par Yves Martin
par Yves Martin
Les voitures électriques trouvent un regain d’intérêt sur le marché de l’occasion. La seconde main permet en effet d’accéder à des modèles à des prix plus abordables. Prudence toutefois : quelques vérifications s’imposent pour éviter les mauvaises surprises.
De 2 % en 2019, les ventes de voitures électriques neuves sont passées à un peu plus de 29 % au mois de mai 2026 selon Mobilians, l’organisation patronale des entreprises de la distribution et des services de l’automobile, devenant ainsi la première énergie vendue. Et la progression dans les ventes de voitures d’occasion est encore plus flagrante : +124 % pour représenter désormais 5,8 % des ventes globales d’occasions en France.
Il faut dire que la seconde main est un moyen efficace d’obtenir une voiture à un prix plus abordable. Mais, quel que soit le modèle convoité, il est judicieux de respecter certaines règles avant tout achat mais aussi de vérifier les spécificités liées aux voitures électriques.

Non. Ce serait même presque l’inverse. En effet, dans une voiture électrique, la mécanique est quasi inexistante : pas de moteur thermique, pas de boîte de vitesses et encore moins d’embrayage. Cela se ressent sur l’entretien qui est réduit à sa portion congrue.
De même, la présence, quasi généralisée aujourd’hui, d’un système de récupération d’énergie au freinage qui permet de recharger la batterie à la décélération, limite grandement l’usage des freins. Résultat : leur longévité est accrue. En revanche, c’est moins vrai pour les pneus qui ont tendance à s’user plus vite en raison du poids élevé de la voiture électrique.
En premier lieu, il faut contrôler l’état de tout ce qui est visuel :
La lecture du bilan du contrôle technique et du carnet d’entretien donne une bonne indication des travaux à prévoir ou déjà réalisés.
Il y a ensuite l’essai de tous les équipements et accessoires :
Puis le point crucial : le test routier qui permettra de vérifier le comportement du véhicule et le bon fonctionnement des organes vitaux (freins, direction, suspensions…).
Enfin, l’état de la batterie, indiqué par la mesure de son SOH (lire plus loin), est aussi déterminant.
Le conseil de Que Choisir : en se rendant sur le site officiel HistoVec (https://histovec.interieur.gouv.fr), il est possible de vérifier le kilométrage et l’état administratif du véhicule. À ne pas négliger.
C’est la bête noire de la voiture électrique qui fait peur à tout le monde : l’autonomie ! Or, dans la grande majorité des cas, le plus petit des modèles peut convenir à un usage quotidien. L’autonomie ne devient alors plus un obstacle ni même un sujet contraignant, car aujourd’hui toutes les voitures électriques sont capables de parcourir plus que nécessaire.
Pensez à demander au vendeur l’autonomie réellement constatée. En effet, les constructeurs indiquent toujours une valeur plus optimiste que la réalité en raison d’un protocole d’homologation (WLTP) qui ne reflète pas exactement les conditions réelles d’utilisation. Certains vendeurs, comme ce garage Peugeot, ont même été condamnés à rembourser une voiture électrique pour ce motif.

