GUIDE D'ACHAT

Comment choisir son récupérateur d'eau de pluie ?

Fabrice Pouliquen

par Fabrice Pouliquen

La multiplication des arrêtés « sécheresse » restreignant les usages de l’eau du robinet, mais aussi la hausse attendue de son prix poussent à s’intéresser aux récupérateurs d’eau de pluie. D’autant que cette ressource peut servir à bien plus qu’arroser le jardin ! Nos conseils pour choisir le bon équipement.

L’essentiel

  • Un geste écologique et économique : récupérer l’eau de pluie permet de préserver les ressources en eau potable et de réduire sa facture, même si les économies restent modestes.
  • Des usages plus variés qu’on ne le pense : l’eau de pluie peut servir à arroser le jardin, laver les voitures, mais aussi alimenter les toilettes et, sous certaines conditions, le lave-linge.
  • Cuve aérienne ou enterrée ? Les modèles hors sol sont économiques et faciles à installer. Les cuves enterrées offrent une capacité de stockage supérieure et peuvent alimenter certains équipements de la maison.
  • Bien dimensionner sa cuve : sa capacité doit être adaptée à la pluviométrie locale, à la surface de toiture et surtout aux besoins du foyer (de quelques centaines à plusieurs milliers de litres selon les usages).
  • Un investissement à bien calculer : comptez moins de 50 € pour un petit récupérateur de jardin, mais souvent 10 000 € ou plus pour une installation complète raccordée à la maison. La rentabilité financière peut prendre plusieurs décennies.

Évacuer l’eau tombée du ciel le plus vite et le plus loin possible… Depuis plus d’un siècle, c’est le modèle de gestion ultradominant des eaux de pluie en France. À l’origine, l’idée – loin d’être absurde – était de protéger les populations des épidémies. Mais avec l’accélération du changement climatique, cette ressource est fréquemment en tension en France, y compris métropolitaine. L’été 2026, le plus chaud jamais mesuré avec 24 °C de moyenne, un déficit de pluie proche de 40 % et des restrictions d’usage en cascade, en a donné une nouvelle preuve.

Ce contexte invite à poser un nouveau regard sur l’eau qui ruisselle sur nos toits. Et s’il était judicieux d’en stocker une partie ? C’est le principe des récupérateurs d’eau de pluie. Cet équipement n’a rien de nouveau, mais les services qu’il peut rendre ne sont pas toujours bien connus. Il est possible de faire bien plus qu’arroser son jardin avec. Alors, comment choisir son récupérateur, pour quoi faire, pour quel budget… ?

Pourquoi récupérer l’eau de pluie ?

L’intérêt est avant tout écologique. Le récupérateur d’eau de pluie contribue à réduire la pression sur la ressource hydrique. La cuve se remplit avec la pluie collectée par les gouttières de l’habitation, principalement à la saison humide. Cette réserve servira à un usage ultérieur, typiquement pour arroser le jardin, en période sèche. On évite ainsi – ou du moins on réduit – le recours à l’eau distribuée au robinet. En France, celle-ci provient à 62 % des nappes phréatiques et à 38 % des eaux de surface (rivières, fleuves, lacs…). Dans les deux cas, ces réserves naturelles sont de plus en plus sous tension à la période sèche, qui ne se limite plus à l’été en métropole, mais empiète désormais sur le printemps et l’automne.

Autre point : en France, l’eau du robinet est, dans l’immense majorité des cas, potable. Avant d’être distribuée, elle passe par une usine où elle est filtrée et désinfectée. Comme toute activité, ces traitements ont un impact carbone. Or, sur les 150 l d’eau consommés en moyenne, chaque jour, par un Français, une partie des besoins pourrait être satisfaite par de l’eau non potable. Autrement dit, la pluie ! Un récupérateur permet ainsi d’alléger (même si c’est modestement) son empreinte carbone.

Voilà pour l’écogeste. Autre avantage : un récupérateur permet aussi de constituer une réserve d’eau qui sera disponible si votre commune est sous le coup d’un arrêté sécheresse limitant localement les usages (voir plus bas). Enfin, cette réserve gratuite permet de réduire quelque peu votre facture d’eau.

