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Crèmes solaires - Le bilan désastreux des plateformes chinoises

FM
GL

par Fabienne Maleysson, Gaëlle Landry

Des ingrédients nocifs, voire interdits, une protection contre le soleil à peu près nulle sur la majorité des produits testés… Même si elles sont vendues à petits prix, fuyez les crèmes anti-UV proposées par Temu, AliExpress ou Shein !

Des crèmes solaires à prix sacrifié ? Tentant, en ces temps de pouvoir d’achat écorné. Remplir sa valise de flacons achetés sur Temu, AliExpress ou Shein serait pourtant une très mauvaise idée, car le risque est grand de s’encombrer de produits qui ne servent strictement à rien.

Le constat tiré de nos analyses sur 10 références achetées sur ces 3 plateformes est en effet sans appel (voir ci-dessous). Trois d’entre elles ont été éliminées d’emblée du fait de la présence d’un ingrédient interdit (1). Il s’agit d’un perturbateur endocrinien interagissant à la fois avec le système thyroïdien et avec les œstrogènes. Sur les 7 restants, 6 échouent à protéger à hauteur de l’indice annoncé. Mais surtout, 4 ne bloquent pas du tout les rayons UV ! Ou si peu que ça revient au même. Notre laboratoire a en effet mesuré un dérisoire indice de protection de 2, voire moins ! Du jamais vu depuis que nous menons des tests de crèmes solaires. Même la crème Jaysung, avec son SPF de 20, et la West Month, avec une protection contre les UVA de 8, ne jouent pas dans la même catégorie que les crèmes que nous testons habituellement : si nous pénalisons certaines pour un écart avec la promesse affichée, elles ne sont généralement pas défaillantes à ce point.

Crèmes solaires, chargeurs, jouets : même bilan désastreux

Finalement, 1 seul produit sur les 10 tient ses promesses, mais il renferme un ingrédient nocif, qui a lui aussi montré une perturbation des œstrogènes et de la fonction thyroïdienne. Lors de nos tests récurrents de produits solaires, nous ne sélectionnons même pas ceux qui en contiennent, car nous estimons qu’ils mettent en danger la santé des utilisateurs.

Bilan désastreux, donc, pour cette sélection, qui ne détonne pas avec les résultats de nos précédents tests de produits vendus sur ces plateformes. Si on savait déjà qu’on peut mettre le feu à son logement ou risquer la vie de son enfant avec certains chargeurs et jouets qu’elles commercialisent, on sait désormais aussi qu’en s’y fournissant en crème solaire, on s’expose à un risque non négligeable de cancer cutané. Car même si les plateformes ont décidé, lorsque nous les avons averties, de retirer de la vente les références concernées, nos résultats confirment qu’elles ne maîtrisent pas la conformité des produits qu’elles vendent. Et encore moins leur qualité, au vu du nombre effarant d’ingrédients indésirables présents.

Remise en cause des contrôles effectués avant la mise en vente

Prévoyant que notre article allait écorner un peu plus leur image, Temu et Shein nous ont assuré prendre des dispositions supplémentaires. Le premier en suspendant temporairement la vente de tous les produits solaires dans l’UE (est-ce à dire que les consommateurs non européens pourront continuer à acheter des références inefficaces ?), le second en affirmant procéder à un audit complet du site pour tous les produits apparentés, sans qu’on sache exactement en quoi il pourra bien consister. Tout cela ne remplace pas la vigilance en amont de la mise en ligne qu’on peut légitimement exiger de tout e-commerçant.

AliExpress se montre plus circonspect, parlant d’articles « supposément » problématiques. La société promet aussi de retirer les produits « similaires » présents sur la plateforme, adjectif bien mystérieux. En tout cas, on peut encore y trouver pléthore de crèmes solaires. Et surtout, elle croit bon d’ajouter : « Notre réponse ne doit en aucun cas être interprétée comme une reconnaissance de l’applicabilité des lois de l’UE. » Comme si tout commerçant vendant des produits sur le sol de l’Union ne devait pas se soumettre à ses règles…

Enfin, aucune des plateformes ne s’est engagée à prévenir ceux qui les auraient déjà achetées de l’inefficacité des crèmes en question.​​​​

Nos résultats de test de crèmes solaires vendues sur des plateformes chinoises


(1) Cet ingrédient, le 4-MBC, est interdit à la vente dans l’Union depuis le 1er mai 2026. Nous avons acheté les produits le 15 avril, donc formellement, ce n’était pas encore le cas. Mais il était déjà interdit de faire sortir des usines des produits en contenant depuis le 1er mai 2025, or les crèmes Sadoer et Bioaqua ont été fabriquées après cette date. Par ailleurs, la nocivité de cette substance n’est pas une nouveauté : elle a été officiellement reconnue comme dangereuse par un avis du Comité scientifique pour la sécurité des consommateurs datant de 2022.

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Gaëlle Landry

Rédactrice technique

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