ACTUALITÉ

Ultra fast-fashion - Un malus sur chaque vêtement vendu

FM

par Fabienne Maleysson

Depuis le 1er septembre, les ventes de vêtements issus des plateformes chinoises telles que Shein ou Temu sont pénalisées par une écocontribution qui se veut dissuasive.

Plus de 3 000 nouvelles références de vêtements seraient proposées chaque jour sur les plateformes d’ultra fast-fashion telles que Shein, Temu ou Alibaba. L’impact environnemental de cette mode ultra éphémère est considérable, sans compter qu’elle fait concurrence aux entreprises européennes.

Les faillites et les mises en redressement judiciaire se sont multipliées dans le secteur (Camaïeu, Naf Naf, Comptoir des cotonniers, IKKS pour ne citer que quelques exemples) avec, à la clé, des milliers de licenciements et une désertification accrue des centres-villes.

Pour tenter d’endiguer l’hécatombe, une loi « anti fast-fashion » a été adoptée en juillet dernier. Une de ses dispositions essentielles : faire peser sur ces entreprises des écocontributions particulièrement élevées. Explication : l’écocontribution est une somme d’argent payée par les metteurs en marché pour chaque article vendu. Elle est versée à l’éco-organisme du secteur, une structure émanant des professionnels et supposée, avec ces ressources, organiser notamment le recyclage et la réparation. C’est le principe du pollueur-payeur.

19,50 € pour une veste

Depuis le 1er septembre, chaque vente relevant de l’ultra fast-fashion est assortie d’une écocontribution (plafonnée à 50 % du prix) allant de 50 centimes pour des sous-vêtements à 12 € pour un manteau. Des sommes amenées à augmenter régulièrement : en 2030, ce sera 17,25 € pour un jean et 19,50 € pour une veste par exemple.

Ces sommes devraient, a priori, être répercutées sur les prix des produits. Pour comparaison, l’écocontribution appliquée aux vêtements qui ne relèvent pas de l’ultra fast-fashion est de l’ordre de 1 à 3 centimes pour un sous-vêtement, 8 à 11 centimes pour un jean, 16 à 17 centimes pour un manteau.

→ Lire aussi : Temu, Shein - Petits prix, maxi-risques

À cette pénalité réservée aux plateformes de mode ultra éphémère s’ajoute désormais un droit de douane forfaitaire de 3 € pour les petits colis importés dans l’Union européenne (UE). Et les représentants de l’industrie textile européenne réclament une taxe supplémentaire de 10 € pour « frais de traitement ». De quoi renchérir considérablement les prix dérisoires des vêtements proposés par Shein et consorts, reflets des conditions sociales et environnementales désastreuses dans lesquelles ils sont produits.

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