Un raccordement à la gouttière

L’eau de pluie tombée sur votre toit est captée par les gouttières installées en bordure, puis s’engouffre dans un tuyau vertical (descente de gouttière) avant de rejoindre le réseau public d’évacuation d’eaux pluviales ou de s’infiltrer dans le sol de votre terrain.

Le fonctionnement des récupérateurs d’eau de pluie

Un récupérateur d’eau de pluie détourne une partie de cette eau de pluie pour la stocker dans une cuve. Il existe différents types de récupérateurs, mais le principe est toujours le même. Un collecteur relie la descente de gouttière à la cuve du récupérateur et y envoie l’eau qui y passe. Enfin une partie seulement, le surplus poursuit son chemin dans la descente de la gouttière, pour éviter le débordement de la cuve (notamment en cas de fortes pluies). Le système doit aussi comprendre un « trop-plein », un dispositif de sécurité généralement installé sur la partie supérieure de la cuve – un tuyau ou une valve le plus souvent – qui évacue l’excédent d’eau lorsque la capacité maximale du réservoir est atteinte. Il le renvoie vers les égouts ou vers une solution d’infiltration dans le jardin. Cet exutoire est indispensable pour éviter que la cuve se déforme ou déborde de façon incontrôlée, risquant de provoquer une inondation ou une érosion du sol au pied de la maison.

Installer un récupérateur d’eau de pluie : cuve aérienne ou enterrée ?

C’est l’un des principaux critères de différenciation. Un récupérateur d’eau peut être hors sol (dit aussi aérien) ou enterré.

Le récupérateur hors sol

Dans le premier cas, la cuve est posée dans le jardin. C’est le dispositif le plus basique, même s’il existe déjà, dans cette catégorie, des modèles de belle taille. La capacité des cuves oscille de 100 l pour les récupérateurs classiques de jardin à 1 000 l, voire 2 000 pour les cuves de type IBC (« Intermediate Bulk Container », ou « grand récipient pour vrac »). Ces dernières sont des conteneurs-citernes composés d’une poche en polyéthylène haute densité (PEHD) entourée d’une cage métallique.

Une installation simple : ces cuves aériennes sont le plus souvent en matières synthétiques, principalement en polyéthylène (PEHD), car il offre un bon compromis entre légèreté et robustesse. L’avantage des récupérateurs aériens est qu’ils s’installent très facilement, généralement sans l’intervention d’un professionnel. Il n’y a pas de terrassement à prévoir. Il faut simplement veiller à les poser sur un sol plat et stable et raccorder correctement le dispositif à sa descente de gouttière.

Différents modèles : côté design, on trouve des récupérateurs hors sol de toutes les formes, de la colonne cylindrique standard, en plastique vert, bleu ou gris, à l’amphore ou au tonneau. Certains modèles ont même un bac à plantes intégré au-dessus de la cuve. L’esthétique est, quoi qu’il en soit, un critère à prendre en compte pour un récupérateur hors sol, de facto visible.

Le récupérateur enterré

Si vous ne trouvez aucun modèle hors sol à votre goût, vous pouvez opter pour un récupérateur enterré.

Protégé des intempéries : sa cuve reliée à la descente de gouttière présente l’avantage d’être invisible et protégée des intempéries. L’abriter du soleil limite également la prolifération des algues et contribue à préserver la qualité de l’eau stockée.

Une grande capacité de stockage : les récupérateurs d’eau enterrés offrent une plus grande capacité de stockage (de 1 500 à 10 000 l pour les installations conçues pour équiper les maisons individuelles).

Des matériaux solides : pour de tels dimensionnements, mieux vaut privilégier des matériaux solides. Il y en a en béton (solide, mais lourd et difficile à installer), en acier (résistant et durable, mais il peut rouiller) et en polyéthylène, qui offre bien souvent le meilleur compromis. Léger, résistant et facile à installer, il est en revanche moins durable que le béton et l’acier.

Avec ou sans branchement ?

