Poux La chasse  est ouverte

Poux

La chasse est ouverte

Publié le : 28/08/2018 

Pour les parents, la rentrée rime avec le retour éventuel des poux. Le point sur les diverses méthodes à leur disposition pour les éradiquer.

 
→ Test Que Choisir : Comparatif Traitements anti-poux

À chaque rentrée scolaire, Charlotte revit la même angoisse. Point de phobie scolaire chez cette mère de deux enfants mais la crainte, partagée par nombre de parents, du retour de ses bêtes noires, les poux. « Nous y sommes confrontés deux à trois fois par an », confie cette maman excédée qui, après avoir tout essayé, avoue avoir pensé raser la tête de ses enfants, « fille comme garçon », précise-t-elle.

Certes, la pédiculose du cuir chevelu, causée par les poux de tête, n’est pas dangereuse, ces derniers n’étant pas vecteurs de maladie. Mais s’il est difficile de connaître leur incidence réelle (on estime que 0,5 à 15 % des écoliers sont atteints, selon les enquêtes), les infestations à répétition, concentrées chez les 4-12 ans, sont un vrai casse-tête pour les collectivités. Delphine, directrice d’école maternelle à Paris, ne cache pas son impuissance. « Hormis l’information des parents via des affichettes ou un mot dans le carnet, nous n’avons guère de moyens pour diffuser un vrai message de prévention. » L’intervention publique reste en effet sporadique en France comparée à celle de certains de nos voisins. En Belgique, la pédiculose est carrément inscrite sur la liste des « maladies » à déclarer en milieu scolaire. Celle-ci n’entraîne cependant plus l’exclusion systématique de l’élève comme ce fut le cas jusqu’en 2011. Une mesure stigmatisante et inefficace. Mais le contrôle et la communication restent les clés pour stopper les poux, et les Anglais et Danois, qui organisent des dépistages en milieu scolaire, sont souvent cités en exemple.

L’entourage du porteur doit être inspecté

L’incapacité à endiguer les épidémies de poux a plusieurs causes, à commencer par l’inefficacité de certains traitements. Selon une étude de l’université de Tours portant sur 21 produits anti-poux vendus en France de 2008 à 2012, deux seulement étaient vraiment efficaces et sont encore faciles à trouver sur le marché (LP duo pro et Pouxit XF). Or, « même les produits qui tuent 100 % des poux et lentes en laboratoire vont, en situation réelle, avoir une efficacité moindre et dépendante de la dextérité de l’opérateur », précise le Dr Arezki Izri, parasitologue à l’hôpital de Bobigny (93).

Mais les échecs restent surtout dus à la « réinfestation » par d’autres porteurs. C’est pourquoi il est essentiel de traiter de manière synchronisée pour éviter les recontaminations. Le DCombescot-­Lang, qui a dirigé l’étude de Tours, conseille de fixer un jour donné pour la chasse aux poux. « Le vendredi soir, par exemple, tous les proches d’un cas – camarades de classe, de jeu, et toutes les personnes vivant sous le même toit – doivent faire l’objet d’une inspection minutieuse. Si celle-ci révèle la présence de poux ou de lentes, on traite le soir même ou le samedi matin avec un produit efficace en une application. Après quoi l’on inspecte les têtes au peigne régulièrement au cours des 10 jours suivants. » Huile de coude et œil de lynx sont les maîtres mots pour que les poux ne soient plus le poil à gratter de la rentrée !

Traitement

La victoire a un prix

Selon une enquête de l’association ­Familles rurales publiée en 2018, un tiers des foyers dépenserait plus de 30 € par infestation pour venir à bout des poux. Que Choisir a relevé les prix des principaux produits anti-poux vendus par 89 pharmacies en ligne. Une lotion traitante de 100 ml coûte en moyenne 12,33 € (soit près de 26 % plus cher qu’en grande surface) et un shampooing traitant de 200 ml, 13,81 €. Des produits inutiles peuvent faire grimper l’addition : comptez en moyenne 7,07 € pour un shampooing préventif de 200 ml et 11,97 € si vous souhaitez avoir un aérosol de 250 ml pour l’environnement.

Cycle de vie d’un pou

Cycle de vie d'un pou

On a testé

Le salon de coiffure anti-poux

Les poux font le bonheur d’enseignes spécialisées. Nous avons franchi la porte d’un de ces salons (Bye Bye Nits, qui a 6 succursales en France), avec deux enfants infestés, âgés de 5 ans et 8 ans. On y utilise une technologie brevetée : un système d’air chaud (58 °C) à débit contrôlé soufflé à travers un peigne que l’on passe à la racine du cuir chevelu.

Déléguer coûte cher, soit de 69 à 99 € selon la longueur des cheveux et pour une technologie qui n’est pas infaillible. Deux études américaines, de 2006 et 2011, ont évalué la technique sur des patients infestés. La quasi-totalité des œufs meurt mais environ 10 à 20 % des poux survivent. En comparaison, un sèche-cheveux classique (même température, même durée) aura un effet comparable sur les œufs mais tuera moins de poux. Comme il y a un risque de voir les survivants pondre de nouveau, les salons proposent un contrôle après traitement. Inspectés 10 jours plus tard, nos deux testeurs étaient indemnes de poux.

Nous avons apprécié le professionnalisme des coiffeuses, qui ont bien inspecté les têtes et manient avec dextérité le peigne à poux, même sur les tignasses revêches. Moins le fait qu’elles appliquent des huiles essentielles sur les cheveux à l’issue du traitement…

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Marie-Noëlle Delaby

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