Suzuki SX4 S-Cross

Premières impressions

Publié le : 27/01/2014 

S’il porte le même nom, le nouveau crossover Suzuki SX4 S-Cross change du tout au tout. Il gagne beaucoup en confort, mais pèche encore en finition et ergonomie.

 

Suzuki SX4 S-Cross

Les SUV et les crossover ont décidément le vent en poupe. Ces véhicules qui ressemblent à des tout-terrain, sans vraiment en être, sont capables de transporter toute la famille dans un confort de monospace compact. Le Suzuki SX4 S-Cross débarque parmi une concurrence assez rude, avec les Peugeot 3008, Mitsubishi ASX ou encore la star du segment, le Nissan Qashqai.

Qualité de vie à bord

L'accès aux places avant est très aisé.
L'accès aux places avant est très aisé.

La qualité de vie est indéniablement l’un des plus gros atouts du SX4 S-Cross. Déjà l’accès à bord, que ce soit aux places avant ou arrière, est très aisé et ne pose aucun souci. À l’intérieur, les passagers disposeront de suffisamment de place pour s’installer confortablement sans se gêner. Ce sera un peu moins vrai pour le troisième passager arrière qui devra se contenter d’une petite place centrale qui se montrera peu agréable pour les voyages au long cours. L’espace aux jambes est largement suffisant, tout comme la garde au toit, ce qui confère une bonne sensation : les occupants ne se sentiront pas oppressés.

Le volume de chargement, avec ses 430 litres (volume réparti sur deux secteurs avec la présence d’un plancher amovible), se situe dans la moyenne haute du segment. En comparaison, le Qashqai propose 410 litres et le 3008 se situe à 431 litres. Le SX4 S-Cross peut même passer à 1 269 litres de volume de chargement une fois les sièges rabattus : une opération qui ne pose aucun souci. Seul regret, le plancher n'est alors pas parfaitement plat.

La partie supérieure de la planche de bord est moins bien finie.
La partie supérieure de la planche de bord est moins bien finie.

Côté fabrication, le bilan est plus mitigé. En effet, les matériaux rigides et moyennement bien ajustés situés sur la partie supérieure de la planche de bord et sur les portes sont décevants. C’est d’autant plus dommage qu’en partie inférieure, on trouve des panneaux bien rembourrés et très agréables au toucher. Heureusement, nous n’avons pas eu à supporter de vibrations ni de grésillements. Autre reproche, les réglages des sièges sont moyennement agréables et demandent un peu de manipulation pour trouver une position correcte. C’est surtout vrai pour le réglage d’inclinaison qui s’effectue via une manette peu pratique.

Un autre grief concerne l’ergonomie générale. Si les différentes manettes et boutons sont bien placés et tombent facilement sous la main, c’est leur facilité d’utilisation qui est en cause. Par exemple, pour modifier l’affichage de l’ordinateur de bord (au centre du combiné d’instruments), il faut faire défiler toutes les informations disponibles via un bouton situé en haut à droite. Pourtant habitués à changer régulièrement de voiture, il nous a fallu un moment pour en comprendre le fonctionnement ! En outre, il est impossible de revenir en arrière. Donc, si on dépasse l’information souhaitée, il faut toutes les refaire défiler jusqu’à retomber sur la bonne. Même processus pour la programmation du GPS ou la recherche d’une station de radio : un grand bravo à celui qui arrivera du premier coup à sélectionner sa station préférée.

La gestion de l'ordinateur de bord n'est vraiment pas évidente.
La gestion de l'ordinateur de bord, par le bouton entouré en rouge, n'est vraiment pas évidente.

Au volant

Le crossover de Suzuki est très agréable à conduire grâce à un très bon confort et à une insonorisation d’un bon niveau, bien qu’un peu juste lorsque le moteur est froid ou lorsqu’on monte haut dans les régimes.

 Les sièges sont bien dessinés et assurent un bon maintien, même en virage. Grâce aux suspensions très bien conçues et qui filtrent parfaitement toutes les irrégularités de la route, les longs trajets se feront sans soucis.

Le SX4 S-Cross n’est pas sensible au vent latéral et sa direction est agréable et précise. Conduit avec le seul moteur Diesel disponible, un 1.6 l de 120 ch, nous avons été très agréablement surpris par sa sobriété. En effet, sur un parcours d’un peu plus de 35 km effectué à allure modérée avec une conduite très tranquille sur des autoroutes urbaines dégagées, l’ordinateur de bord affiche une consommation moyenne de seulement 3,6 l/100 km ! Puis, après 200 km d’autoroute, elle passe à 5,1 l/100 km, pour atteindre les 5,6 l/100 km dès que le rythme change, sur des routes sinueuses par exemple. Mais cela reste tout à fait raisonnable.