C’est un autre grand critère de différenciation. Les récupérateurs d’eau peuvent être branchés à la plomberie de la maison ou non.

Pour les modèles « sans branchement », l’installation est simple. Le récupérateur est seulement relié à la descente de gouttière. Dans la partie basse de la cuve, un robinet permet d’utiliser l’eau de pluie stockée. Dans ce cas de figure, celle-ci ne peut servir qu’à des usages extérieurs comme l’arrosage du jardin, le lavage des voitures, le nettoyage d’une terrasse (notre guide pour bien nettoyer sa terrasse), d’outils de bricolage, etc.

Toutefois, depuis 2008, l’eau de pluie ne se limite plus au jardin. La réglementation française permet de l’utiliser aussi à l’intérieur de la maison, mais uniquement pour les usages ne nécessitant pas d’eau potable : le remplissage des réservoirs de WC, le nettoyage des sols et l’alimentation des lave-linge.

Avec branchement : cette possibilité reste méconnue du grand public. Tout de même, l’association des Acteurs du traitement des eaux de la parcelle (Atep), l’une des organisations professionnelles du secteur, estime à 32 000 le nombre de systèmes complets de récupération d’eau – cuve enterrée et branchée à la maison – vendus chaque année en France. Mais ce type d’installation est plus complexe et bien plus réglementé qu’un récupérateur de jardin.

Les règles pour brancher son récupérateur d’eau de pluie au réseau d’eau de la maison

Une toiture sans plomb ni amiante : la première des choses est de vérifier que votre toiture ne comporte ni plomb ni amiante. Un arrêté du 12 juillet 2024 exclut ces deux matériaux de la collecte d’eau pluviale destinée à l’intérieur des logements.

La déclaration en mairie : toute installation intérieure rejetant des eaux usées vers le réseau d’assainissement collectif doit impérativement faire l’objet d’une déclaration préalable en mairie auprès du service de gestion des eaux. Alimenter son lave-linge en eau de pluie nécessite également une déclaration en préfecture. « Pour cet usage, un niveau de qualité de l’eau supérieur (A+) est requis, précise Jérémie Steininger, délégué général des Atep. Cela suppose d’équiper son récupérateur d’un système de filtration adapté. »

Pas de mélange ! Autre contrainte : il est strictement interdit de mélanger l’eau de pluie et l’eau potable. Une séparation physique par « surverse totale » doit être mise en place pour empêcher tout retour d’eau non potable dans le réseau de la ville en cas de baisse de pression.

Des robinets dédiés, sous conditions : vous pouvez connecter votre récupérateur à des robinets dédiés, à condition que ceux-ci ne soient pas installés dans une pièce où se trouvent des robinets distribuant de l’eau potable. Par ailleurs, ces robinets d’eau de pluie devront afficher la mention « Eau non potable » ainsi qu’un pictogramme d’avertissement. Ils devront également pouvoir être verrouillés à l’aide d’un outil spécifique pour éviter une ouverture accidentelle.

Des tuyaux spécifiques pour les WC : enfin, si le projet est que l’eau de pluie serve pour les WC ou le lave-linge, le récupérateur d’eau devra être connecté aux tuyaux spécifiques alimentant ces deux équipements. « Un module de gestion pourra donner la priorité à l’eau de pluie du récupérateur et, si la cuve est vide, basculer automatiquement vers l’eau du réseau public, toujours en évitant tout contact physique entre les deux », explique Jérémie Steininger.

Ce qu’on peut faire et ne pas faire avec l’eau de pluie

N’y songez pas pour boire ou cuisiner, ni pour l’hygiène corporelle ou le remplissage de la piscine. Parce qu’elle n’est pas potable – elle peut contenir des bactéries et des résidus chimiques –, l’eau de pluie de votre récupérateur est proscrite pour ces usages. En revanche, elle peut servir à arroser votre jardin. Faiblement minéralisée, l’eau de pluie est même parfaite pour les plantations. On peut aussi l’utiliser pour d’autres usages extérieurs : laver sa voiture, sa terrasse, etc.

