par Elsa Casalegno
par Elsa Casalegno
Le conseil municipal de la capitale des Pays-Bas a voté, le 22 janvier, l’interdiction de promouvoir les produits fortement émetteurs de gaz à effet de serre dans l’espace public. Seront donc prochainement interdits d’affichage la viande, les voyages en avion, les croisières en bateau ou encore les voitures à moteur thermique.
À Amsterdam, seuls les affichages dans l’espace public sont concernés, par exemple sur les abribus ou les grands panneaux publicitaires, mais pas dans les commerces, privés. La décision devrait prendre effet à partir du mois de mai 2026, à moins qu’elle ne soit contestée en justice. Cette interdiction de la publicité concernant les produits nocifs pour le climat n’est pas une première aux Pays-Bas, où d’autres municipalités ont déjà voté des mesures similaires.
En France, on n’en est pas encore là. La loi Climat et résilience de juillet 2021 encadre bien les allégations publicitaires ayant trait au climat, comme « neutre en carbone », afin d’éviter le greenwashing. « Les publicités incitant à des pratiques ayant un impact excessif sur le climat ou l'environnement sont encadrées, c’est-à-dire autorisées sous conditions voire carrément interdites, précise le gouvernement. Cela concerne l'incitation à dégrader ou jeter des produits, ou encore à acheter des produits biocides ou polluants. »
Mais pour cela, les collectivités doivent modifier leur règlement local de publicité (RLP), qui régit la publicité dans l’espace public (rues, transports en commun, etc.) et l’encadre dans les gares ou les commerces.
→ Lire aussi : Produits neutres en carbone - Encore et toujours du greenwashing
L’agglomération lyonnaise a bien tenté d’interdire complètement la publicité dans certains lieux, par le vote d’un nouveau RLP en 2023, mais cette décision a été en partie retoquée par le tribunal administratif. Ce dernier a par exemple rejeté l’interdiction des vidéos pour les affichages lumineux.
Néanmoins, ont été maintenues diverses dispositions, telles que l’obligation d’extinction de ce type d’écran entre 23 h et 6 h, ainsi que des dérogations pour certaines zones permettant l’interdiction de toute publicité dans les espaces naturels de l’agglomération et certaines zones historiques, et l’interdiction de la publicité lumineuse dans les zones centrales des villes et quartiers et les sites paysagers et résidentiels.
Outre Lyon, plusieurs municipalités ont également tenté de s’attaquer aux écrans publicitaires lumineux dans les rues et les transports en commun, avec un succès mitigé. Ainsi, Paris les a interdits dans l’espace public, mais n’a pu le faire ni dans le métro, ni dans les commerces.
Elsa Casalegno
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