L’affaire miracle n’existe pas. Un prix de vente très bas au regard d’annonces similaires doit immédiatement vous alerter. Pour s’assurer de la cohérence du montant demandé par le vendeur, il est indispensable de comparer plusieurs annonces afin d’estimer la fourchette de prix d’un modèle.
Un écart de quelques centaines d’euros peut se comprendre (différence de kilométrage, quelques défauts de carrosserie, une option en moins…), mais s’il est de plusieurs milliers d’euros, c’est suspect : mieux vaut ne pas s’attarder.
Il n’existe plus d’aides nationales pour l’achat d’une voiture électrique d’occasion car le bonus écologique et la prime à la conversion ont été supprimés pour ce type de véhicule.
Néanmoins, il existe des aides locales. Par exemple, la Métropole du Grand Paris propose, sous conditions de revenus, une aide d’un montant maximal de 5 000 € pour l’achat d’un véhicule électrique d’occasion. La Communauté du Grand Reims propose, elle, sous conditions de revenus et de domiciliation, une prime à la conversion de 6 000 € maximum.
Vous pouvez trouver les différentes aides locales sur le site Internet https://jechangemavoiture.gouv.fr
Les voitures électriques reçoivent de plus en plus d’équipements dédiés qui permettent de mieux préserver leur autonomie, les plus récentes étant logiquement les mieux dotées.
Il s’agit, par exemple :
Autant de dispositifs, pas toujours présents, dont il est judicieux de disposer car ils peuvent faire la différence entre deux modèles. Pensez à vérifier leur fonctionnement avant d’acheter.
La batterie, élément vital de la voiture électrique, s’use au fil du temps avec une perte de sa capacité chaque année, associée à une baisse de la performance de recharge. Mais il est assez difficile de jauger son état réel au moment de l’achat.
Certes, il y a toujours la possibilité de parcourir une centaine de kilomètres après une charge complète afin de vérifier l’autonomie restante, mais ce n’est pas vraiment précis et, surtout, pas toujours réalisable au moment de l’essai routier.
Le premier réflexe est donc de demander un certificat d’état de santé de la batterie : le SOH (State Of Health, pour « état de santé »), exprimé en pourcentage. Cette mesure, réalisée par un professionnel, est un excellent indicateur du niveau de dégradation de la batterie.
Bonne nouvelle : si les premières estimations des spécialistes annonçaient une perte de 2 à 3 % tous les ans, cela s’avère aujourd’hui surestimé. Selon Arval, spécialiste de la location longue durée de véhicules qui a analysé plus de 24 000 certificats SOH dans 11 pays en 2025, la dégradation est bien plus lente : environ 1 % tous les 25 000 km après une légère diminution initiale.
Ainsi, les batteries des voitures électriques conservent en moyenne un SOH de 93 % après 70 000 km. Et, à 160 000 km ou après 6 ans d’utilisation, il reste supérieur à 90 %. L'étude précise également que les véhicules de nouvelle génération affichent un indice de santé supérieur de 2 à 3 points à celui des modèles plus anciens.

Le SOH donne une indication claire de l’état de la batterie et conditionne les performances de la voiture électrique. Néanmoins, il faut également prendre en compte d’autres éléments pour évaluer plus finement sa santé globale :
Voici comment interpréter le SOH :
La question a son importance car, bien que pratique, la charge rapide, réalisée sous forte puissance en courant continu (à partir de 50 kW), peut être dommageable pour la batterie si elle est mal utilisée.
C’est le cas, par exemple, lorsqu’elle est effectuée à des températures très basses ou très élevées, ou si la batterie est toujours chargée à 100 %. Il est donc judicieux de limiter ces recharges rapides au quotidien et de les réserver aux longs trajets.
Toutefois, les voitures récentes sont de plus en plus adaptées pour résister à ces charges rapides, notamment grâce à la possibilité de préchauffer les cellules avant la charge et, en cas de besoin, de les refroidir lorsque la voiture est branchée. Vérifiez si le modèle convoité dispose de ces dispositifs.
La majorité des garanties sur la batterie (dite « batterie de traction ») proposées par les constructeurs automobiles s’étendent sur au moins 8 ans ou 160 000 km, et ce pour un SOH minimal (généralement de 70 %). Cela vaut le coup de se renseigner pour connaître la durée et le kilométrage restant afin de bénéficier de cette garantie.
Il faut savoir que la garantie de la batterie est transférable aux propriétaires suivants. N’hésitez pas à contacter le service client du constructeur automobile pour en avoir la confirmation.
Précisons que sur certains modèles plus anciens comme les Renault Zoe d’avant 2021, la Nissan Leaf ou encore la Citroën E-Méhari, les constructeurs proposaient des batteries en leasing. Si vous achetez l’un de ces modèles, vous n’êtes pas propriétaire de la batterie mais sa garantie est assurée pendant toute la durée de la location.
Indispensables à la recharge, les câbles peuvent s’abîmer au fil du temps. Selon les modèles de voiture vous devez en avoir un ou deux, indispensables pour vous brancher sur une prise domestique ou sur des bornes publiques d’une puissance inférieure ou égale à 22 kW.
En effet, pour les charges rapides et très rapides, le câble est directement rattaché à la borne. Mais attention : tous les constructeurs ne fournissent pas les deux câbles de série, certains pouvaient être vendus en option. Renseignez-vous auprès du vendeur.
Sur place, vérifiez la présence et l’état du ou des câbles, qui ne doivent présenter aucune craquelure ni coupure ainsi que l’état des connecteurs et des broches.