Et depuis 2008, donc, l’eau de pluie peut alimenter les usages non potables à l’intérieur de la maison : le remplissage des réservoirs de WC, le lavage des sols et, possiblement, le lave-linge. Ce n’est pas rien. Si on étudie la répartition des usages domestiques de l’eau établie par le Centre d’information sur l’eau (Cieau), les sanitaires comptent pour 20 %, l’arrosage du jardin et le lavage de la voiture pour 6 %, le linge pour 12 % et les usages divers pour 6 %.

Mis bout à bout, 44 % de la consommation d’eau d’un foyer pourrait être fournie par de l’eau de pluie. « Ce potentiel est un maximum théorique, tempère Jérémie Steininger. La part réellement couverte de vos besoins d’eau assurée par votre récupérateur dépendra du bon dimensionnement de l’installation. » Justement, on y vient…

Comment bien dimensionner la cuve de son récupérateur

C’est le critère d’achat le plus important. Un premier enjeu est déjà d’évaluer le volume de pluie récupérable depuis votre toit en une année. Il s’obtient par la formule mathématique suivante :

Volume récupérable = surface au sol de votre maison (m2) × pluviométrie annuelle (mm/an) × coefficient de récupération de votre toit

Le dernier paramètre estime l’eau qui est susceptible de s’évaporer, s’infiltrer ou s’échapper des gouttières suivant le revêtement de votre toit. Plus le chiffre est proche de 1, moins il y a de pertes. On trouve facilement en ligne les valeurs standards utilisées pour calculer le dimensionnement des cuves. Pour un toit en acier ou en zinc, le coefficient de récupération dépasse 0,90 (seulement 10 % de perte), en ardoises naturelles, il est de 0,85, en tuiles en terre cuite ou en béton de 0,80…

Pour la pluviométrie, plusieurs sites Internet, dont celui de l’association Infoclimat, fournissent les cumuls de précipitations annuels par département depuis 1985. Ces cumuls varient de 600 mm d’eau par an pour les régions les plus sèches (pourtour méditerranéen ou bassin parisien, par exemple) à plus de 1 500 mm pour les régions les plus arrosées (massifs montagneux, Pays basque…).

Un exemple concret : pour une toiture présentant une surface de collecte horizontale de 100 m2, avec 700 mm de précipitations annuelles et un coefficient de récupération de 0,8, le potentiel théorique d’eau de pluie collectable par un récupérateur est de 56 000 l.

Attention, tout de même, à ne pas dimensionner votre cuve au regard de ce seul potentiel théorique. Un autre paramètre crucial à prendre en compte est l’usage que vous comptez faire de cette eau de pluie. Là encore, le Cieau donne quelques ordres de grandeur sur les consommations moyennes des différents points d’eau d’un foyer : pour un WC moderne (à double commande), comptez 3 à 6 l par chasse ; pour un lave-linge, 30 à 60 l par cycle ; pour le jardin, 15 à 20 l/m2 à chaque arrosage.

Bon à savoir : si vous avez peur de vous perdre dans les chiffres, des outils en ligne vous aident à calculer le volume de stockage correspondant à vos besoins. C’est le cas notamment de Recolto.fr, édité par la société Makina Corpus Territoires en collaboration avec plusieurs services publics. Attention tout de même, ces simulateurs ne donnent que des ordres de grandeur. Il faudra impérativement affiner ce dimensionnement avec un professionnel, si vous envisagez d’installer une cuve de grande capacité connectée à la maison.

