par Fabrice Pouliquen
par Fabrice Pouliquen
Le gouvernement a validé la proposition de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) d’augmenter le niveau moyen des tarifs réglementés de vente d’électricité (TRVE), l’offre de fourniture d’électricité encadrée par l’État. La hausse sera de 2,5 % à partir du 1er août.
Il avait baissé de 15 % en février 2025 et était resté stable depuis, ce qui marquait un début de retour à la normale du marché de l’électricité après la crise énergétique de 2021-2023. La parenthèse touche à sa fin. Au 1er août prochain, le niveau moyen du tarif réglementé de vente de l’électricité (TRVE) repartira à la hausse.

La Commission de régulation de l’énergie (CRE), chargée de soumettre au gouvernement une révision des prix de ce TRVE deux fois par an (au 1er février et au 1er août), propose cette fois une hausse de 2,5 % toutes taxes comprises (TTC) de son niveau moyen. Cette hausse se répartira entre le tarif du kilowattheure (kWh) et celui de l’abonnement.
Pour rappel, le TRVE est une offre d’électricité dont les prix du kilowattheure et de l’abonnement sont encadrés par l’État et que proposent au moins, obligatoirement, les fournisseurs historiques à l’instar d’EDF via son « tarif bleu ». Au 31 mars, 19,37 millions de clients résidentiels avaient souscrit un contrat au TRVE en métropole, soit un peu plus de la moitié des foyers français.
Les ménages concernés verront ainsi leurs factures légèrement augmenter à partir d’août. La nouvelle grille tarifaire précise, détaillant les prix du kilowattheure et de l’abonnement par puissance souscrite, n’est pas encore connue.
La CRE estime, en tout cas, que cette évolution de +2,5 % TTC du niveau moyen des TRVE par rapport à ceux en vigueur se traduira par une hausse de l’ordre de 5,88 € TTC par mégawattheure (MWh) par an. Pour un foyer consommant 4,5 MWh par an, « la facture TTC passera donc de 1 046 € TTC à 1 072 € TTC », illustre la CRE. Soit une hausse de 26 €.
La CRE invoque deux raisons pour expliquer cette hausse.
La première est l’augmentation du niveau du tarif d’utilisation du réseau public d’électricité (Turpe). Ce tarif est payé par tous les utilisateurs et consommateurs d’électricité (entreprises, collectivités, particuliers). Il sert à financer le transport et la distribution d’électricité, mais aussi la gestion, l’entretien, la modernisation et le développement du réseau. Dans une délibération de mai dernier, la CRE avait acté une augmentation d’environ 3 % de ce Turpe, qui représente à peu près un tiers de notre facture d’électricité.
Le deuxième facteur évoqué est l’évolution, également à la hausse, de la « brique capacitaire des TRVE ». Cette composante du TRVE sert à financer le « mécanisme de capacité » qui vise à réduire les risques de défaut d’approvisionnement en électricité lors des moments de fortes tensions. Les producteurs d’électricité et certains acteurs de l’effacement sont ainsi rémunérés pour garantir la disponibilité de la capacité de production dans ces moments de forte consommation. Ce mécanisme a été revu de fond en comble, comme prévu par la loi de finances 2025.
Ces deux hausses seront légèrement compensées par une baisse de l’accise sur l’électricité pour les consommateurs d’électricité avec une puissance souscrite inférieure ou égale à 36 kVA (soit les clients résidentiels). L’accise est l’une des taxes payées par les consommateurs sur leurs factures. Son produit est versé au budget général de l’État. Cette baisse est toutefois légère, puisque cette accise passera de 30,85 €/MWh à 30,62 €/MWh.
→ Lire aussi : Facture d’électricité - Les points clés pour la comprendre
Pour rappel, les 19,37 millions de clients résidentiels ayant souscrit une offre au TRVE ne sont pas les seuls concernés par cette hausse des tarifs à compter du 1er août. Certaines offres proposées par des fournisseurs alternatifs sont aussi indexées sur les tarifs réglementés. Autrement dit, leurs tarifs du kilowattheure et de l’abonnement diffèrent de ceux du TRVE. En revanche, ils évoluent comme ce dernier, deux fois par an, à la hausse comme à la baisse.
Fabrice Pouliquen
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