par Anne-Laure Lebrun
Virus du Nil occidental : pourquoi les cas augmentent en France
En une semaine, ce virus des oiseaux transmis par le moustique a contaminé 28 nouvelles personnes en France hexagonale. D’où vient ce virus ? Pourquoi les contaminations augmentent-elles ? Faut-il s’en alarmer ?
Le virus du Nil occidental (West Nile en anglais) circule activement en métropole, surtout sur le pourtour méditerranéen, dans l'Ouest et en Île-de-France (voir carte).
Au 28 septembre 2026, Santé publique France recense 145 cas autochtones, c'est-à-dire des personnes contaminées sur le territoire, dont 28 nouveaux en une semaine. Le record de 2025 (62 cas) est donc largement dépassé, et le bilan devrait encore s'alourdir. Comment expliquer cette situation exceptionnelle, et faut-il s'en alarmer ? Point sur ce virus émergent en Europe.
Qu’est-ce que le virus du Nil occidental ?
Transmis par le moustique commun ‒ celui qui bourdonne la nuit à nos oreilles – et non par le moustique tigre, le virus West Nile est d'abord un virus d'oiseaux (moineaux, mésanges, hirondelles, chouettes…). Les humains et les chevaux n'en sont que des hôtes « accidentels ».
En revanche, un humain porteur du virus ne peut en contaminer un autre par l’intermédiaire des moustiques. Des cas de contamination par transfusion sanguine ou transplantation d’organes ont toutefois été rapportés.
En France, un dispositif de sécurisation des dons se déclenche dès que le virus est détecté dans un département. La transmission interhumaine est aussi possible de la mère à l’enfant, après un rapport sexuel ou par la manipulation de cadavres d’oiseaux infectés.
Comment reconnaître la maladie ?
Bien que la majorité des infections soient asymptomatiques, elles se traduisent dans 20 % à 30 % des cas par un syndrome pseudo-grippal (faiblesse généralisée, douleurs musculaires et articulaires, fièvre, maux de tête, atteintes oculaires et éruptions cutanées).
Cependant, chez moins de 1 % des malades, des formes neurologiques sévères, comme une encéphalite (inflammation du cerveau), des méningites (atteintes des méninges) ou une paralysie flasque aiguë (perte soudaine de la force musculaire), se développent.
Elles touchent surtout les personnes âgées, les jeunes enfants, les personnes immunodéprimées et les malades chroniques. Mortelles dans 10 % des cas, elles ont causé 5 décès en France l'an dernier. Du côté des survivants, la moitié conserve des séquelles durables sur le plan physique ou cognitif.
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Pourquoi le virus du Nil occidental circule-t-il autant cette année ?
Arrivé en Europe avec des oiseaux migrateurs d'Afrique, le virus est apparu en Europe dans les années 1960, notamment en Camargue. Peu de cas ont ensuite été décrits en France jusqu'en 2018 (27 cas autochtones). L'année 2026 marque un nouveau tournant.
Les causes exactes restent à élucider, mais les experts n'excluent ni une évolution du virus, ni son installation durable chez les oiseaux résidents. Une meilleure surveillance, vétérinaire comme humaine, peut aussi conduire à détecter davantage de cas.
Le réchauffement climatique reste cependant l'un des facteurs majeurs. Des températures et des précipitations estivales plus élevées favorisent la prolifération des moustiques et allongent leur durée de vie, donc la circulation du virus.
En outre, en cas de sécheresse, les moustiques et les oiseaux se concentrent autour des rares points d’eau disponibles, ce qui favorise encore davantage la circulation du virus.
Carte de surveillance du virus du Nil occidental en France hexagonale à la date du 28/09/2026 (source : Santé publique France).

Seuls les cas avec un département d’infection identifié sont représentés sur la carte.
Anne-Laure Lebrun