De 300 à plus de 10 000 l : quelques ordres de grandeur sur les capacités

  • Le modèle le plus couramment acheté en France est le récupérateur mural de 300 l. Son utilisation se limite à l’arrosage du jardin. « Mais il se vide en 2 arrosages seulement et déborde dès la première grosse pluie, nous met en garde Jérémie Steininger. Toutefois, il a le mérite de sensibiliser les particuliers à l’eau de pluie et à ses potentialités. »
  • Un récupérateur de 2 000 l – contenance des plus grands modèles aériens – permet de viser une autonomie plus grande pour les usages extérieurs, notamment en cas de restriction d’eau prolongée : potentiellement plusieurs semaines pour un petit jardin et/ou un petit potager.
  • Pour un système complet – cuve enterrée branchée au réseau intérieur de l’habitation – dont le but est de couvrir le plus possible les usages non potables du foyer, « l’ordre de grandeur se situe entre 3 500 et 5 000 l pour un pavillon classique », poursuit le délégué général de l’Atep.
  • Si le but est, en plus des usages intérieurs, d’avoir un maximum d’autonomie en saison sèche pour assurer l’arrosage du jardin et/ou du potager, « alors mieux vaut partir sur une capacité de 10 000 l », reprend Jérémie Steininger.

Quel budget prévoir ?

Il n’est pas si simple de donner des ordres de grandeur, tant les prix des récupérateurs peuvent varier en fonction de leur capacité, mais aussi de leurs matériaux, de leur esthétique, des accessoires avec lesquels ils sont vendus…

Pour un récupérateur aérien de 300 l, les modèles les plus onéreux avoisinent les 500 €. Mais on en trouve des basiques à moins de 50 €. Attention tout de même à leur durabilité : si la paroi de la cuve est trop fine, elle se déformera sous l’effet du soleil ou du gel.

Pour les récupérateurs avec cuve enterrée, le budget est plus élevé. Pour une cuve de 1 000 à 2 000 l, les prix oscillent entre 2 000 et 4 000 €, installation comprise. Pour une atteindre 5 000 l, le budget à prévoir est entre 3 500 et 7 000 €. Et pour un système complet – cuve enterrée de 5 000 l et alimentation –, « on est rarement sur des chantiers à moins de 10 000 € », indique Jérémie Steininger.

En synthèse

Type 

Capacité

Prix indicatif

Usages possibles

Avantages

Inconvénients

Récupérateur aérien classique (mural, colonne, tonneau…)

100 à 1 000 l, modèle le plus courant : 300 l

Moins de 50 € à près de 500 € pour 300 l

Arrosage du jardin, voire autre usage extérieur selon la capacité

Économique, facile à installer soi-même, sans terrassement, nombreux designs

Faible autonomie pour les petits modèles, visible, sensible au gel et aux UV

Récupérateur aérien grande capacité (type IBC)

Jusqu’à 2 000 l

Entre 400 et 800 €

Arrosage du jardin ou du potager, nettoyage extérieur

Plus grande réserve d’eau, autonomie potentielle de plusieurs semaines pour un petit jardin

Encombrant, visible, nécessite un sol plat et stable, sensible au gel, pas très joli

Récupérateur enterré sans branchement intérieur

Généralement 1 500 à 10 000 l

2 000 à 4 000 € pour 1 000 à 2 000 l ; 3 500 à 7 000 € pour 5 000 l, pose comprise

Arrosage, nettoyage extérieur

Invisible, protégé des intempéries et du soleil, grande capacité, limite les algues

Installation plus complexe, terrassement, coût élevé

Récupérateur enterré avec branchement intérieur (système complet)

3 500 à 5 000 l pour un pavillon classique ; jusqu’à 10 000 l pour davantage d’autonomie

Rarement moins de 10 000 € pour un système complet de 5 000 l

WC, lavage des sols, lave-linge sous conditions, usages extérieurs

Réduction plus importante de la consommation d’eau potable, grande capacité, équipement discret

Coût très élevé, travaux de plomberie, réglementation stricte, filtration et entretien nécessaire

Où acheter un récupérateur d’eau ?

On trouve des récupérateurs d’eau de pluie dans les enseignes de jardinage, mais pas seulement. Ils sont commercialisés dans différents circuits de distribution, selon leur capacité et le type d’installation. On en trouve dans les grandes surfaces de bricolage et sur Internet.

Les aides à l’achat

Certaines communes et intercommunalités mettent en place des aides à l’acquisition de récupérateurs d’eau, le plus souvent sous la forme d’un bon d’achat ou d’un remboursement partiel sur présentation de factures. Mais certaines collectivités vont jusqu’à en distribuer gratuitement, sur demande, à leurs habitants. C’est le cas, par exemple, de l’intercommunalité Grand-Orly Seine Bièvre avec l’opération « Mon eau de pluie ». Ça vaut le coup de se renseigner auprès de sa mairie.

