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Impôts 2026Les changements à anticiper pour votre déclaration

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par Olivier Puren

Certaines nouveautés entrent en vigueur pour le calcul des impôts sur les revenus de 2025 que vous vous apprêtez à déclarer. Rappel des changements qui auront un impact sur votre avis d’imposition en septembre.

L’essentiel

  • Nouveautés fiscales. De nouvelles mesures fiscales s’appliquent aux revenus perçus en 2025. Elles vont impacter le calcul de vos impôts de 2026.
  • Hausses d’impôt. Vos plus-values mobilières de 2025 vont être davantage taxées que celles des années précédentes. Vos loyers de meublés aussi si vous êtes loueur non professionnel ou si vous faites de la location saisonnière.
  • Baisses d’impôt. Les dons faits à certaines associations caritatives en 2025 vont vous procurer une réduction d’impôt majorée. Le plafond de versements est doublé et le taux du bonus est relevé.

Pour la deuxième année consécutive, la France n’avait pas de budget le 1er janvier 2026, et il a fallu patienter jusqu’au 20 février pour qu’elle se dote d’une loi de finances. Le texte n’ayant pas été adopté dans les temps, il ne modifie pas les règles du jeu pour l’imposition des revenus perçus en 2025, à déclarer en mai ou juin.

Les hausses d’impôt qui avaient été initialement prévues par le gouvernement ont été abandonnées, le barème progressif de l’impôt est bien revalorisé en fonction de l’inflation et l’abattement forfaitaire de 10 % accordé aux retraités est finalement maintenu. Mais d’autres lois ont été votées l’an dernier, qui vont avoir des conséquences sur votre prochain avis d’imposition.

La CSG en hausse sur vos plus-values

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 instaure une hausse du taux de la CSG applicable sur les revenus du capital. Il passe de 9,2 % à 10,6 %, et le taux global des prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 %.

Vous êtes concerné par cette hausse si vous avez vendu des valeurs mobilières, des droits sociaux ou des cryptoactifs en plus-value en 2025. Vous payerez 12,8 % de prélèvement forfaitaire unique, sauf option pour le barème de l’impôt, et 18,6 % de prélèvements sociaux sur votre gain imposable en septembre 2026. Soit un taux global d’imposition de 31,4 %, contre 30 % sur vos plus-values encaissées jusqu’en 2024.

La hausse de la CSG concerne aussi les produits de placement encaissés à compter du 1er janvier 2026, à l’exception des gains issus de l’assurance vie, de l’épargne logement exonérée et des plans d’épargne populaires (PEP) qui restent soumis à la CSG de 9,2 %. Résultat, cette réforme va alourdir vos impôts à double titre cette année, sur vos plus-values mobilières de 2025 (imposables en 2026) et sur vos revenus de capitaux mobiliers de 2026 (imposables dès l’encaissement).

Bon à savoir Les revenus fonciers et les plus-values immobilières échappent à la hausse. Ceux perçus en 2025 restent soumis à 9,2 % de CSG et à 17,2 % de prélèvements sociaux, ceux de 2026 également.

Une double hausse sur vos loyers de meublés

La loi de finances pour 2025 et la loi Le Meur du 19 novembre 2024 modifient les conditions d’application du régime simplifié d’imposition micro-BIC pour les loueurs de meublés de tourisme. Pour les loyers encaissés à compter de 2025, y sont soumis :

  • les loueurs de meublés non classés dont les recettes annuelles ne dépassent pas 15 000 € ;
  • les loueurs de meublés classés ou de chambres d’hôtes dont les recettes annuelles ne dépassent pas 77 700 €.

Mais les premiers vont bénéficier d’un abattement pour charges de 30 % seulement et les seconds d’un abattement de 50 %, contre respectivement 50 % et 71 % jusqu’à présent. Ces loueurs vont donc être imposés sur 20 % ou 21 % de recettes en plus cette année.

Ils vont, par ailleurs, être soumis à la hausse de la CSG, car cette réforme s’applique aussi sur les loyers encaissés par les loueurs en meublé non professionnels à compter de 2025. Ainsi, les contribuables qui font de la location touristique à titre non professionnel et qui relèvent du régime micro-BIC vont subir à la fois une hausse de leur base d’imposition et de leur taux d’imposition.

Bon à savoir La limite du régime micro-BIC de 77 700 € est portée à 83 600 € pour l’imposition des loyers de meublés perçus entre 2026 et 2028. En revanche, la limite de 15 000 € reste inchangée.

Une réduction d’impôt majorée pour vos dons

Les dons consentis à certains organismes d’intérêt général et certaines fondations d’utilité publique ouvrent droit à une réduction d’impôt sur le revenu de 66 %. Son taux grimpe à 75 % en cas de versements à une association d’aide aux personnes en difficulté (réduction d’impôt « Coluche ») ou, depuis 2025, d’aide aux victimes de violence domestique.

La loi de finances pour 2026 double le plafond de versements annuels ouvrant droit à cette réduction d’impôt de 75 % : il passe de 1 000 € à 2 000 € par foyer et par an. Ce nouveau plafond s’applique rétroactivement aux versements consentis à compter du 15 octobre 2025, date de présentation du projet de loi de finances, et pas seulement aux dons consentis à compter de 2026.

Rappelons que les dons consentis en 2025 à la Fondation du patrimoine et ceux consentis aux fondations de sauvegarde du patrimoine à compter du 15 février 2025 ouvrent aussi droit au bonus majoré de 75 %, dans la limite de 1 000 € de versements, s’ils sont destinés à la rénovation des édifices religieux des petites communes.

Par ailleurs, les dons consentis jusqu’au 17 mai 2025 aux associations d’aide aux victimes du cyclone Chido qui a frappé Mayotte fin 2024 ouvrent droit à la réduction de 75 % dans la limite de 2 000 €. Les dons de cette nature faits depuis le 1er janvier 2026 sont exclus de la réduction majorée, ils ouvrent droit uniquement à la réduction normale de 66 %.

Bon à savoir La loi de finances étend la réduction d’impôt de 75 % aux dons effectués en 2026 en vue de la restauration du château de Chambord. La limite de versements de ce dispositif temporaire est fixée à 1 000 € par foyer fiscal.

Des taxes en plus sur les hauts revenus

Les contribuables qui déclarent plus de 250 000 € de revenus (le double pour les couples) et payent moins de 20 % d’impôts vont être soumis à une contribution différentielle sur les hauts revenus en 2026.

Cet impôt créé en 2025 est destiné à soumettre à ce taux minimum d’imposition les contribuables les plus riches dont l’impôt sur le revenu (IR) et la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR) sont inférieurs à 20 %. Par exemple, un couple déclarant 1 million d’euros de dividendes est soumis à 12,8 % d’IR et à 3 % de CEHR sur 500 000 €. Soit un taux moyen d’imposition de 14,3 %. Il doit payer 5,7 % de CEHR pour atteindre le taux minimum de 20 %.

Les contribuables soumis à cette contribution différentielle ont dû régler 95 % de son montant en décembre 2025, et ils régleront le solde en septembre 2026. Ils devront également en payer 95 % en décembre 2026, car la CEHR est reconduite par la loi de finances pour 2026, et elle perdurera tant que notre déficit public ne sera pas ramené sous les 3 % de PIB.

Bon à savoir La loi de finances instaure aussi une taxe de 20 % applicable sur les actifs privés (trésorerie, immobiliers, biens meubles, etc.) logés dans certaines sociétés holdings patrimoniales. Les plus fortunés devront s’en acquitter à partir de 2027.

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Olivier Puren

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