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Gaz et électricitéDes centaines d’euros à économiser en faisant jouer la concurrence

Fabrice Pouliquen

par Fabrice Pouliquen

Dans une étude publiée cette semaine, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a analysé la cohérence des prix de 400 offres d’électricité et de 300 offres de gaz. Les consommateurs plus avertis parviennent à obtenir des prix inférieurs de plus de 10 % aux références publiées par les pouvoirs publics. Mais l’inverse vaut aussi.

L’essentiel 

  • La CRE a analysé la cohérence des prix de 400 offres d’électricité et 300 de gaz auxquelles souscrivent, respectivement, 11,6 millions et 8,6 millions de ménages. À chaque fois, les tarifs appliqués ont été comparés aux prix de référence que communique régulièrement la CRE.
  • Résultat : que ce soit en gaz ou en électricité, la majorité des consommateurs paient un prix proche ou inférieur aux références de la CRE.
  • Autre enseignement de l’étude : une minorité de consommateurs paie encore trop cher son énergie, jusqu’à plusieurs centaines d’euros par an.

C’est l’une des caractéristiques françaises de la fourniture d’énergie… Les particuliers sont très fidèles à l’égard de leurs fournisseurs. Seuls 9 % d’entre eux changent de crèmerie dans l’année, indique la Commission de régulation de l’énergie (CRE), l’autorité indépendante chargée de garantir le bon fonctionnement des marchés français de l’énergie. Ce taux grimpe à 25 % en Italie ou à 14 % en Allemagne.

Le poids des tarifs réglementés, des offres dont les prix de l’abonnement et du kilowattheure (kWh) sont encadrés par l’État, explique en grande partie cette stabilité. En décembre 2025, sur les 35 millions de consommateurs d’électricité, 19,5 millions (soit 56 %) souscrivaient au tarif réglementé de vente d’électricité (TRVE) que proposent obligatoirement les fournisseurs historiques. Principalement EDF mais aussi les entreprises locales de distribution dans les territoires où celles-ci sont fournisseurs historiques (GEG à Grenoble, ÉS à Strasbourg…).

Des économies non négligeables à réaliser

Pourtant, il est possible d’avoir de meilleurs prix. C’est l’un des constats de l’étude publiée cette semaine par la CRE sur la cohérence des offres de marché (non réglementées) des fournisseurs. L’instance a passé au crible les prix de 400 d’entre elles. Elles couvrent 75 % du marché (11,6 millions de clients résidentiels).

Pour un peu plus d’un tiers (34,7 %), il s’agit d’offres à prix fixe, le prix du kWh ne variant pas sur une période prédéfinie à la souscription. Généralement un an, mais parfois davantage.

Un autre tiers (32,9 %) est constitué d’offres indexées sur le TRVE, les prix du kWh et de l’abonnement variant comme ce dernier, à la hausse ou à la baisse, deux fois par an.

Enfin 32,4 % sont des offres avec d’autres modalités d’évolution, indexées par exemple sur les marchés de l’électricité

Voilà pour le panorama. Globalement, la concurrence joue bien son rôle, constate la CRE. Un consommateur sur deux ayant souscrit une offre de marché fait des économies par rapport au TRVE. Plus de 10 % des consommateurs bénéficient même de prix inférieurs de plus de 5 % au TRVE. Les consommateurs les plus avertis – les 1 % qui ont souscrit aux offres de marché les plus compétitives – réalisent des économies non négligeables. « Jusqu’à 150 € par an par rapport au consommateur moyen en offre de marché d’électricité », précise la CRE.

Mais l’inverse vaut aussi… et peut-être même surtout. Près de 10 % de ces 11,6 millions de clients résidentiels ont actuellement une offre dont les tarifs excèdent de plus de 10 % le TRVE. Changer peut se traduire par des baisses nettes de factures. Jusqu’à 591 € par an, calcule la CRE concernant les 1 % des consommateurs actuellement sur les contrats d’électricité les plus chers.

Rester vigilant sur les offres à prix fixe

La CRE ne nomme pas ces offres très onéreuses, mais dresse tout de même deux constats. La part des contrats verts – dans lesquels le fournisseur s’engage à couvrir au moins une partie de votre consommation par de l’électricité d’origine renouvelable – est importante parmi les offres plus chères que le TRVE.

Un exemple : parmi les 14 % de clients en offre de marché qui ont actuellement des prix supérieurs au TRVE de 5 à 10 %, 97 % sont sur des contrats verts. Souscrire à de telles offres est un choix louable dans le contexte de transition énergétique… mais militant, puisqu’un tel choix entraîne un surcoût sur la facture (pour l’instant du moins).

Deuxième constat : parmi les offres plus chères que le TRVE, on trouve proportionnellement beaucoup d’offres à prix fixe. La CRE explique cette prépondérance par des contrats signés il y a quelques années, au moment où les prix de l’énergie étaient élevés.