Les économies escomptées

Un récupérateur d’eau de jardin sans branchement de 300 l – le modèle le plus vendu à ce jour en France – fait économiser de l’ordre de 3 à 6 m3 d’eau potable par an. Cela représente un gain sur la facture de 15 à 30 €.

« Avec un branchement intérieur et une cuve bien dimensionnée, une maison dotée de 100 m2 de toiture peut couvrir l’essentiel des usages compatibles du foyer [les fameux 44 %], affirme Jérémie Steininger. Pour un foyer de référence consommant 120 m3 d’eau par an, ça représente une économie d’eau potable annuelle de 53 m3, soit environ 260 € par an. » Une estimation à nuancer toutefois. « Si, après utilisation, l’eau de pluie repart au tout-à-l’égout et n’est pas gérée sur la parcelle [infiltration sur le terrain], alors elle n’est pas totalement gratuite, souligne le délégué général de l’Atep. Le volume rejeté sera soumis à la redevance d’assainissement, qui représente environ la moitié du prix de l’eau en France. » Il faut aussi déduire les frais d’entretien du récupérateur et d’électricité pour le faire fonctionner.

Bref, l’achat d’un récupérateur d’eau se rentabilise en plusieurs années, voire décennies pour les installations de grande capacité. Il faut dire que le coût moyen de l’eau du robinet (distribution et assainissement) reste modéré en France : 4,89 € TTC/m3. Mais ce prix augmente peu à peu ces dernières années et pourrait flamber à l’avenir (lire Que Choisir Argent de juillet-août 2024).

Peut-on utiliser l’eau de pluie de son récupérateur en cas d’arrêté sécheresse ?

Au 10 août 2026, alors que la métropole essuyait sa cinquième canicule depuis mai, 70 % du territoire français faisait l’objet d’un arrêté « sécheresse » restreignant les usages de l’eau, indiquait le ministère de la Transition écologique : 67 départements étaient placés en situation de crise, l’eau étant réservée aux usages prioritaires (santé, sécurité civile, eau potable, salubrité).

En pareille situation, l’utilisation de l’eau de pluie stockée dans les récupérateurs est-elle autorisée, notamment pour arroser les jardins et potagers ? La réponse n’est pas simple. « Le problème est que ces arrêtés “sécheresses” sont pris par les préfectures et ne sont pas uniformisés », répond Jérémie Steininger. De plus en plus, tout de même, ces arrêtés précisent que les mesures de restriction ne s’appliquent pas lorsque l’eau provient de réserves d’eau de pluie. Mais cette précision n’est pas automatique. Certains arrêtés se contentent de rappeler les restrictions d’eau sans faire de distinction en fonction de la provenance de l’eau utilisée. « Dans ce cas de figure, on ne peut exclure le risque de recevoir une amende en arrosant son jardin aux heures interdites, par exemple », reprend Jérémie Steininger. Mieux vaut donc consulter les arrêtés « sécheresse » pris sur votre territoire – consultables sur le site institutionnel Vigie.eau.gouv.fr – ou interroger directement la préfecture et/ou la mairie.

Les accessoires indispensables et conseillés

Quand on choisit un récupérateur aérien, selon son design, il faut le monter sur un socle ou une rehausse pour faciliter le passage d’un arrosoir sous le robinet. La présence d’un couvercle sur la cuve est aussi indispensable pour éviter que des feuilles et autres débris s’y déposent. Surtout, il empêche que des moustiques y pondent.

De gauche à droite : un socle, des filtres et une pompe pour récupérateur d'eau de pluie.

Au niveau des gouttières, il peut être bon d’installer des grilles et crapaudines pour éviter que les débris s’y accumulent. Et, dans la cuve, un filtre à particules fines retiendra le sable, la poussière et les résidus de toiture pour protéger l’installation d’une usure prématurée.

