par Marie Pellefigue
LoisirsPrendre le train avec son vélo
Pour partir plus longtemps ou plus loin avec votre vélo, vous pouvez l’emporter dans le train. Mais, avant le départ, il faudra bien connaître les règles et faire preuve d’organisation.
Ça y est, c’est décidé ! Vous allez vous lancer dans l’aventure et partir avec votre bicyclette, par exemple lors d’un week-end ou de vos prochaines vacances. Que votre destination soit située à une dizaine de kilomètres de votre domicile ou que vous souhaitiez rallier une région beaucoup éloignée, n’hésitez pas à emprunter les transports ferroviaires en prenant votre fidèle monture, afin de gagner du temps ou de rejoindre votre point de départ. Attention, selon le type de votre deux-roues, le train choisi et la période du voyage, il sera parfois nécessaire d’adapter votre itinéraire.

Respecter les conditions
De manière générale, seuls les formats standards sont autorisés. Vous conduisez un vélo cargo, un longtail, un tandem, un vélo couché ou un tricycle ? Vous serez obligé de renoncer à votre projet. De même, les remorques, destinées à transporter enfants, valises ou animaux de compagnie, ne sont pas les bienvenues dans les rames, sauf si vous optez pour une version pliante qui répond à des normes spécifiques.
Si votre biclou est en mesure de vous suivre dans vos pérégrinations, ce sera sous votre entière responsabilité, car la grande majorité des compagnies de chemin de fer ne couvrent pas ces engins en cas de dégradation ou de vol. Soyez donc vigilant et munissez-vous toujours d’un ou plusieurs antivols afin de le sécuriser durant le trajet. Veillez également à l’étiqueter de manière visible avec vos coordonnées, c’est obligatoire à l’instar des bagages.
Les conditions d’embarquement diffèrent non seulement en fonction des opérateurs, mais aussi de l’état du vélo. À bord d’une rame de la SNCF, le cycle, démonté ou plié, doit être placé dans une housse étiquetée et normée de 130 x 90 x 50 cm au maximum pour être considéré comme un bagage. Il vous sera alors possible de monter dans tous les trains.
La compagnie espagnole Renfe, elle, impose une housse aux dimensions de 140 x 90 x 40 cm, et Trenitalia, de 110 x 80 x 45 cm. Avec la Deutsche Bahn (DB), cela varie. Toutefois, si vous partez de France et que votre vélo est rangé dans une housse aux normes SNCF, il sera probablement accepté. Dans tous les cas, il faudra auparavant bien respecter les étapes de démontage (lire l’encadré)… et conserver une trousse à outils afin de pouvoir le remonter !
Il est aussi envisageable de voyager sans avoir mis son deux-roues en pièces détachées : les règles dépendent alors de la catégorie du train emprunté (lire le tableau ci-dessous). Logique, car suivant les périodes et les destinations, les places réservées aux bicyclettes fluctuent. Seul point commun ? Vous devrez souvent payer un billet afin d’avoir le droit de la charger à bord.
Voyager avec un vélo non démonté

