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Rachat de dettes L’affaire Ader Capital bientôt devant le tribunal 

Élisa Oudin

par Élisa Oudin

Sept ans après la faillite d’Ader Capital, société spécialisée dans le rachat de dettes, l’enquête judiciaire touche à sa fin. Le procureur de Rennes vient de rendre son réquisitoire définitif, dernière étape avant un probable renvoi devant le tribunal correctionnel. Dans ce vaste dossier, des millions d’euros se sont envolés et les soupçons s'orientent vers la mise en place d’une vaste pyramide de Ponzi organisée autour du rachat de dettes. 

L’essentiel

  • Après sept ans d'enquête sur la faillite d'Ader Capital, le procureur de Rennes a rendu son réquisitoire définitif, ouvrant la voie à un procès devant le tribunal correctionnel pour escroquerie en bande organisée.
  • L'instruction a révélé des pratiques douteuses comme la falsification présumée de relevés bancaires et le ciblage de clients vulnérables, tandis que des millions d'euros auraient été détournés vers des circuits financiers complexes à l'étranger.
  • Plusieurs centaines de victimes se trouvent aujourd'hui dans une situation financière encore plus précaire.

L’affaire Ader Capital entre dans sa dernière ligne droite judiciaire. Selon plusieurs sources proches du dossier, le procureur de la République de Rennes vient de rendre son réquisitoire définitif, étape clé après sept années d’enquête. Éric Guilloteau, le fondateur de la société de rachat de dettes Ader Capital, a été mis en examen pour escroquerie en bande organisée, blanchiment, abus de biens sociaux et association de malfaiteurs. 

Ce dernier soutient depuis le début que la faillite de sa société en 2018 résulte d’un blocage bancaire et d’une mauvaise gestion plus que d’une escroquerie préméditée. L’instruction a cependant mis au jour des pratiques troublantes : falsifications présumées de relevés bancaires pour faciliter l’obtention de crédits, utilisation de fichiers de prospects particulièrement vulnérables, recours massif à des commerciaux peu formés mais fortement commissionnés. Au total, plusieurs centaines de personnes se sont constituées parties civiles.  

Discours bien rodé 

Désormais, tous les regards se tournent vers le juge d’instruction, qui doit rendre son ordonnance de règlement : soit un non-lieu ; soit, scénario aujourd’hui le plus probable, un renvoi devant le tribunal correctionnel. Le procès devrait ainsi pouvoir se tenir d’ici six à douze mois. Pour les centaines de victimes, l’attente paraît interminable. Depuis l’effondrement d’Ader Capital, beaucoup subissent les conséquences financières d’un système présenté à l’époque comme une solution miracle au surendettement. Au final, les clients se retrouvent avec une accumulation de crédits et des mensualités souvent impossibles à honorer. 

La promesse d’Ader Capital était de racheter les dettes des particuliers. Les clients devaient, en principe, encore rembourser leurs crédits pendant quelques mois, puis la société prenait le relais jusqu’à extinction de la dette. Dans un contexte où le crédit à la consommation explosait, la promesse séduisait.

Entre 2016 et 2018, le réseau Crédit Consulting, chargé de commercialiser les offres d’Ader Capital, a ouvert des agences dans toute la France. Les commerciaux ont démarché des profils fragiles, parfois déjà lourdement endettés. Certains clients sont même encouragés à contracter de nouveaux prêts avant que leurs anciennes dettes ne soient « rachetées ». Le discours est rodé et les témoignages de premiers clients rassurent.

Mais la réalité se révèle bien loin de ces promesses rassurantes. Les investigations de la police judiciaire et du juge d’instruction mènent sur la trace d’un circuit financier complexe passant notamment par Londres et l’île Maurice. Des millions d’euros auraient transité vers des structures étrangères présentées comme des véhicules d’investissement à très haut rendement.  

Élisa Oudin

Élisa Oudin

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