par Fabrice Pouliquen
par Fabrice Pouliquen
Il n’y a pas que les carburants… Le conflit actuel au Moyen-Orient entraîne aussi une hausse des prix du gaz sur les marchés, qui se répercute sur les factures. La Commission de régulation de l’énergie vient ainsi d’annoncer une hausse substantielle de son prix repère de 6,3 % au 1er octobre. Explications.
Les prix du carburant ont atteint cette semaine un nouveau record en France sur fond de guerre au Moyen-Orient. Mercredi, le gazole se payait en moyenne 2,29 € le litre, le SP95 E10 autour des 2,12 € et le SP98 2,28 €. Voilà une première conséquence directe de ce conflit, déclenché il y a six mois et ravivé ces dernières semaines par la reprise des frappes intensives des États-Unis contre l’Iran.
Il faut se préparer à une deuxième conséquence, qui risque de peser, elle aussi, lourdement sur le budget des ménages : la flambée des prix du gaz.
Ce jeudi, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a annoncé une nouvelle augmentation du prix repère de vente de gaz (PRVG) à partir du 1er octobre. Cette fois-ci, de +6,3 %. Le PRVG passera ainsi, en moyenne, de 172,05 € par mégawattheure (MWh) TTC à 182,88 €/MWh, précise la CRE.
Dans le détail, cela correspond à une hausse de 6,4 % sur le prix du kilowattheure (kWh) pour un foyer utilisant le gaz pour la cuisson et l’eau chaude, et de 8 % sur le prix du kilowattheure pour le chauffage.
Comme pour le pétrole, entre 20 et 25 % de la production mondiale de gaz naturel liquéfié transitait par le détroit d’Ormuz, point névralgique des tensions actuelles au Moyen-Orient. Les méthaniers y circulent désormais très mal, poussant les pays consommateurs de gaz à rechercher d'autres voies d'acheminement ou à diversifier leurs fournisseurs.
Ces tensions géopolitiques font alors grimper les prix du gaz sur les marchés où s’approvisionnent les fournisseurs. L’indice de référence européen a ainsi atteint la barre des 80 € le mégawattheure mercredi, un sommet qui n’avait pas été atteint depuis trois ans et demi.
C’est bien cette flambée des coûts d’approvisionnement du gaz pour les fournisseurs qui explique cette nouvelle augmentation du PRVG en octobre. Elle devrait se traduire par une hausse de 5,28 €, en moyenne, sur la facture d’octobre des consommateurs concernés.
Pour rappel, depuis juillet 2023, la CRE publie chaque mois un prix repère de vente de gaz. Il ne s’agit pas d’une offre commerciale à laquelle le particulier peut souscrire, mais d’un indicateur destiné à refléter le coût de la fourniture de gaz au consommateur. Il lui permet ainsi de comparer les offres sur le marché.
Mais ce PRVG est parfois bien plus qu’une boussole : de nombreux fournisseurs proposent en effet des offres indexées sur ce prix repère. Dans ces dernières, le prix du kilowattheure qu’ils facturent évolue chaque mois en fonction du PRVG, à la hausse comme à la baisse.
Les ménages ayant souscrit une telle offre seront donc directement touchés par cette nouvelle augmentation du PRVG. Ce n’est pas le cas de ceux ayant souscrit une offre à prix fixe, soit 40 % des clients résidentiels au gaz (environ 4 millions) à la fin 2025.
Le PRVG avait déjà augmenté de 5,62 % en septembre et, en cumulé, depuis janvier, il a augmenté de près de 40 %. « Sous réserve que la situation reste à peu près stable d’ici la fin de l’année, la facture annuelle 2026 pourrait être en moyenne 10 % plus élevée que la facture annuelle 2025 (soit +120 € TTC environ), les prix de début d’année ayant été relativement bas », estime la CRE dans son communiqué.
Deux pistes peuvent alors être envisagées pour limiter son exposition à la hausse des prix. La première est de passer à une offre de fourniture à prix fixe. La plupart des fournisseurs en proposent au moins une. Dans ce cas de figure, le prix du kilowattheure qui est facturé est fixe pour une durée déterminée dans le contrat. Cette durée est généralement d’un ou deux ans, et plus rarement de trois ans.
C’est une façon au moins de se mettre à l’abri de nouvelles hausses éventuelles des prix du gaz dans ce contexte géopolitique tendu. Et sans attendre : changer d’offre d’énergie peut se faire à tout moment, sans délai et gratuitement. Le comparateur de gaz et électricité gratuit de Que Choisir est là pour vous aider à repérer les meilleures offres du moment.
Une solution plus radicale est de remplacer sa chaudière au gaz par une pompe à chaleur air-eau, solution que pousse fortement, en ce moment, le gouvernement, notamment via le plan « électrification » présenté au printemps dernier. L’investissement n’est pas anodin et doit être mûrement réfléchi. Comptez entre 13 000 € et 15 000 € pour une installation dimensionnée pour une maison, hors aides.
Mais la revalorisation des aides et cette hausse actuelle du prix du gaz tendent à réduire sensiblement la durée d’amortissement d’un tel équipement dont le principal intérêt est de réduire les factures de chauffage par rapport à une chaudière au fioul ou au gaz. Encore plus si vous avez l’opportunité, au préalable, d’améliorer l’isolation de votre logement.
Fabrice Pouliquen
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