Que faire des produits qui en contiennent ?

Molécules toxiques dans les cosmétiques

Que faire des produits qui en contiennent ?

Publié le : 29/02/2016 

Si le succès de notre dossier sur les substances indésirables dans les cosmétiques est un motif de fierté, il nous donne aussi une belle leçon de modestie. Car malgré nos efforts pour donner une information exhaustive, il semble que nous n’expliquions jamais les choses assez clairement et que notre dossier ait provoqué des réactions quelque peu excessives. Alors, faut-il jeter tous les produits qui contiennent un des ingrédients que nous épinglons ? On fait le point.

 
SOMMAIRE

Si nous avons mis à votre disposition un dossier complet sur les ingrédients indésirables dans les cosmétiques (fiches, carte-repère, liste des produits), c’est pour vous apporter un éclairage aussi précis que possible. N’hésitez pas à tout lire attentivement pour prendre les bonnes décisions.

Le plus souvent, un même composé présente des risques de degré différent selon les populations concernées (adultes, enfants, tout-petits, femmes enceintes, etc.). Il sera moins préoccupant dans un produit rincé que dans une crème, un déodorant ou un produit de maquillage qui restent des heures en contact avec la peau ou les muqueuses. C’est pour cette raison que nous avons imaginé les infographies qui accompagnent chaque fiche.

Il y apparaît clairement, par exemple, que le phenoxyethanol est considéré comme sûr pour les adultes, ce qui est matérialisé par une pastille verte (absence de risque). On peut donc utiliser sans crainte les produits pour adultes qui en contiennent. Dans d’autres cas, selon la toxicité du composé et la population concernée, nos fiches font apparaître une pastille jaune (risque limité). On peut concevoir que, par précaution, des consommateurs souhaitent éviter les molécules concernées à l’avenir. De là à remplir sa poubelle de salle de bains avec des produits à peine entamés, il y a un pas que nous vous déconseillons de franchir. Pensez aussi à votre budget et à la planète !

 

Lauryl n’est pas laureth

Autre conseil : même si les noms de molécules sont complexes, il faut s’efforcer de les lire attentivement. Comme nous le précisons dans la fiche sur les parabens, l’ethylparaben et le methylparaben (ainsi que les composés qui contiennent ces noms) ont été blanchis par les experts. Ils sont à distinguer du propylparaben et du butylparaben (et des composés qui contiennent ce nom), considérés comme perturbateurs endocriniens. De même si nous avons épinglé le sodium lauryl sulfate, nous n’avons pas mis le sodium laureth sulfate dans le même panier. Au contraire, sur notre fiche repère, nous précisons qu’il est moins irritant. Il n’y a donc pas lieu de le traquer sur les étiquettes, surtout si vous avez jusqu’à présent utilisé les produits qui en contiennent sans ressentir d’irritations.

On peut rapprocher ce cas de celui des 26 allergènes à déclaration obligatoire (dernière fiche). Ces composés sont très répandus dans les cosmétiques, y compris bio, et plusieurs sont présents dans des huiles essentielles. Même avec la meilleure volonté du monde, les fabricants ont beaucoup de mal à s’en passer. Si on peut juger souhaitable de les éviter autant que possible, surtout dans le contexte actuel d’explosion des allergies en tout genre, il est irréaliste de vouloir les bannir totalement de sa salle de bains (1). Conclusion, ne vous précipitez pas pour vous débarrasser des produits qui en contiennent, surtout si vous n’avez jamais déclenché de réaction en les utilisant ! Il sera toujours temps, lorsque vous les remplacerez, de vous mettre en quête de références contenant moins d’allergènes.

 

Perturbateurs endocriniens : à bannir

Le cas des perturbateurs endocriniens est différent. Ils doivent être évités à tout prix, en particulier chez les femmes enceintes, les bébés et aussi  les adolescents et adolescentes. Les jeunes filles qui se maquillent et/ou se vernissent les ongles sont particulièrement concernées. Les perturbateurs endocriniens peuvent agir à dose infinitésimale. Avec eux, l’adage selon lequel « la dose fait le poison » ne se vérifie pas : dans certains cas, ils sont plus toxiques à faibles doses qu’en plus grande quantité. Les produits qui en contiennent sont, pour le coup, à jeter sans hésiter.

(1) Notre liste de produits ne reprend d’ailleurs pas de références qui contiennent uniquement un ou plusieurs de ces 26 allergènes. La condition pour y figurer est de renfermer un ou plusieurs des dix autres composés indésirables.