par Yves Martin
par Yves Martin
Le vaisseau amiral de la flotte DS Automobiles, la N°8, se situe entre un SUV coupé et une berline routière. Très confortable et agréable à conduire, l’électrique propose une bonne autonomie et se recharge rapidement. Mais son style, pour le moins original, risque de ne pas plaire à tout le monde.
Nouveau fleuron de la marque DS Automobiles, la N°8 arbore un style pour le moins particulier qui ne plaira pas à tout le monde. Difficile aussi de la classer dans un segment précis : d’aucuns parlent d’une routière classique, d’autres, comme le constructeur lui-même, d’un SUV coupé. Et de justifier son choix par la hauteur de la N°8, qui culmine à 1,58 m, s’approchant des SUV perchés à plus de 1,60 m alors que la moyenne des berlines du segment des routières sont plus généralement situées à 1,45 m. Le choix stylistique est surtout justifié par la volonté de limiter la résistance aérodynamique au profit d’une meilleure autonomie. Ainsi, l’ensemble du travail sur l’aérodynamique permet un gain d’autonomie de 60 km (selon le cycle WLTP) et même de 75 km sur autoroute.
Atypique par son style extérieur, la N°8 l’est aussi par son intérieur très moderne. Premier détail visible, le volant à quatre branches en X arborant de chaque côté deux pavés numériques agréables à gérer. Une configuration particulière qui évite d’avoir un ensemble trop mastoc dégageant d’autant mieux le champ de vision du conducteur. Face à lui, un combiné d’instruments de 12,25" très lisible qui dispose de 5 modes de personnalisation et s’avère très sobre, presque austère. Il est complété par l’affichage tête haute qui projette dans le champ de vision du conducteur des informations de vitesse ou la cartographie intégrant l’itinéraire.
L’écran central de 16" est totalement intégré à la planche de bord. Dommage qu’il manque de réactivité et qu’il faille parfois insister pour modifier un réglage. Heureusement, l’ergonomie générale est assez bonne et on arrivera rapidement à trouver ses repères. On apprécie particulièrement les touches physiques, placées sous l’écran central, qui permettent d’accéder rapidement à une fonction.
L’habitabilité globale est plutôt bonne et les occupants seront bien lotis. Nous avons apprécié le confort et le maintien des sièges, sauf pour la place centrale arrière un peu juste en garde au toit et à l’assise trop plate. Une fois assis à la place passager, la longue porte nous obligera à se décaler sur le siège et à tendre le bras pour attraper la poignée de porte, qu’on aura cherché la première fois car elle est intégrée derrière le haut-parleur. Si cela semble relever du détail, il faudra tout de même faire attention dans les petits espaces afin de ne pas endommager la porte à l’ouverture car elle peut facilement échapper de la main.
Les espaces de rangement sont assez nombreux, mais parfois peu pratiques, comme celui situé sous la console centrale à l’avant. De plus, ce dernier comporte des porte-gobelets mais le conducteur aura bien du mal à prendre sa boisson sans se pencher et sans quitter les yeux de la route.
Le volume de coffre de 620 l minimum (580 l pour la version 4x4) permet de loger facilement tous les bagages de la famille même si, forcément, il faudra un peu s’étirer pour aller chercher les valises qui sont au fond. Un bon point pour cette routière : elle possède une capacité de traction allant jusqu’à 1 600 kg.
La nouvelle routière tout électrique de DS Automobiles est proposée avec trois motorisations, en version deux ou quatre roues motrices. Nous avons pris le volant de celle qui devrait représenter le plus gros des ventes : la FWD (roues motrices à l’avant) Long Range (pour « grande autonomie »). Le moteur développe alors une puissance de 245 ch et est alimenté par une batterie d’une puissance de 97,2 kWh. Une capacité assez importante qui permet au constructeur d’annoncer une autonomie record de 750 km selon le cycle d’homologation WLTP. Et ce serait même, selon le site du constructeur, « supérieur à 500 km sur autoroute » ! Une allégation que DS Automobiles dit avoir vérifié en ayant parcouru les 450 km entre Paris et Lyon à une vitesse de 120 km/h sans recharge et disposant à l’arrivée d’encore 60 km d’autonomie, soit 510 km au total. Attention cependant car Peugeot, la marque cousine de DS, s’est fait épingler par la cour d’appel de Toulouse pour avoir vendu une voiture électrique neuve dont l’autonomie maximale s’est avérée très inférieure à celle annoncée.