Seul moteur Diesel proposé, le 1.6 DDiS brille par sa sobriété.
Seul moteur Diesel proposé, le 1.6 DDiS brille par sa sobriété.
Le moteur manque toutefois un peu de détermination à bas régime et peut imposer des rétrogradages pour disposer d’une bonne relance. On regrette alors que la commande de vitesses soit aussi peu agréable. Elle est en effet accrocheuse lorsqu’il s’agit d’engager la seconde et la troisième et il n’est alors pas rare de faire craquer la boîte.

Pas de reproche particulier quant à la tenue de route. Pris en main dans les deux transmissions disponibles, deux ou quatre roues motrices, le véhicule s’est toujours montré précis et sécurisant. À noter qu’en version 4x4, le conducteur dispose d’une mollette de réglage pour sélectionner le mode qu’il souhaite. Le mode « auto » privilégie l’économie énergétique et la voiture fonctionne alors seulement avec les roues avant motrices et en quatre roues motrices en cas de patinage. Pour le mode « snow » (neige), le système gère la répartition de la puissance sur les quatre roues en fonction des besoins et de l’éventuel patinage de l’une ou l’autre. Le mode « sport », à utiliser sur des routes sinueuses, modifie en permanence la répartition de la puissance et modifie également les caractéristiques du moteur pour une meilleure réactivité aux commandes de l’accélérateur. Enfin, la position « lock » (blocage) permet de se dégager d’une situation critique en transmettant un couple plus élevé aux roues arrière. Le système opère de façon discrète et les changements de répartition sont imperceptibles. Ils rendent toutefois la voiture plus vivace à conduire.

Sur la version 4x4, la molette permet de programmer le type de transmission.
Sur la version 4x4, la molette permet de programmer le type de transmission.
Si on dispose de quatre roues motrices, nous ne sommes pas dans un « vrai » tout-terrain et seules des escapades sur des chemins de forêts, même escarpés, seront autorisés pour avancer sans encombre. Inutile de penser à faire du franchissement d’obstacles !

Sur autoroute, nous avons beaucoup apprécié la douceur de fonctionnement du régulateur de vitesse. Une fois enclenché, les actions sur la touche de réglage au volant n’engendrent pas de secousses et les changements de vitesse se font alors très en douceur. Un confort rare. Nous avons enfin noté un manque de précision du compteur de vitesse. Alors que ce dernier affiche 130 km/h, la vitesse annoncée par le GPS (censée être beaucoup plus proche de la réalité) n’est que de 121 km/h. Si le côté positif est d’être alors assuré de ne pas commettre d’excès de vitesse, la différence est quand même un peu grande.

Agréable sur route, le SX4 S-Cross l’est aussi en ville où sa maniabilité est appréciable. On regrette une visibilité de trois quart arrière assez moyenne. Un handicap qui impose le choix d’une caméra de recul.

La visibilité vers l'arrière est moyenne.
La visibilité vers l'arrière est moyenne.

Sécurité

Le SX4 S-Cross inaugure une toute nouvelle plateforme conçue pour absorber au mieux les chocs tout en étant la plus légère possible. Un dilemme résolu par l’utilisation en grand nombre d’aciers à haute résistance élastique, plus performants et plus légers. Le crossover de Suzuki reçoit aussi beaucoup d’équipements de sécurité de série comme l’ESP, 7 airbags, dont un de genoux pour le conducteur, un système de surveillance de la pression des pneus, le limiteur-régulateur de vitesse, des renforts latéraux dans les portes… Au final, la voiture obtient le score maximum de 5 étoiles au crash test EuroNCAP et fait ainsi mieux que la précédente génération qui n’en n’avait obtenu que 4.

Le Suzuki SX4 S-Cross en résumé

Dans un segment où la concurrence est très rude, il est difficile de se frayer un chemin. S’il n’est pas au même niveau que les crossover les plus vendus, le Suzuki SX4 S-Cross dispose néanmoins d’arguments de poids. À commencer par un moteur Diesel des plus sobres et relativement agréable si on fait abstraction d’un bruit présent à froid et à haut régime. Le SX4 S-Cross est aussi très confortable et dispose d’une bonne habitabilité et d’un volume de chargement appréciables. Mais c’est aussi son prix qui finira de convaincre et excusera les erreurs d’ergonomie. Proposé à partir de 18 990 € (en version essence 1.6 VVT de 120 ch) et jusqu’à 27 890 € pour un diesel 1.6 DDiS de 120 ch en 4x4, le SX4 S-Cross, à prestations équivalentes, est tout bonnement le moins cher de son segment.

 

Les +

Sobriété

Confort

Agrément de conduite

Prix

 

Les -

Commande de boîte de vitesses

Ergonomie perfectible

Qualité moyenne de certains matériaux

Bruit à haut régime

Suzuki SX4 S-Cross