret en 2011) de prévoir dans toutes les constructions collectives « un local technique électrique dédié aux infrastructures de charge de véhicules électriques ». Les autres dispositions du décret de 2011 restent en vigueur. Les promoteurs doivent notamment prévoir le câblage idoine pour recharger des véhicules électriques sur au moins 10 % des places. Cela a évidemment un coût supporté par tous les acheteurs. Le promoteur Gambetta, qui avait pris de l’avance sur la réglementation, a déjà livré un immeuble avec des places électrifiées à Verneuil (78). Coût supplémentaire à la place : 6 500 €, prise de recharge comprise (cette prise étant indispensable mais pas à la charge du promoteur, selon la réglementation).

L’éventualité que ces équipements ne servent jamais ne peut être exclue. À Verneuil, ils restent inutilisés pour l’instant. ERDF, du reste, n’a jamais caché que les coûts d’adaptation de son réseau à un développement massif de la voiture électrique seraient considérables. Cette dernière semble de plus en plus appelée à renouveler les flottes de véhicules d’entreprise comme la Poste ou EDF, ce qui n’est déjà pas si mal.