Lorsque nous avons pris le volant de la N°8 FWD Long Range, le niveau de charge était à 100 % et l’ordinateur de bord indiquait une autonomie de 648 km. Après un périple de 321 km réalisé sur des voies urbaines et routes rapides à 110 km/h, il nous restait 23 % de capacité pour 97 km d’autonomie annoncés. La consommation moyenne s’est établie à 20,4 kWh/h. La faible température extérieure n’a pas aidé à améliorer la performance car le chauffage, les sièges chauffants et les chauffe-nuques étaient activés (un équipement par ailleurs assez pratique et qui offre un bon confort thermique). L’autonomie totale s’est donc établie à 418 km. Précisons que notre trajet a été réalisé en plusieurs fois, ce qui fausse un peu la donne et s’avère un peu plus énergivore que s’il l’avait été d’une seule traite. Il est donc judicieux de tabler sur une autonomie globale de 400 km sur autoroute. Cela place la N°8, même si elle n'est pas la mieux-disante du segment à ce niveau, dans le haut du panier.
Elle gagne également des points au moment de la charge où elle est capable de récupérer 200 km en 10 minutes lors d’une charge rapide, ce qui est souvent mieux que la concurrence qui accepte pourtant généralement une puissance de charge plus importante. En effet, si celle de la N°8 est limitée à 160 kW, le système est capable de maintenir ce maximum entre 20 % et 55 % de charge de la batterie. Dès lors, il faudra compter 27 minutes pour passer de 20 % à 80 % de charge. À la maison, sur une wallbox de 11 kW, il faudra 4 h 45, et sur une de 7,4 kW, ce sera 6 h 55.
La N°8 dispose de trois puissances de freinage régénératif, réglables via les palettes au volant, ainsi que d’un mode « one pedal » qui permet d’aller jusqu’à l’arrêt complet sans toucher à la pédale de frein. Une fonction appréciable mais qui demande un peu d’habitude.
Sur route, la N°8 s’est montrée silencieuse et très confortable grâce à des suspensions efficaces. À noter que la routière reçoit de série un système d’amortissement variable relié à une caméra située en haut du pare-brise. La suspension s’adapte alors en temps réel aux irrégularités de la chaussée pour offrir un meilleur confort, par exemple au passage d’un dos d’âne.
La DS N°8 dispose également de nombreuses aides à la conduite avec notamment le système de changement de file automatique qui ne demande pas de validation de la manœuvre (comme c’est par exemple le cas sur sa petite sœur la DS N°4). Ainsi, après avoir vérifié que la manœuvre est possible (capteur d’angle mort, caméras avant et arrière, radars…), la voiture change de voie toute seule : pratique lors d’un dépassement sur autoroute. En revanche, le rétroviseur intérieur qui peut être utilisé en mode traditionnel (miroir) ou en mode caméra nous a moins convaincu. Si cela permet d’avoir une image de très bonne qualité et sans perte de vision, l’appréciation des distances est particulière. Tout semble plus proche et il faudra un peu d’habitude au conducteur pour se familiariser avec.
| FWD (1) | FWD (1) | AWD (2) | |
| Puissance | 230 ch | 245 ch | 350 ch |
| Capacité de la batterie | 73,7 kWh | 97,2 kWh | 97,2 kWh |
| Pallas | 59 500 € | 63 600 € | - |
| Pallas Ligne Business | 59 900 € | 64 000 € | - |
| Étoile | 66 780 € | 71 200 € | 74 900 € |
| Étoile Ligne Business | 66 780 € | 70 400 € | - |
(1) FWD : Front Wheels Drive (roues avant motrices). (2) AWD : All Wheels Drive (quatre roues motrices).
Les +
Les -
Yves Martin
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