par Fabrice Pouliquen
par Fabrice Pouliquen
De plus en plus de vestes de randonnée sont désormais conçues sans ajout intentionnel de PFAS. Depuis le 1er janvier 2026, c’est même une obligation pour commercialiser un vêtement en France, les fabricants disposant tout de même d’un délai d’un an pour écouler leurs stocks commercialisés avant cette date. Alors comment entretenir ces vestes dont l’imperméabilité et la déperlance sont des caractéristiques essentielles, souvent obtenues grâce aux PFAS ?
Que l’industrie du textile soit poussée à se passer de ces polluants éternels dans la conception de ses produits va dans le bon sens. Mais elle n’est pas la seule à devoir s’adapter. « Avec les PFAS, nous avions pris l’habitude d’avoir des vêtements surqualifiés, rappelle Carole Aubry, directrice scientifique de l’Institut français du textile et de l’habillement (IFTH). Sans, une veste de randonnée reste imperméable mais ne sera pas antitache, et il faudra renouveler son traitement déperlant sans doute plus souvent. Pas si grave. L’exclusion des polluants éternels nous invite à repenser nos usages. Une veste de randonnée n’a pas à être portée tous les jours. »
Parmi les 12 vestes de randonnée testées par Que Choisir en septembre 2026, huit ne contenaient aucune trace de PFAS. Malgré tout, certaines ont obtenu de bons résultats à nos tests d’imperméabilité et de déperlance, deux qualités essentielles attendues d’une veste de randonnée et pour lesquelles les fabricants recouraient autrefois aux polluants éternels.
Nos tests ont évalué ces deux critères à l’état neuf ainsi qu’au bout de cinq lavages. Qu’en est-il alors de la tenue dans le temps des membranes imperméables et des traitements déperlants de ces vestes de randonnée sans PFAS ? Une certitude, ces vêtements nécessiteront un entretien particulier, plus contraignant.
Sur leur site marchand, la plupart des fabricants consacrent un onglet « entretien » dans lequel ils listent leurs consignes pour bien prendre soin de leurs vestes. Problème : tous ne le font pas et, d’une marque à l’autre, leurs recommandations sont parfois contradictoires.
« Non, justement, affirme Frédéric Mouyade, de Patagonia. On n’abîme pas une veste en la lavant. Au contraire, le passage en machine permet d’éliminer les graisses et autres impuretés qui se sont déposées sur la matière et qui réduisent alors l’efficacité du traitement déperlant. » Le plus souvent, tout de même, les fabricants préconisent des lavages doux à 30 °C maximum. Icepeak recommande également de ne pas utiliser d’assouplissant.
La chaleur permet de réactiver le traitement déperlant. Certains fabricants recommandent ainsi de passer leur veste au sèche-linge, après un séchage à l’air libre. « Une fois qu’elle est complètement sèche, passez-la au sèche-linge pendant 20 minutes à une température ne dépassant pas 55 °C pour réactiver son traitement déperlant durable », indique, par exemple, Mammut. De leur côté, Decathlon et Millet proscrivent le sèche-linge.
« Repasser sa veste au fer doux, avec une pattemouille, lisse la surface du tissu et booste la performance du déperlant », invite Patagonia. Même conseil chez Mammut. En revanche, Millet comme Decathlon le déconseillent.
Après un certain temps, oui, il conviendra de réappliquer un traitement déperlant à la surface de la veste. De nombreux sprays ou produits à ajouter lors du lavage sont aujourd’hui proposés dans ce but. Mais à quelle fréquence exactement ? Il n’y a pas de règle. « Si vous remarquez que l'eau ne perle plus aussi bien qu’à l'origine, il est peut-être temps de renouveler le traitement », signale simplement la marque The North Face pour sa veste Antora.

Fabrice Pouliquen
La force d'une association tient à ses adhérents ! Aujourd'hui plus que jamais, nous comptons sur votre soutien. Nous soutenir
Recevez gratuitement notre newsletter hebdomadaire ! Actus, tests, enquêtes réalisés par des experts. En savoir plus