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Crédit immobilier - Quelle quotité pour votre assurance emprunteur lors d’un emprunt à deux ?

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par Olivier Puren

L’assurance emprunteur garantit le remboursement du prêt à la banque en cas de décès, d’invalidité ou d’incapacité de l’emprunteur. En cas d’emprunt à deux, elle peut n’en couvrir qu’une part pour chaque coemprunteur. Une technique efficace pour réduire le coût de votre crédit immobilier tout en restant couvert en cas de coup dur.

L’assurance emprunteur liée à la mise en place d’un crédit immobilier garantit le remboursement du capital restant dû à la banque si l’emprunteur décède ou s’il se retrouve en situation d’invalidité ou d’incapacité de travail. Son coût dépend de plusieurs facteurs : âge et état de santé de l’emprunteur, montant du prêt, durée de remboursement, garanties souscrites (décès, invalidité, incapacité, perte d’emploi). Le niveau de couverture ou « quotité assurée » est également déterminant. Les banques exigent presque toujours une couverture de l’intégralité du prêt, mais cette quotité peut être répartie en cas d’emprunt à plusieurs. En couple, cela peut vous éviter de payer une prime d’assurance excessive pour une protection inutile. Explications.

Une couverture à 100 % en cas de problème

La quotité d’assurance correspond au pourcentage du capital emprunté couvert par l’assurance pour chaque emprunteur. Si vous empruntez seul, vous devez obligatoirement être assuré sur 100 % du prêt, afin que la banque soit remboursée en intégralité s’il vous arrive un pépin. Les établissements financiers acceptent rarement une quotité inférieure à 100 %, sauf pour certains clients en mesure de fournir une garantie alternative, le nantissement d’un placement, par exemple.

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Si vous empruntez à deux, vous devez aussi être assurés sur 100 % du prêt, mais il est possible de répartir ce pourcentage entre vous. En général, l’assurance emprunteur est alors souscrite à hauteur d’une quotité de 50 % sur la tête de chaque coemprunteur (50/50). Cela signifie qu’en cas de coup dur frappant l’un d’entre vous, l’assurance prendra en charge la moitié du prêt dû et l’autre emprunteur devra continuer à rembourser les 50 % restants.

Une protection ajustable en couple

Vous pouvez choisir une autre répartition de la quotité assurée lors de la souscription de votre assurance emprunteur, qui tient compte de la situation personnelle et financière de chacun. Par exemple, si vous gagnez 70 % des revenus de votre couple, il peut être judicieux d’opter pour une répartition à 70/30 pour protéger davantage votre conjoint. La banque sera ainsi couverte à hauteur de 70 % du prêt si vous décédez ou devenez invalide, et il ne devra rembourser que les 30 % restants. Dans le cas contraire, vous resterez redevable de 70 % du prêt et la banque sera remboursée par l’assurance à hauteur de 30 %.

Assurance sur une « tête » : les couples monoactifs ayant un écart d’âge important ou dont un conjoint a une santé défaillante peuvent souscrire une assurance de prêt à 100 % sur la tête d’un seul emprunteur (100/0). Le conjoint inactif, plus âgé ou malade sera alors totalement protégé si l’autre disparaît ou devient invalide, car le bien financé à crédit sera entièrement « payé » par l’assureur. Mais si l’inverse se produit, le conjoint actif, plus jeune ou mieux portant devra continuer à rembourser l’intégralité du prêt, sans le concours de l’assurance.

Protection renforcée : vous pouvez aussi opter pour une assurance de prêt à 100 % sur votre tête et sur celle de votre conjoint (100/100), soit 200 % en tout. Dans ce cas, le prêt sera remboursé en totalité quel que soit celui d’entre vous qui décède ou devient invalide, et l’autre ne devra plus rien à la banque. Cette solution vous décharge de tout souci financier en cas de problème et permet de sécuriser au maximum votre famille, mais elle coûte 2 fois plus cher qu’une assurance à 50/50.