Il existe deux possibilités de recharge pour une voiture électrique :
La recharge en courant alternatif impose l’utilisation d’un convertisseur de courant embarqué. Ce dernier limite la puissance de charge acceptée par la batterie. Elle est généralement de 11 kW et peut atteindre 22 kW. Par exemple, une Peugeot e-208 accepte au maximum 11 kW en AC. Dès lors, même branchée sur une borne délivrant 22 kW, la puissance de charge restera limitée à 11 kW par le chargeur embarqué.
La puissance de recharge en courant continu, dite charge rapide voire ultra-rapide, dépend de la conception même de la voiture : c’est elle qui limite par construction le niveau de charge. Ces puissances s'échelonnent généralement de 50 kW (Renault Twingo E-Tech Electric) à 350 kW (la Mercedes CLA électrique accepte par exemple jusqu'à 320 kW).
Quelques modèles comme la XPeng G9 acceptent jusqu’à 525 kW, mais les bornes capables de fournir une telle puissance sont quasi inexistantes en 2026. À noter que BYD a débuté l’implantation en France d’un réseau de charge ultra-rapide à 1 500 kW que ses modèles acceptent.
Les modèles proposés dans les années 1990, comme les Citroën AX et Saxo ou les Peugeot 106 électriques, sont très rares en occasion. Et si leur prix peut être très intéressant, ces voitures possédaient une batterie nickel-cadmium (Ni-Cd).
Problème : leur autonomie n’est pas satisfaisante (moins de 100 km) et leur perte de capacité est importante dans le temps. Leurs performances sont désormais dépassées. De plus, généralement, ces anciens modèles électriques ne sont pas compatibles avec la charge rapide.
Donc, à moins d’être passionné de voitures anciennes ou collectionneur, mieux vaut éviter un modèle antérieur à 2010. Cela permettra de profiter des technologies plus modernes, de gagner en fiabilité et de disposer de performances plus acceptables.

Les filières d’achat d’une voiture électrique d’occasion sont les mêmes que celles pour les modèles thermiques, qu’il s'agisse d'un achat auprès de particuliers ou de professionnels.
Les avantages du marché de l’occasion entre particuliers :
Mais le risque de tomber sur une mauvaise affaire y est plus grand.
Il faudra donc être très vigilant et ne pas hésiter à questionner le vendeur :
Une fois les réponses notées, posez-lui à nouveau les mêmes questions lors de la rencontre physique pour vérifier leur cohérence.
Lors de la négociation, la moindre complication devra vous faire fuir : une demande de paiement partiel en espèces, une mise en concurrence pressante avec un autre acheteur…
De son côté, l’achat auprès d’un professionnel, en concession ou sur Internet, sera quant à lui plus rassurant car les voitures ont été remises en état, révisées et profitent d’une garantie légale de conformité de 2 ans (article L. 217-4 du Code de la consommation).
Un choix à privilégier pour un modèle un peu ancien. Mais il ne s’agit pas non plus d’acheter les yeux fermés : l’essai du véhicule, la vérification du carnet d’entretien et du contrôle technique restent incontournables.
Comme pour les modèles thermiques, le vendeur d’une voiture électrique d’occasion doit vous fournir un certain nombre de documents. Il n'y a d'ailleurs aucun document obligatoire spécifique à la motorisation électrique.
Dès la conclusion de la vente, le vendeur doit vous remettre le certificat d’immatriculation du véhicule. Ce dernier doit être barré et comporter la mention « vendu le » suivie de la date au format jour/mois/année avec l’heure de la cession et de la signature du vendeur.
Vous devez remplir le coupon détachable avec vos coordonnées et votre signature. Ne le détachez surtout pas, car il vous permettra de circuler en France pendant 1 mois avec le véhicule, le temps de recevoir le nouveau certificat d’immatriculation à votre nom.
Le vendeur doit vous remettre l’exemplaire n° 2 du certificat de cession.
Vous devez disposer du code de cession obtenu sur Internet par le vendeur lors de sa déclaration de cession sur le site de l’ANTS. Ce n’est pas obligatoire mais ce code facilitera grandement votre démarche de demande de certificat d’immatriculation.
Le certificat de situation administrative, communément appelé certificat de non-gage, doit dater de moins de 15 jours, et peut être obtenu sur le site HistoVec.
Si la voiture a plus de 4 ans, le vendeur doit fournir le procès-verbal de contrôle technique datant de moins de 6 mois.
Le conseil de Que Choisir : il est également judicieux de demander le manuel d’utilisation, le carnet d’entretien de la voiture, les factures des entretiens et des réparations ainsi que le rapport HistoVec (documents non obligatoires pour la vente).

Yves Martin
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