Si ces offres ont pu être profitables dans un premier temps, car plus protectrices en période d’instabilité sur les marchés de l’énergie, elles ne le sont plus aujourd’hui alors que les prix de l’électricité reviennent petit à petit à des niveaux d’avant-crise. « Nous allons prendre contact avec les quelques fournisseurs qui maintiennent ces offres à prix fixe très onéreuses pour leur demander des explications », indique Emmanuelle Wargon, présidente de la CRE.

En attendant, elle rappelle aux particuliers qui sont sur ce type de contrat qu’ils peuvent changer de fournisseur à tout moment et sans frais. Ils sont invités à comparer leurs offres avec celles actuellement disponibles à la souscription. Que Choisir propose un tel outil qui a l’avantage d’être gratuit.

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Mêmes constats pour le gaz

Voilà pour l’électricité. La CRE s’est aussi penchée sur le marché du gaz. Sur celui-ci, depuis juillet 2023, il n’y a plus de tarif réglementé de vente du gaz (TRVG). Au moment de son extinction, 2,3 millions de clients résidentiels, soit 22 % des 10,5 millions de consommateurs résidentiels de gaz, souscrivaient aux TRVG que proposaient les fournisseurs historiques (Engie et les entreprises locales de distribution).

Ils ont été automatiquement basculés vers des offres de transition chez Engie (offre Passerelle). Preuve d’un certain immobilisme des Français sur l’énergie, trois ans plus tard, 1,7 million de ménages (16 % de l’ensemble des consommateurs résidentiels de gaz) y sont toujours.

Pourtant, les prix pratiqués dans ces offres de transition ne sont pas particulièrement attractifs. Ils sont jusqu’à 5 % plus élevés que le prix repère de vente du gaz (PRVG), cet indicateur que publie la CRE chaque mois depuis l’été 2023 pour refléter les coûts de la fourniture de gaz et permettre aux particuliers de comparer les différentes offres sur le marché.

Là encore, ça vaut le coup de faire jouer la concurrence. La CRE a analysé 300 offres de gaz, couvrant 75 % du marché (8,5 millions de consommateurs résidentiels). Ces offres de marché se répartissent principalement en deux catégories : celles à prix fixe (40,8 %) et celles indexées sur le PRVG, évoluant chaque mois, à la hausse ou à la baisse, comme cet indicateur.

Dans 62 % d’entre elles, les prix du kWh et de l’abonnement sont très proches du PRVG (+ ou -5 %). Pourtant, certaines offres permettent de bénéficier de prix bien plus attractifs. Ainsi, 22 % des consommateurs résidentiels de gaz sont actuellement sur des offres avec des prix inférieurs de plus de 5 % au PRVG. Et même inférieurs de plus de 10 % pour 3,6 % d’entre eux.

À l’inverse, 7,2 % des consommateurs sont sur des offres 10 % plus chères que le PRVG et, pour 3,6 % d’entre eux, elles sont même plus chères de plus de 15 %. Cette fois-ci, les contrats verts ne sont pas prépondérants dans ces offres les plus onéreuses. En revanche, on trouve, là encore, une prépondérance d’offres à prix fixe. Une nouvelle fois, il est conseillé aux ménages concernés de faire tourner les comparateurs d’offres d’énergie.

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Des bonnes pratiques inégalement appliquées par les fournisseurs

À l’automne 2024, 21 fournisseurs nationaux d’électricité et de gaz s’étaient engagés à mettre en œuvre 13 bonnes pratiques élaborées avec la CRE pour améliorer la transparence et la lisibilité de leurs offres. Ces 13 bonnes pratiques (à retrouver ici) se répartissent sur l’ensemble du parcours client, de la souscription à la fin du contrat.

En cette mi-juin, la CRE a publié un premier bilan complet de la mise en œuvre de ces mesures par ces fournisseurs. Au passage, ces derniers ne sont plus que 19. En raison de ses mauvaises pratiques, JPME a, en effet, perdu son agrément de fournisseur début janvier. De son côté, le fournisseur Octopus Energy a décidé de rejoindre la dizaine d’autres fournisseurs qui ne se sont pas engagés à suivre ces bonnes pratiques.

Les 19 fournisseurs encore engagés couvrent plus de 98 % des clients résidentiels. Dix sont en conformité complète, indique la CRE. En clair, ils ont mis en œuvre l’intégralité de ces 13 bonnes pratiques. Cinq autres (Alpiq, Ekwateur, Elmy, Ilek, Mint) sont en conformité avancée. Pour chacun d’eux, la CRE estime que deux mesures ne sont pas encore respectées.

Vattenfall, dont l’activité en France vient d’être reprise par Alterna, est classé en conformité intermédiaire. Il a mis en œuvre plus de la moitié des 13 mesures de la CRE mais il en manque tout de même plus de deux. Enfin, dans les derniers de la classe, on trouve Jeety Energy, MyLight15 et Urban Solar Energy. Ces trois fournisseurs sont classés en conformité limitée. Ils ont mis en œuvre moins de la moitié de ces 13 bonnes pratiques.

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