Bon à savoir les banques fixent contractuellement les limites de répartition de l’assurance de prêt entre coemprunteurs. Certaines refusent d’assurer un seul coemprunteur, d’autres exigent une quotité minimale d’assurance en fonction du projet financé ou de la situation professionnelle des emprunteurs. Cela ne vous interdit pas de souscrire une assurance de prêt individuelle, dès lors qu’elle respecte les exigences minimales de votre banque.

Un rapport prix/garanties à calibrer

Logiquement, plus la part d’un prêt immobilier assurée en cas de décès ou d’invalidité est importante, plus la prime d’assurance emprunteur est élevée. À l’inverse, une quotité assurée plus faible réduit le coût de la garantie. Ajuster la répartition de votre assurance emprunteur entre vous et votre conjoint est donc susceptible de vous faire réaliser de belles économies. En choisissant une quotité adaptée à la situation réelle de chacun, vous pouvez éviter de payer une prime excessive en modulant la protection de chacun en fonction de ses besoins.

Posez-vous les bonnes questions : qui gagne le mieux sa vie dans votre couple, et qui aura le moins de difficultés à rembourser seul votre prêt commun en cas de problème ? Quelles seront les charges familiales à assumer si l’un de vous disparaît ? Seront-elles supportables par le conjoint survivant avec un revenu en moins ? Souhaitez-vous que le prêt soit totalement remboursé en cas de décès de l’un de vous (quotité 100/100) ou seulement partiellement (50/50, 70/30) ? Les réponses à ces questions vous permettront de trouver l’assurance qui vous protège le mieux au meilleur prix, compte tenu à la fois de votre situation familiale et financière.

Panachez vos garanties : l’assurance emprunteur peut couvrir la banque contre plusieurs risques comme le décès, la perte totale et définitive d’autonomie (PTIA), l’invalidité permanente totale (IPT) ou partielle (IPP), l’incapacité temporaire de travail (ITT), la perte d’emploi… Pour les deux premiers, les banques exigent quasi systématiquement une couverture à 100 %. Mais pour les autres, elles se montrent plus souples, autorisant la plupart du temps les emprunteurs à panacher pour optimiser le coût de leur assurance. Par exemple, elles peuvent exiger une protection intégrale contre le décès et la perte d’autonomie et une couverture minimale de 30 ou 40 % seulement pour l’invalidité partielle, afin de bénéficier d’une couverture optimale dans les cas les plus graves et d’une couverture plus réduite dans les cas où l’emprunteur conserve la faculté de percevoir des revenus.

Agissez en cours de prêt : en général, les contrats d’assurance de prêt autorisent les coemprunteurs à modifier la quotité assurée en cours de prêt, en fonction des changements intervenus dans leur situation personnelle et financière respective. Un couple aux revenus équilibrés assuré à 50/50 peut ainsi demander un passage à une répartition à 60/40 si l’un des emprunteurs bénéficie d’une hausse de salaire. La modification peut également intervenir après un divorce ou une séparation, si le couple ne vend pas le bien acquis ensemble. L’opération peut aboutir à alléger le coût de l’assurance si la quotité est réduite, d’autant qu’il est calculé sur le capital restant dû et non pas sur le prêt initial. La banque ne peut pas refuser le changement de quotité demandé s’il respecte ses conditions contractuelles. Elle peut en revanche s’opposer à la souscription d’une assurance emprunteur individuelle à la place de son assurance de groupe si les garanties minimales exigées lors de l’obtention du prêt ne sont pas respectées.

Choisissez la bonne formule : bien choisir la quotité d’assurance emprunteur permet d’optimiser votre protection tout en maîtrisant le coût de votre crédit immobilier. Pour cela, il est impératif de ne pas sous-estimer la capacité de remboursement de chaque coemprunteur. Une quotité assurée trop faible offrira une couverture insuffisante au survivant en cas de décès, ce qui risque de le placer dans une situation financière délicate. À l’inverse, une quotité de 100 % sur la tête de chaque emprunteur, payée au prix fort pendant toute la durée du prêt, sera inutile si le survivant a une situation financière confortable. Pensez aussi à faire jouer la concurrence pour trouver la meilleure assurance emprunteur : ne vous contentez pas de celle proposée par votre banque, car les écarts de prix et de garanties entre les contrats sont très importants.

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