Enfin, parmi les accessoires de confort et d’optimisation figure la pompe (de surface ou immergée). Son principal rôle est d’aspirer l’eau de la cuve et de la propulser sous pression dans un tuyau avec un débit puissant et constant. Utile et parfois même indispensable pour un récupérateur branché à la plomberie intérieure d’une maison. Citons également le kit de jumelage, qui permet de connecter deux récupérateurs pour augmenter la capacité de stockage.

L’entretien

Il commence dès la gouttière. Pour que l’écoulement reste fluide, il est conseillé de retirer les feuilles mortes, les mousses et les débris au moins deux fois par an, au printemps et à l’automne.

Même chose pour le collecteur d’eau de pluie (pièce installée à la descente de gouttière qui dérive l’eau vers la cuve du récupérateur), ainsi que les filtres ou la pompe si vous décidez de vous en équiper : il faut les nettoyer régulièrement pour les débarrasser des feuilles qui peuvent s’y accumuler.

Pour les modèles aériens, au minimum dans les régions où les hivers peuvent être rudes, il faudra prévoir de vider complètement la cuve avant la saison froide. Si de l’eau y gèle, elle risque de déformer l’enveloppe, voire de la faire exploser.

Pour les cuves enterrées, mieux vaut prévoir également un nettoyage complet de l’installation (vidange, brossage des parois, nettoyage et entretien des filtres et de la pompe) tous les un ou deux ans.

Les récupérateurs d’eau de pluie favorisent-ils la prolifération des moustiques ?

C’est un risque, oui. Pour éviter que les moustiques y pondent, la cuve doit être fermée et les éventuelles ouvertures protégées par des dispositifs adaptés, comme des grilles à mailles fines. Certaines communes et départements imposent d’ailleurs ces protections.

Autre risque des récupérateurs de jardin, la prolifération d’algues dans l’eau de la cuve. Elles sont dues à 3 facteurs : la lumière, la chaleur et la présence de débris et de feuilles dans la cuve. Pour les éviter, il faut d’une part équiper sa cuve des filtres et protections mentionnés plus haut (et les nettoyer régulièrement), et de l’autre rendre sa cuve opaque si elle ne l’est pas déjà. On peut, par exemple, la revêtir d’une housse anti-UV ou la peindre en noir.

Un récupérateur d’eau de pluie peut-il provoquer l’apparition de fissures sur une maison ?

Vous avez peut-être entendu parler du RGA (le retrait-gonflement des argiles). Ce phénomène expose les maisons construites sur des sols argileux à des risques de fissures. Pour faire simple, à la saison sèche, l’argile se contracte et le sol se tasse. À l’inverse, à la saison des pluies, l’argile gonfle. Lorsqu’il y a un mouvement différentiel du sol sous les fondations (entre deux parties qui se tasse plus ou moins), des fissures plus ou moins graves peuvent apparaître dans les murs et impliquer de lourds travaux.

Une fuite au niveau d’un récupérateur d’eau de pluie peut favoriser ce mouvement différentiel du sol sous la maison. Tout simplement, l’eau s’écoulant du récupérateur gardera le sol à proximité humide, même à la saison sèche, quand il aura tendance à se tasser ailleurs. On ne peut écarter ce risque, « même si, pour l’éviter justement, les cuves enterrées bien installées le sont à distance des fondations », indique Jérémie Steininger.

Selon ce dernier, un récupérateur d’eau peut bien plus faire partie de la solution. Il renvoie ainsi vers le projet MACH que développe en ce moment le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema). Ce dispositif s’articule autour de capteurs et d’un récupérateur d’eau de pluie. Les capteurs sont placés dans le sol sous la maison. Leur mission est de surveiller le taux d’humidité aux endroits identifiés comme fragiles. Lorsque le taux tombe trop bas, l’eau de la cuve est diffusée en goutte-à-goutte, via un tube d’infiltration, pour restaurer l’équilibre et prévenir les mouvements différentiels. Ce dispositif, testé sur plusieurs maisons, est toujours en phase d’expérimentation. Il pourrait être commercialisé en 2027.

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