(1) 5 € sur les lignes Toulouse-Hendaye, Nantes-Lyon, Nantes-Bordeaux et Nancy-Lyon.
(2) Du lundi au vendredi avant 6 h 30, entre 9 h 30 et 16 h 30 et après 19 h 30 ; les samedis, dimanches et jours fériés : sans restriction d’horaire.
(3) Sauf en cas de forte influence.
(4) Des règles spécifiques s’appliquent selon les régions, les trains et les saisons.
(5) Conseillée en période estivale.
(6) Dans la limite des places disponibles.
Selon les trains empruntés, les conditions d'embarquement avec un vélo diffèrent. Si vous souhaitez le prendre avec vous démonté, vous devrez le placer dans une housse normée ; il sera alors considéré comme un bagage (excepté dans l’Eurostar, sur la ligne Paris-Londres, où il est interdit). Il voyage gratuitement dans la majorité des cas, sauf dans les Ouigo où sa prise en charge est payante. Emporter un vélo non démonté est autorisé en respectant certaines règles.
Réserver une place et accéder au train
Attention, cette option n’est accessible qu’au moment de l’achat de votre siège passager, vous ne pourrez pas l’ajouter plus tard. Astuce intéressante, sous réserve d’éviter les trains à grande vitesse : « Pour nous renseigner sur les lignes et les conditions de voyage avec un vélo, nous consultons toujours les sites présentant l’offre de TER d’une région, tels que Breizhgo.bzh (le réseau breton) ou Viamobigo.fr (celui de Bourgogne-Franche-Comté) », recommande Léa Schiettecatte, cofondatrice de Voiesrecyclables.fr et cyclo-voyageuse.
Un conseil : arrivez en avance à la gare ! Surtout en période de forte affluence (notamment aux mois de juillet et d’août), car le monde rend la circulation avec un cycle plus difficile. Cela vous permettra, en outre, de vous positionner juste en face de la porte d’une des voitures disposant d’un espace vélo, identifiable par un pictogramme collé sur le wagon.
Rappelez-vous que si votre deux-roues n’est pas démonté, un contrôleur est susceptible de vous interdire de monter à bord, même quand vous avez réservé un billet dédié. « C’est pourquoi il vaut mieux ne pas prendre le dernier train de la journée, car si la motrice est pleine et la bicyclette refusée, il n’existe pas de solution de secours », indique Léa Schiettecatte.
Si vous vous retrouvez dans cette situation, tentez de négocier de vous asseoir en première classe en réglant un éventuel supplément. Néanmoins, il reste préférable de réserver des voyages à des horaires moins prisés, en milieu de journée et hors week-end. Autre astuce, accéder au train depuis le dernier arrêt de la ligne. Par exemple, sur la côte basque, si vous voulez prendre un TER de Biarritz à Bordeaux en plein été, pédalez jusqu’à Hendaye, et vous serez assuré d’avoir de la place pour vous et votre monture.
Anticiper pour appréhender les difficultés
Tenez également compte des contraintes suivantes. D’abord, comme toutes les gares ne sont pas équipées de plateformes et que les trains peuvent comporter un étage, vous avez parfois besoin de plusieurs minutes pour grimper dedans avec le vélo, les sacoches et les bagages ; d’où l’intérêt d’être sur le quai suffisamment tôt. Ensuite, si vous n’allez pas jusqu’au terminus, installez-vous dans le sas très en amont de l’arrivée en station afin d’avoir le temps de sortir. Dans le cas contraire, placez votre vélo le plus loin possible de la porte. Ainsi, les cyclistes qui descendent avant vous seront capables de manœuvrer plus facilement.
Votre trajet compte une correspondance ? Prévoyez un délai entre les deux trains assez important. Car si certaines gares sont dotées d’ascenseurs, ils ne permettent pas toujours d’accueillir une bicyclette, leur largeur ou leur profondeur étant insuffisante. Vous n’aurez donc pas d’autre choix que de porter votre vélo et vos sacoches dans des escaliers pour changer de quai. Enfin, à l’intérieur du train, il ne doit en aucun cas gêner la sécurité ou la circulation des voyageurs dans la rame.
Comment démonter son cycle ?
Enlevez la roue avant et les éventuels porte-bagages et garde-boue. Vous devrez souvent faire de même avec la roue arrière. Identifiez chaque élément avec des morceaux de ruban adhésif de différentes couleurs avant de les ranger dans la housse ; cela vous aidera à remonter le vélo. Pour faciliter le stockage, retirez les pédales et fixez-les au cadre afin de ne pas les perdre. Il est presque toujours nécessaire de tourner le guidon en le plaçant dans l’axe du vélo. Enfin, calez le dérailleur avec de la mousse ou un vieux torchon, cela évitera qu’il s’abîme.

Marie Pellefigue
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